EN
-en feraient eux-mêmes avec les cas qu'ils auraient l'oc- À
casion de revoir dans un autre temps , soit pour proeu-
rer les mêmes. avantages à leurs successeurs , et contri— buer aux progrès ultérieurs de l’art. A1 ES Après la nosographie , ow même avant elle , la matière médicale fut, de toutes les branches de la edité À celle qu'ils cultivèrent avec le plus de soin. | Quant à la partie scientifique de la médecine , la physiologie , la pathologie et la thérapeutique générales, elle
n'existait pas pour eux; et quant à l'anatomie qui en est
la base , elle me vaut pas le dégoût qu'elle inspire si on
l'étudie sur le cadavre , elle n’est qu'une barbarie qui fait horreur si on pense à RP en ouvrant: — hommes VIVans. |
Ce qui précède résume d’une manière très sommaire les principes généraux de l'école empirique. Ce qui importerait maintenant serait de pouvoir présenter un
‘tableau de leur médecine considérée dans les détails;
car c’était essentiellement une science de détails. Mais, tous les ouvrages sortis de leur école sont perdus depuis long-temps , et à peine en retrouve-t-on quelques fragmens dans Celse, Galien, Cœlius Aurelianus. Ce qui précède n'est relatif qu'à la: manière de philosopher de l’école empirique: Nous allons emprunter à Celse un long fragment qui fait pénétrer plus avant dans la connaissance des opinions principales qu'elle professa ; qui explique d'une manière plus détaillée les motifs de son aversion pour l'étude des causes cachées des maladies, et qui rappelle les controverses agitées entre les empiriques et les dogmatistes, et les plus forts argumens produits de part et d’autre dans une dispute qui s’est si souvent renouvelée depuis.
193 à ee
“Comme les opinions sont partagées , dit Cekse, que les uns prétendent que l'expérience seule est nécéssaire, que les autres soutiennent qu’elle est insuffisante sans la connaissance intime du a à et des choses naturelles, nous allons rapporter ce qu’on a dit de part et d'autres pour pouvoir exposer enswte notre propre sentiment. Ceux qui veulent, en médecine, joindre le raisonnement à l’expérience , exigent du Pre la connaissance de toutes les causes, soit cachées et prochaines, soit évidentes , des falaise de plus, il doit savoir le mode des actions naturelles et la structure des parties intérieures. Ils appellent causes cachées ou prochaines celles qui concernent les élémens de notre corps, ce qui constitue la santé et la maladie; ils croient impossible de traiter convenablement une maladie dont on ignore la source. Peut-on douter, disent-ils, que le traitement ne doive être tout différent, selon que les maladies viennent du défaut ou de l'excès d’un des quatre élémens, comme l'ont pensé quelques philosophes, ou selon que tout le vice est dans les humeurs, ainsi qu'Hérophile l’a prétendu, ou bien dans les esprits, comme Hippocrate le soutient; selon qu’elles naissent de ce que le sang porté dans les vaisseaux destinés au passage des esprits fait naître l’inflammation et produit un mouvement semblable à celui de la fièvre, comme Érasistrate l’a supposé, ou de ce que les corpuscules exhalés ferment les pores imperceptibles, comme l'avance Asclépiade? D'après cela, il est évident que le médecin qui connaîtra la cause première de la maladie la traitera avec plus de succès. Les dogmatistes ne nient point la nécessité des expériences; mais ils soutiennent qu’elles n’ont jamais pu se faire sans le secours du raisonnement. Les anciens médecins, ajoutent-ils, n’ont pas commencé
par administrer au hasard des médicamens à leurs malades; maisils ont réfléchi à ce qui était le plus convenable; ensuite ils ont essayé le traitement auquel ils avaient été conduits par leurs conjectures. Peuimporte, d’ailleurs, que l'expérience ait eu part à tout ce qu'ont fait les médecins, pourvu qu’il soit démontré queleraisonnement l’aprécédée. N'est-ce pas la marche que l’on observe le plus souvent? Ne se montre-t-il pas souvent des maladies d’une espèce nouvelle, et. sur lesquelles l'expérience n’a encore rien appris? Il est donc nécessaire de rechercher leur origine, sans quoi personne ne pourra dire pourquoi il prescrit un remède plutôt qu'un autre. Tels sont les moufs qui excitent les dogmatistes à la recherche des causes cachées. …
Ils nomment causes évidentes, celles où l’on examine si la maladie provient de la chaleur, du froid, de la faim, ou de l’intempérance, et pensent que celui qu connaît l'origine du mal pourra dès l'abord en prévenir les suites.
Ils appellent actions naturelles du corps, la respiration, la déglutition, la digestion, la nutrition; ils recherchent égalément les causes de la dilatation et a la contraction alternative de nos artères, celles du sommeil et de la veille, persuadés que, sans une Connaissance parfaite de ces fonctions, il est impossible de prévenir ou de guérir les maladies oecasionnées par leur dérangement. Comme la digestion leur paraît de la plus haute importance , c’est à elle qu'ils s’attachent spécialement ; les uns, prenant pour guide Érasisträte, la considèrent comme une simple trituration ; les autres, avec Plistonicus, disciple de Praxagoras, croient qu’elle se fait. par putréfaction; d’autres, suivant Hippocrate, admettent la coction ; viennent enfin
pa
les disciples d'Asclépiade, qui, regardant toutes ces théories comme fausses et inutiles, soutiennent qu'il ne se fait pas de coction, et que la matière toute crue se répand dans le corps telle qu’on l'a prise. Ils ne s'accordent guère sur ce point, et la seule chose dont ils conviennent tous, c'est qu'il faut aux malades des alimens différens, selon la manière donts’accomplitla digestion Sic'estpartrituration, il faut choisir ceux qui sont facilement broyés; si c’est par putréfaction, ceux qui se décomposent promptement sont préférables; si c’est par coction, on doit chercher ceux qui développent le plus de chaleur; au contraire, aucun de ces alimens n’est convenable, s'il ne se fait point de coction, et il faut conseiller ceux qui subissent le moins de changemens. Par la même raison ils pensent que pour remédier à la gêne de la respiration, à l’assoupissement ou à linsomnie, il faut connaître les causes de ces diverses affections. Enfin la douleur et différentes espèces de maladies attaquant les parties intérieures, ils prétendent qu'on ne peut, Sans une connaissance exacte de la structure de ces parties, porter un remède à leurs dérangemens; qu’en conséquence il est nécessaire d'ouvrir les corps morts, d'examiner soigneusement leurs viscères et leurs entrailles: qu'Érasistrate et Hérophilé ont mérité des éloges en disséquant tout vifs des criminels qu'ils avaient obtenus des rois; en considérant dans ces corps palpitans les parties que la nature tient cachées; en observant leur situation , leur couleur, leur forme , leur grandeur, leur disposition ; en appréciant leur dureté et leur mollesse, leur poli ou leur rugosité, leurs saillies et leurs enfoncemens; enfin en constatant quelles sont les parties qui s’insmuent entre les autres, et qui en reçoivent d’autres au milieu d'elles.
En effet, lorsqu'une douleur se fait sentir à l'intérieur,
comment savoir quelle est la partie souffrante, si l’on ne connaît pas la position exacte des viscères et de toutes les parties intérieures? Peut-on guérir un organe malade lorsqu'on ne sait pas ce qu'il est? Et lorsque les viscères sont mis à découvert par une blessure, serait-il possible, à celui qui ne connaît pas la couleur naturelle des parties, de distinguer ce qui est sain d'avec ce qui ne l’est pas, et de remédier aux altérations survenues? Enfin, n’est—il pas nécessaire de connaître la position, la figure et la grandeur des parties internes, pour appliquer convenablement les topiques à l'extérieur? Il en est de même de tout ce dont il vient d’être question. Il n’y a point de cruauté, ainsi que plusieurs l’avancent, à chercher dans le supplice d’un petit nombre de criminels des lumières qui peuvent servir dans tous les âges à la conservation d’une infinité d’innocens. Ainsi parlent les dogmatistes.
Ceux au contraire qui se bornent uniquement à REXPÉT rience, et qui S “appellent empiriques , admettent à la vérité comme nécessaire la connaissance des causes évidentes; mais ils considèrent comme inutile toute recherche sur les causes cachées et sur le mécanisme des actions naturelles, parce que la nature est incompréhensible. Ce qui le prouve, c’est la diversité des sentimens de ceux qui disputent sur cette matière, puisque ni les philosophes ni les médecins eux-mêmes ne sont d'accord. Car pourquoi croirait-on Hippocrate plutôt qu'Héroplule, ou celui-ci plutôt qu'Asclépiade? Si l'on s’en rapporte aux raisonnemens, les uns et les autres en fournissent d’éga— lement vraisemblables ; si l’on a égard aux guérisons, on voit que tous les médecins ont ramené des malades à la santé; on n’est pas plus fondé à refuser sa confiance aux raisons qu’à l'autorité des uns ou des autres. Si le raison-
nement faisait des médecins, les philosophes devraient être regardés comme les plus habiles ; mais ils n'ont que des paroles à donner, et ils ignorent l’art de guérir. De plus, les méthodes de traitement doivent varier selon les climats, et celle qui réussit à Rome ne conviendrait ni en Égypte ni dans la Gaule. Si lés maladies étaient produites en tous lieux par les mêmes causes, les remèdes devraient être aussi partout les mêmes. Souvent les causes de la maladie sont évidentes, comme dans l’ophthalmie et les blessures, sans que pour cela on connaisse les remèdes convenables; or, si une cause-évidente ne donne pas cette connaissance , comment peut-on l’attendre d’une’ cause douteuse ? Les causes cachées sont incertaines et impénétrables; 1l vaut mieux s'appuyer sur ce qui est certain et constaté , c’est à dire sur le résultat de l’expérience dans le traitement des maladies, comme cela s’observe dans tous les autres arts : c'est la pratique et non la théprie qui fait le laboureur et le pilote. Ce qui prouve que toutes ces recherches ne sont d'aucune utilité en médecine, c’est que les médecins, malgré la diversité de leurs sentimens à cet égard, sont également parvenus à rendre la santé à leurs malades; ils y ont réussi parce qu'ils ont basé leur traitement non sur les causes cachées et la connaissance des actes naturels, points sur lesquels ils ne s'accordaient pas, mais sur ce qu'ils avaient essayé précédemment avec succès. Ce n’est pas à des questions de ce genre, mais aux expériences, que la médecine doit ses premiers progrès. En effet, parmi les malades qui étaient sans médecin, les uns, pressés par la faim, ont pris des alimens dès les premiers jours; les autres au contraire, éprouvant du dégoût, ont gardé l’abstinence , et ces derniers se sont trouvés soulagés ; de même les uns ont mangé pendant le.
temps même de la fièvre, les autres un peu avant, d’autres enfin après l'accès terminé, ce qui leur a complètement réussi; de même encore, les uns ont mangé beaucoup dès le commencement de leur maladie, et les autres fort peu, et l’état de ceux qui s'étaient gorgés d’alimens s’est con sidérablement aggravé. Des faits semblables, se répétant chaque jour, ont été observés par des hommes attentifs, qui conseillaient aux malades ce qui avait le mieux réussi: ainsi naquit la médecine, qui apprit par la guérison des uns, et par la mort des autres, à distinguer les choses pernicieuses de celles qui sont salutaires.
C’est après avoir découvert les remèdes qu’on a commencé à raisonner sur leur manière d'agir ; ainsi donc la médecine n’a point été inventée après le raisonnement, mais le raisonnement après la médecine. D'ailleurs, ou les choses qu'enseignent le raisonnement sont conformes à l'expérience, ou elles y sont contraires. Dans le premier cas, il est inutile; dans le second, il est nuisible, A Ja vérité, dans les commencemens, il a fallu constater avec le plusgrandsomles vertus des médicamens; mais aujourd’hui elles sont bien connues, et comme on n’observe point de nouvelles maladies, on n’a pas besoin de nouveaux remèdes. Maintenants’il se présente quelque affection inconnue, le médecin n'aura pas besoin de se livrer à la recherche des choses obscures, il lui suffira de voir de quelle maladie connue elle se rapproche davantage, d'essayer les remèdes qui auront été employés avec le plus de succès dans celleci, et l’analogie lui fournira les secours nécessaires.
Les empiriques ne prétendaient pas cependant que le raisonnement fût inutile en médecine, ou qu’un animal sans raison püt exercer cet art, mais ils regardaient toutes les conjectures relatives aux causes cachées comme ne
conduisant à rien; car il importe moins de connaître ce qui fait la maladie que ce qui la guérit. L'essentiel n’est point de savoir comment se fait la digestion, mais quels sont les alimens les plus digestibles, quelle que soit la cause de cette fonction, soit qu'il y ait coction ou sim plement dissolution. De même , il est moins utile de rechercher les causes de la respiration que les moyens de remédier à la gêne et à la lenteur de cet acte; de connaître ce qui fait battre les artères que les signes fournis par leurs mouvemens. Tous ces documens sont les résultats de l’expérience ; sur tous ces points on peut soutenir deux opinions opposées ; aussi l'avantage est-il du côté de l’esprit et de l’éloquence. Cependant les maladies ne gué— rissent pas par de beaux discours; mais qui connaïitrait bien les préceptes consacrés par l'expérience serait bien plus grand médecin que celui qui, négligeant cette connaissance , aurait exclusivement cultivé l’art de la parole.
Méthodisme:
Des principes du méthodisme considéré comme source de la doctrine physiologique.
Extrait du Joursal complémentaire du Dictionnaire des sciences médicales, année 1824 (1). (Premier article.)
L'histoire de la médecine n'est aux yeux de la plupart de ceux qui cultivent cette science qu'un objet de curio-
(1) C’est avec intention que j'indique cette date. J'étais jeune alors et la doctrine physiologique était au plus fort de sa domination. Aujourd’hui je ferais autrement cet article : Pexposé historique resterait le même au fond, car il est exact, mais plusieurs jugemens seraient modifiés.
sité. Ce jugement n'est pas trop sévère, si elle se réduit à la connaissance de quelques noms illustres, et à l'étude superficielle des dogmes qui sont tombés successivement dans l'oubli. Le degré d'utilité d’une chose donnant la mesure de l'intérêt qu’elle doit inspirer , il n’y a pas lieu de s'étonner que ce genre d’érudition soit aujourd'hui nfiniment négligé.
Mais je ne crois pas qu'il y ait une étude à la fois plus intéressante et plus instructive que l’histoire philosophique des vérités et des hypothèses dont l’ensemble constitue les doctrines qui durent encore.
Remonter à l’origme de ces grandes pensées qui ser-— vent de base à la médecme, pour embrasser d’un coup d’œil les développemens que leur ont donnés les travaux dessiècles, voilà peut-être de tous les exercices de l'esprit le plus propre à l'agrandir et à régler ses conceptions. Possesseur du trésor que le génie des anciens tira du sein de la nature, avec quel intérêt ne voit-on pas les richesses que l’homme à talens de chaque époque vient ajouter à celles de ses prédécesseurs ! |
L'étude la plus curieuse en ce genre à laquelle on puisse se livrer, c’est celle de l’histoire des principes fondamentaux de la doctrine physiologique. Quelques uns de ses partisans me diront sans doute que cette histoire n’est pas longue, et qu’elle se trouve tout entière dans les écrits du chef de la nouvelle école; mais tout en reconnaissant l'importance des travaux de M. Broussais, j'ose assurer qu'il n’a fait que bâtir sur des fondemens jetés depuis longtemps.
Je crois déjà entendre ceux qui veulent que la médecine ne date que d'hier s’écrier avec Horace :
Ingeniis non ille favet plauditque sepultis; nn Nostra sed impugnat, nos nostraque lividus odit.
Il ne m'est pas difficile de m'en défendre, puisque je viens, non pas attaquer la doctrine physiologique, mais lui fournir contre ses adversaires les armes de lautorité.
On a dit, dans l'intention de rabaisser la nouvelle doctrine médicale, que cen’était quele méthodisme réchaufté; Je viens, avec une intention toute contraire, dire que c’est le méthodisme développé, et tâcher de prouver que la doctrine que nous a transmise Cœlius Aurelianus est incomparablement supérieure à celles qui l'ont précédée, et que, dans le nombre des sectes qui ont régné jusqu’à nous, celles qui ont le plus approché de la vérité l’ont dû aux principes de Thémison.
L'opinion que j'ai de l’école méthodique diffère beau— coup de celle qu’en donnent les historiens de la médecine; mais il est facile d'indiquer les causes de l’inexactitude que je me crois en droit de leur reprocher. D'abord, la plupart ont cherché ses principes dans les écrits de Galien, qui, professant des opinions contraires, ne s’est pas fait scrupule de les altérer, les a toujours présentés sous le jour le plus défavorable, et n’a épargné contre ses adversaires ni les sophismes, ni les efforts de sa rhétorique, ni même les injures. En second lieu, les historiens ont dû donner peu d'attention à une doctrine qui n’avait presque rien de commun avec celle qui régnait au temps où ils écrivaient.
Il me faudrait un espace plus étendu que celui dont je peux disposer ici pour exposer avec quelques détails ce que la doctrme méthodique offre d'intéressant. Je me bornerai à énoncer les principes qui lui servent de base, à discuter les reproches qu’on lui a adressés et les objections qu'on lui à faites; après quoi je jetterai un coup d'œil
rapide sur son histoire, et j'indiquerai les auteurs dont les travaux l’ont successivement enrichie, au point d’en faire la plus belle de toutes les doctrmes.
Epicure avait dit qu'il n’y a dans la nature que de la matière en activité, et que la variété infinie des phénomènes que présentent les corps n’est que le résultat de la diversité des élémens (atomes) qui les composent. Cette pensée resta sans application à la médecine Jjusqu'à l'époque où Asclépiade parut à Rome. Doué d’un esprit trop philosophique pour s'accommoder des rêveries qu'on avait transportées des systèmes de Platon et d’Aristote dans la médecine, il sentit qu’il ne fallait chercher que dans l’état des parties qui la composent la raison des phénomènes offerts par cette machme or— ganisée qui vit sous le nom d'homme.
Ce principe important, qui renferme le germe de tant de vérités, aurait dû le conduire à des résultats utiles à la science; mais il ne sut pas en faire l'application. Îl ne fallait plus qu'observer ; il se livra à des conjectures sur la disposition des atomes, que l'observation ne saurait atteindre.
Nous avons dû le citer néanmoins, avant de parler des méthodistes, parce qu’en embrassant une philosophie hardie, qui lui fit mépriser les préjugés accrédités jusqu’à lui, il inspira à ses disciples cet esprit d'indépendance sans lequel il n'ya pas de grandes découvertes. Sa longue pratique lui fit faire d’ailleurs quelques remarques qui méritent d’être conservées. Nous citerons les suivantes :
« Negavit esse in passionibus statos dies, quos crisimos appellant. Etenim non certo, aut legitimo tempore ægritudines solvuntur (1). »
(1) Cœlius, tom. I, p. 47. (édit. de Haller) Lausanne, 1774.
« Dixit opportumitatem temporis posse magis ab artifice fieri quam sua sponte aut Deorum nutu venire (1). »
«Causas ægritudinum antecedentes in liquidis esse posse, minime vero synecticas seu morbos ipsos (2). »
« Omnia præterea fieri necessitate, et nihil sine causa, et neque naturam aliud esse, quam corpus, vel ejus motum (3). »
«Deinde, imquit, non solum prodest natura, sed etiam nocet (4). »
Thémison de Laodicée, Thessalus de Tralles et Soranus d'Ephèse , tels sont les hommes célèbres qui créèrent la médecine méthodique. On pourrait recueillir sur Thémison et Soranus les jugemens les plus favorables portés par Pline, Celse et par d’autres auteurs ; et on peut s'assurer que Thessalus ne leur cédait pas en génie. A la vérité, il ne put se défendre d’un peu de vanité, et Galien , qui n’en avait pas moins que de savoir, s’est emporté contre lui en injures de toute espèce; mais l'habitude que le médecin de Pergame avait de les prodiguer à quiconque ne pensait pas comme lui ne permet pas de le prendre pour juge du mérite de ses adversaires. Nous pourrons apprécier celui des méthodistes, après l'exposition de leur doctrine , et c’est cette exposition que nous allons faire d'abord.
I. La vie est la manière d'exister des corps organisés ; elle se compose d’un certamnombre d'actes ou de fonctions.
IT. L'exercice des fonctions, envisagé d’une manière générale, est le résultat d’une faculté départie à la matière
(1 Cœlius, tom. I, p. 48 (édit. de Haller), Lausanne, 1774. (2) Zbid. p. 50. |
(3) Ibid. p. 49.
(4) Ibid. p. 50.
20: + organisée, qu'on nomme evronix (ton, tonicité ; aujourd'hui irritabilité).
IT. Cette propriété est une, répandue dans toutes les parties. Mais bien que le principe d’action soit unique, les actions observables sont fort diverses, parce que celles ei sont le résultat immédiat de la structure ou de la situation, qui diffèrent pour chaque organe. Aïnsi un muscle agit (se nourrit, exerce une influence sur les autres par— ties, etc), parce qu'il est doué de ton; 1l secontracte parce qu'il est muscle.
IV. La tonicité est entretenue d’un côté par l'action des agens extérieurs, dont les modifications naturelles ou artificielles font varier l’état des organes, de l’autre par les relations actives qui s’exercent incessamment entre toutes les parties du corps. (M. Broussais attribue à Brown la découverte de cette vérité; mais on la trouve en cent endroits dans les œuvres de Frédéric Hoffmann, qui l’a habilement développée, et qui l’a fait remonter à l’antrquité, Elle appartient aux méthodistes comme déduction immédiate de la philosophie épicurienne qu sert de base à leur doctrine; ou plutôt elle appartient à quiconque rejette, comme une absurdité, la croyance à l’mertie de la matière.)
V. Si la tonicité s'élève au dessus du degré nécessaire à l’exercice des fonctions, cet état des parties prend le nom de oxAmpoois (strictum, excès de ton, irritation); on donne à l’état opposé celui de arouzx (laxum, atonie, faiblesse, abexcitation) (4).
(1) Je ferai remarquer, en passant , que les noms latins, donnés par les méthodistes à ces divers états, ont sur ceux adoptés aujourd’hui l'avantage d'exprimer que ce sont des modifications matérielles. Cette observation serait superflue , si l'on n'avait sou-
VI. Ces dérangemens sont le résultat de l’action des mêmes causes qui entretiennent la vie et la santé. Ce sont les seuls que l’on observe , ce sont même les seuls que l’on puisse concevoir.
VII. Ils commencent par une partie quelconque du corps; mais s'ils sont considérables, les autres points de l'économie doivent s'en ressentir, à cause des rapports mutuels qui les unissent.
Voilà sur la physiologie les pensées les “ importantes que l’on puisse tirer des écrits de Galien relatifs à la doctrine méthodique, et de l'ouvrage de Cœlius Aurelianus. Je n'ai pu citer leur texte à l'appui de ces propositions, parceque la plupart sont déduites, mais déduites rigoureusement du rapprochement de plusieurs endroits de leurs livres (1), et que les citations qu'il aurait fallu faire ne peuvent entrer que dans un travail plus étendu que celurci. Au reste, celles que je ferai plus tard sont tout à fait dans le même esprit, et suffiront pour démontrer l'exactitude de ce qui précède.
On a pu remarquer que je n’ai rien dit de cette partie de la physiologie qui traite du mécanisme des fonctions. C'est qu'on ignore quelles étaient au juste, en ce genre, les connaissances des méthodistes. C’est là le côté faible de la médecine ancienne; car, sans une anatomie très exacte, cette physiologie n'existe pas. A la vérité, ce n’est peut-être pas la partie la plus importante de la biologie;
tenu , jusqu’à ces derniers temps, cette proposition que les propriétés vitales pouvaient être altérées sans les organes qui les possedent.
(1) On n’en sera pas étonné si l’on réfléchit que nous n’avons de Cœlius qu’un traité des. maladies, et que Galien ne parle guère qu’incidemment, et pour les combattre, des opinions Et méthodistes.
du moins on serait tenté de le penser, quand on considère que les plus belles découvertes qu’on y a faites n’ont pas eu sur les progrès de la médecine pratique, ou du moins sur l'appréciation de la nature des maladies , une influence extrêmement importante.
J'arrive à la pathologie; mais avant d’en commencer l'exposition, je dois déclarer que, quoique dans l'ouvrage de Gœlius Aurelianus elle ne soit pas traitée d’une manière dogmatique, et que les vérités qu'on va lire ny soient pas rédigées sous forme de propositions, elles y sont pourtant formellement contenues, et que le travail de celui qui les cherche se réduit à les extraire de divers emdroits du livre. Partout, d’ailleurs, la pratique y est fondée sur ces principes ; or les méthodistes, plus conséquens que ne le furent jamais les sectateurs d'aucune autre doctrine, n’agissaient que d’après les règles de la leur.
I. Il faut procéder dans l'étude de la pathologie comme dans celle de toute autre science. L'esprit humain doit mettre en exercice tous lesinstrumens quisont à sadisposition : les sens quiobserventlesfaits, lejugement qui les rapproche et en déduit des conséquences, et l'induction, ou cette autre espèce de jugement qui, conduit par l’analogie comme par un fil continu, embrasse un certain nombre de vérités particulières pour les ramener. à un principe universel qui les explique toutes.
IT. On ne verra pas le méthodiste, renonçant à ses facultés les plus précieuses, se réduire au rôle de l’empirique qui, rassemblant laborieusement autour de luides faits que la théorie ne viendra jamais éclairer, s’enferme, pour ainsi dire, au milieu d’un chaos sans oser faire un pas pour en sortir.
LIT. I] n’imitera pas non plus la folle hardiesse de ces
dogmatistes qui, ne prenant pour base de leurs systèmes . que les rêves de leur imagination, ne peuvent arriver qu'à
des conjectures ou même à des absurdités.
IV. L'homme est capable de concevoir toutes les vérités, ou du moins toute vérité qui peut lui être utile. Il rejettera donc comme fausse ou comme superflue toute hypothèse qui ne reposera pas sur des principes évidens.
V. Nous avons déjà dit que la seule idée qu’on puisse se faire de la maladie est celle d’une modification matérielle d’une partie du corps, une augmentation ou une diminution du ton naturel qu’elle possède. L'art du médecin consiste à ramener l’organe malade au degré de ton qui lui est habituel.
VI. Onest hors d'état de traiter une maladie tant qu’on ignore quelle est sa nature, tant qu’on ne sait si elle consiste en strictum ou laxum{(érrcfation ou atonie). La connaissance du siège du mal est très importante, mais moins que celle de sa nature, pârce que, quelle que soit la partie malade, plusieurs de nos agens curatifs s’appliquent toujours aux mêmes endroits.
On conçoit à peine que tous ceux qui ont écrit sur la doctrine méthodique se soient copiés successivement les uns les autres pour assurer une fausseté : c’est pourtant ce qu'ils ont fait, quand ils ont dit qu’un des principes des méthodistes était de ne donner aucune attention au siège des maladies. Il est vrai qu’ils ne mettaient qu’en seconde ligne la connaissance de leur siège , et qu’ils s'occupaient avant tout d’en découvrir la nature (en cela ils avaient complètement raison); mais d’ailleurs il est mcontestable qu'ils mettaient toute l'attention possible à la recherche du siège du mal, et qu'ils sentaient tout l'avantage qu'il y a «le le connaître.
Si, à l'occasion d'une maladie dont le siège était difficile à connaître, Cœlius a dit : Veque valde nobis de prœæpatienti loco certandum est,ne in occultaquæstione versemur (1), je puis prouver, par une infinité d’endroits de son ouvrage, qu’on a tiré d'une remarque toute particulière des conséquences beaucoup trop générales. Je me bornerai ici aux citations suivantes :
« Il est extrêmement avantageux d'appliquer les moyens euratifs locaux sur les parties malades, ou sur celles qui le sont le plus. Dans la frénésie et la manie, la tête est la partie la plus affectée; dans l’hypochondrie, c'est l'estomac (2). »
Pour juger si j'ai raison de traduire melancholia par hypochondrie, il faut lire le AE consacré à cette affection (3).
« Si l'on veut appliquer, comme il est rationnel de le fire, les moyens curatifs le plus près possible de l'endroit affecté, il faut, ete. . . . . . (4). »
« Nous combattons le mal dans tous les endroits où nous le découvrons , selon la gravité qu'il à dans chacun d'eux (5). »
« Le moyen le plus prompt de guérir l’inflamma-
(1) Tom. I, p. 177 (édit. de Haller), Lausanne, 1774.
(2) Est autem utilissimum etiam localibus adjutoriis ut patientibus loctis, velplus patientibus, curationem adhibeamus. Phreniticis atque furiosis caput magis, melancholicis stomachus patitur. (Cœl. Aur., t. I, p. 20.)
(3) Tom. IF, p. 91.
(4) Ac certe, siul ratio poscit ,vicinis magis ac patientibus locis adjutoria sunt adhibenda, cogquntur..……. etc.
(5) Ubt enim passionem invenerimus, eidem parti juxta magnitudinis comparationem, adjutoriaadhibemus.(Tom.I, p. 260.)
tion consiste à tirer du sang de l'organe enflammé (1).
Mais une chose qui suffit, à elle seule pour décider en ma faveur la question ‘dont il s’agit, c’est le soin qu’a pris Cœlius Aurelianus, non seulement de décriré SUCCESSIVEment et avec détail chacune des maladies dont se compose la classe des irritations, en parcourant toutes les régions du corps de la tête.aux pieds, mais encore d’indiquer, comme chose importante, les variétés de traitement qu'on doit employer dans l'affection de chaque or gane. C’estainsi, pour indiquer quelques exemples remarquables sous un autre rapport, que dans l’hypochondrie, qu'il reconnait pour être une inflammation chronique de l'estomac avec irritation sympathique du cerveau, il défend l'usage des médicamens irritans et des purgatifs.
« Les purgatifs bouleversent l'estomac. @) »
Et il ajoute : db
«Mais il faut faire à l'extérieur et principalement vers le creux de l’estomac des applications atoniques, comme sont celles des sangsues , des ventouses searifiées , des fomentations émollientes, ete. (3) »
. De même aussi, en parlant des obstiuctions du foie , qui ne sont pour hi que des inflammations chroniques ;
il dit :
« Il faut, comme dans le traitement. de toute HAE Te
(1) Etenim locali sanguinis RUPTURE tumentia relaxantur. (Tom. I, p 215.)
(2) Purgativa medicamina stomachum evertunt. Pad tiva medicamina, acrimoniæ causà,stomachum tumentem acuunt ; elin periculosam ventris effusionem provocantia, magrificam passions ingerunt vehementiam. C Cœl. Aur., tom. 1, p. 145.) xt
(3) Sed exterius localia adjutoria atque mitigativa (il les a énumérées plüs haut) mars ort Herve sunt œdhibèn ds: (Tom. IT, p.93.)
mation, faire usage de cataplasmes et de fomentations, et. d’alimens adoucissans, quand vient le temps que j'ai si souvent prescrit (celui de la rémission des symptômes). De plus, il-faut appliquer des sangsnes et des ventouses scarifiées. Si la maladie est aiguë, ces moyens doivent être précédés de la saignée (4). »
«Je m'arrête peut-être trop mére sur ce point; mais il est des plus importans, puisqu'aux ‘yeux d’un grand nombre de médecins, la seule différence qu'il y ait, quant aux principes fondamentaux, éntre la doctrine méthodique et la: physiologique, consiste dans l'indifférence supposée de la première pour la connaissance de organe malade, et dans l'importance qu'y attache celle-c1. Poursuivons l'exposé de la pathologie des méthodistes. |
VIT. On arrive à la connaissance d’une maladie ‘par l'appréciation des causes qui l'ont produite, et des symptômes qui en sont le résultat. (Les anciens manquatent du moyen le plus sûr de connaître les maladies : l’'ouverture des cadavres.)
VIET. Pour appréaier ‘convénablementles causes desma: iadies, il faut tenir compte à la fois de l'action propre de ces causes, et de l'état des organes qui en subissent l'influence.
« Car les causes n’agissent point d'une manière Spécifique RAD produire telle ou tellè maladie.»
Nous n'avons d'autre but, dans leur étude, que de dé- .couvrirlanature et Le siège du mal qu'elles ont occasionné.
(1) Oportet, tanquam in tumore curando, fomentis et cataplasmatibus et cibis laxativis uti tempore quo sæpissimè docuimus ; sed tenuibus ac sorbilibus. Tunc cueurbitæ atque scarificationes et sanguisug@rum conventt appositio, el vaporaliones: Ae si vehemens passio fuerit, adhibenda phlebodomia tis omnibus anteposita. (Cœl., tom. IT, p.228)
« La différence des causes antécédentes n’en doit pas apporter dans le traitement (1). » CRT VAI ffO8
Je reviendrai plus tard sur ces importantes propositons, et je montrerai que c'est à la manière philoso— phique dont les méthodistes envisageaient l'étude des causes , quils ont dû d'éviter les erreurs auxquelles on peut attribuer, en grande partie, l'état stationnaire de la médecine pendant quinze siècles, et celles qu'on reproche encore aujourd'hui à des écoles entières.: Je tàcheraïi de prouver que c’est à de fausses idées sur l’étiologie qu'il faut attribuer l'introduction dans la médecine des entités aristotéliques, et des absurdités du galénisme ; et, pour arriver de suite à une époque assez moderne, qu'il ne faut pas chercher ailleurs la causé de l'invasion du Spiritualisme de Leibnitz dans notre science.
VEIT. 1 ÿ a des causes qui méritent une attention particulière : ce sont cellés qui, fixées d’une manière permanente à nos USSuS, agissent incessamment sur eux, et persisteraient après le traitement du mal qu’elles ont produit. T'els sont
les poisons, les corps étrangers solides ou liquides, venus du dehors; ou développés dans nos parties, etc. De leur considération on déduit ce qu’on a nommé une commu nauté prophylactique, c'est à dire l'indication de les dé- “tuire, pour prévenir les suites qu’elles auraient sans cela. : IX. Les symptômes sont les phénomènes sensibles des maladies. Ainsi leur variété presque infinie doit’se réduire, : en dernière analyse, à exprimer l'existence, dans quelque organe, de l’un des états morbides dont nous avons parlé Grritation, asthénie). a bios Îl en est quelques uns qui sé montrent presque toujours (1) Non enim euratio, pro differentia antecedentium causarum, mutanda accipitur. (Cœl., tom:T, p. 180.) j
/ : 212€ ensemble dans les maladiés mritatives un peu graves. Tels sont une chaleur plus forte que dans l’état naturel. ou inégalement répartie, un pouls bien différent de ce qu'il est ordinairement, un sentiment de lassitude et de malaise ; on donne à leur. ensemble le nom de fièvre, mais ils n’ont d'ailleurs rien de particulier. Cœlius Aurelianus ne parle jamais de la fièvre que comme d'un symptôme de l'irrita+ tion violente de quelque organe; il la range à côté des autres sans plus de: distinction. Il dit dans un endroit :
« On connaît la rémission d’une maladie à la dimmution de la fièvre, s'il yena, ou, dans le cas contraire, à celle des autres symptômes, de la rougeur, du prürit, ete... (4) » Dans quelques cas, le mot fièvre est sÿ— nonyme de chaleur. dati sais RME EST OU
‘« On connaît la rémission d’une maladie, s’il ya fièvre,
à Ja diminution de la chaleur; au cas contraire, à celle de la tumeur (2). + ve 1e : Au reste, les méthodistes n'auraient pas pu penser autrement sur la fièvre, sans la plus grande inconsé— quence ; et joute sorte d'ontologie est contradiétoire avec l'esprit de leur doctrine. #
X. Il n'est pas rare d'observer à la fois des symptômes d'iritation et des symptômes d’asthénie; mais alors ils se rapportent à des organes différens. On doit se borner à attaquer Les plus formidables, et tâcher de guérir l'organe le plus important. | | ae
(1) Intelligimus sane dimissionem, si etiam febres affuerint, ex earum indulgentià : at si febres non fuerint, ex cæteris accidentibus,cum ea indulgentiora viderimus, utruborem, pruritum , ele. (Cæl. , tom. IE, p. 289.) |
(2) At si aliqua fuerit indulgentia passionis, queæ erit adprehendenda, si etiam febres fuerint ex minutione, sietiam non fuerint minutione tumoris, et”. (Cœl., tom. I, p. 265.)
XL. Ilest un ordre de symptômes qui méritént une attention particulière ; ce sont ceux qué développe un organe qui n'est affecté que sympathiquemént: On les distingue en constatant l'époque de leur développement, et cette distinction est importante, parce que, le plus souvent, il
suffit, pour les faire disparaître, : traiter Vor gane Lea
tivement affecté. Le « Le délire que provoque la douleur Yon le re-
doublement de certaines maladies se distmgue du ‘délire
idiopathique aux signes suivans : il commence et s'accroît
en même temps que les souffrances qui le provoquent, 1l
diminue et disparaît avec elles. Ge délire est EPS et fugi-
la
tif (F). » | ‘ Dans d’autres cas, affection sympäthique réclame des soins particuliers. Ainsi Cœlius Aurelianus ordonne
l'application des sangsues, des ventouses scarifiées et des
fomentations émollientes au devant de l'estomac, quand eetorganevientàs? irriter dans l'inflamimation encéhalique. Or, il dit de cette région, et de celle de la vessie (2) : « Hæc enim necessario In Fe. rl consen— tiunt Se | PR
y. Omnes: passiones quæ ex dolore accessionis tempore. alienationem faciunt, internoscuntur hoc modo: Primo quod cum dolores asperantur extenditur aique consurgit alienatio:, ét eorum indulgentià minuilur, quippe levis GR s0-
lubilis deliratio. (Cœl., tom. E, p.19.)
(2) Adpositä cucurbità scarificamus præcordia st in
tumore fuerint constituta. (Tom. E, p. 26.)
Atsi prœcôrdiis tumor fuerit (apud phreneticos),erunt ipsa prius scarificanda, sic etiam etvesicæpartes, velvicinæ ejus. (Tom. I, p. 35.)
At si EU tumeant {in lethargo), Tr A curalione cucurbilæ atque cataplasmatiüim utemur. (Tom. 1, p. 95.)
(3) Tom. I, p. 32.
Une douleur plus ou moins forte, de la chaleur sentie par la main du médecin à la surface du corps, ou par le malade à l'intérieur des viscères, de la rougeur dans l'endroit affecté, s’il-est apparent, ou bien à la langue, (aliquibus vero ob complexionem tumoris parvt in visceribus constituti, lingqua arida atque sicca et rubra attestante desiderio frigidi potüs), aux yeux, aux joues, ou dans d’autres parties, quand le mal est profond; un gonflement toujours sensible. quand. la partie affectée est superficielle, et quelquefois aperce— vable quand elle est profonde ; la sécheresse de la peau, la diminution des sécrétions, la fréquence ou la dureté du pouls ; le dégoût (le mot latin exprime l’état d’un estomac que la AhDA ingestion fatigue); tels sont les symptômes qui marchent le plus souvent ensemble dans les cas de sérictum ; d'irritation un peu forte d’un organe. Mais comme 11 n’en est aucun qui ne soit le résultat du ton augmenté, il n’est pas nécessaire qu'ils se trouvent réunis pour dévoiler la nature du mal.
Des symptômgs contraires prouvent que la maladie est atonique quand ils n’ont pas été précédés de ceux que Je viens d'indiquer ; car, en ce cas, il faut se. défier d’une fausse apparence d’asthénie (1). « La petitesse du pouls, en faisant croire faussement à l'épuisement des forces, a fait souvent employer le vin à contre-temps, et a produit des maux irremédiables. »
XIII. Ce n’est jamais que sur des indications précises qu'on doit se décider à l'emploi d’un traitement quel-
(1) Humilitas alque densitas pu plurimos fecit errare ul putarent virium solutionem, atque ita importuné vinum dantes, insuperabiles mentis alienationes fecerunt excitart. (Tom. IL. p. 38.)
conque, (On peut voir, presqu'à chaque page de Cœlius, avec quelle force 1l attaque les empiriques (1). )
Les indications se déduisent de la nature et du siège connus de la maladie. Elles consistent à diminuer le ton dans les cas et dans les parties où il est en excès et à l'exciter dans les circonstances opposées. :
. XIV. Les moyens propres à combattre lirritation sont nombreux; les plus simples, ceux quise rapprochent le plus des objets dont, nous faisons un usage habituel, doivent être préférés : est melius. simplicibus : atque consuetis medere rebus (2).
On peut les distinguer en hygiéniques el médicinaux proprement dits : parmi les premuers, l'air et le régime sont des instrumens puissans pour modifier l'organisme. L’air peut subir, pour ainsi dire , des préparations qui lui donnent les qualités que l’on désire. Le régime, quand al se réduit à l'emploi de boissons adoucissantes, ou de quelques substances nutritives très légères , est le moyen le
(1) Voy. p. 74, 79 et suiv.
(2) Il est curieux de voir, à ce sujet,ce que dit dois Aurelianus des.moyens bizarres ordonnés par l’aveugle empirisme contre l’épilepsie. Après en avoir passé plusieurs en revue, il continue : Non aliter etiam potus sanguis testudinis, sive hominis, atque vituli marini, et sumptio. coaguli, mustelæ quoque , sive hominum caro siceata, et equorum impeligines, vel veretrum atque testes canis aquarii, velporcellioncs, etaqua de squamulis sive tinclionibus ferri, el cor leporis et cameli sive gaviæ cerebrum male probatur. Elenim neque ex occuliis causis rationes ducunt, neque ex aliquä tentatione approbatà in usum venerunt medicinæ.
+. Estadmirandum quod de aere atque vigiliis, vel somno , et potu, el cibo, vel iis quæ necessario sumuwrttur, ntihil experimenti utile collegerint: de tis vero tla execrartdis et crudelibus atque inhtumaris curaliones PA NE volierint. (Tom. Il, p.66.)
plus propre à imprimer à celui qui y est soumis des mo— - difications profondes. Ce n’est guère que de la persévérance qu'on met dans l’ emploi d'un régime convenable qu'on peut espérer la guérison des maladies chroniques qui exigent une sorte de récorporation. |
Ont aux moyensmédicin aux proprement dits, les prin cipaux sont la saignée , l'application des sangsues ou des ventouses scarifiées, des cataplasmes émolliens et des fomeñtations de même nature , et emploi des sinapismes ou des vésicans dans un lieu éloigné du mal. La saignée doit être pratiquée toutes les fois sl la maladie est assez forte pour que toute la machine s’en ressente. Dans bien descas , les sangsues ou les ventouses opèrent après la saignée un effet qu'elles n auraient pas produit sans élle; mais elles ont toujours l'avantage de relâcher directement la partie irritée , et de la dégorger plus vite du sang qui la rempli. (Foy. S VE.)
Dans tous les cas, les fomentations , les cataplasmes émolliens, sont un accessoire avantageux. L'emploi des sinapismes, des cautères, des vésicans ; et autres moyens analogues, demande beaucoup de prudence; employés trop tôt, ils ne peuvent qu’augmenter le mal que LAS veut des
« Le sinapisme e appliqué durant Paccès double lin-. RTS et empire la maladie (1). Il faut en dire au— tant des bains, dont on ne doit faire.usage qu'après avoir
() Sinapismus accessionis tempore tumorem geminans,, etiam passionem necessario pejorem facil. (Tom. I, p. 248, et tom. IF, p. 64.) £
J'ajoute ici un passage assez curieux de Cœlius sur le sinapisme : Dehine odore,tlanquam acre, collyrium oculos, sic meites inflammat. (Tom. 1,p. 101; voy. aussi .p. 104.)
obtenu une rémission marquée: solutis febribus adhibendum lavacrum? (4). ao arint sol ak sq L'époque de la convalescence réclame des soins attentifs.… ab usbatg st ab. ejetexs | L’organe qui était enflammé ne reprend que peu à peu son état naturel. I ne faut pas , sous prétexte de relever les forces abattues, arriver sans précaution à l'usage des excitans : facile etenim passio ex occasione parvd recurrit (2). pat p ré Din mn TeTs Les méthodistes avaient très bien observé que si É dans les inflammations; on voit quelquefois de bons effets suivre l'usage à l’intérieur de certains excitans, c’est, pour ainsi parler, à la faveur des circonstances, c’est à dire quand Pirritation, déjà beaucoup diminuée, à une tendance à se déplacer ou à se terminer par quelque crise. Érasistrate parle de l'emploi du vin miellé dans la frénésie, « sans se mettre.en peine (dit : Cælius) de déterminer le temps où ilconviént de le donner »; puis il dit « qu'il a souvent réussi , et ne peut se rendre compte de ce succès » : Et miratur quomodo;, nescius temporum convenisse for- Les méthodistes rapportaient à la classe des‘asthéniques. quelques maladies qui auraient dû trouver place parmi les irritations. Cette méprise était inévitable à une époque où l'ouverture des corps était un genre de recherches tout à fait inconnu. Mais l’aversion raisonnée qu’ils avaient pour lusage intérieur des excitans, qu'ils regardatent comme incendiaires, les préserva des erreurs pratiques où
leur théorie devait les faire tomber.
xx(t) Tom. I, p.70, 138 et suiv. nË x | (2). Tom: I, p. 217.—Voy. là-dessus les. pages 39, 42, 70.elsuiv. (3) Tom. I, p. 45. Avi
Ainsi ils-ne, combattaient guère: l'atonie. que par des frictions sèches, des bains aromatiques, l'exercice, les ca= taplasmes astringens, et d'autres moyens analogues. On peut voir un exemple de la prudence de leur thérapeutique dans le traitement: que:prescerit Cœlius Aurelianus contre [a diarrhée. À la vérité il était sur le point d'en connaître la nature, puisqu'il termine sa définition par ces mots:Æliquando perseverando etiamintestinorum œulnerationem facit, ex qué dysenteria sæpé sequitur (4). Du reste il dit : | |
« Le malade, placé dans un lieu commode: et silencieux, doit s'abstenir d’alimens et de vin; on lui applique en même temps des cataplasmes astringens:sur les cuisses et sur l'abdomen. Quand la diarrhée a-cessé, on lui donne des alimens toniques. Alors aussi on peut en venir à l'usage du vin et des bains, ete. (2) » |
Je devrais maintenant passer à l'examen des opinions des méthodistes relativement aux maladies chroniques. C’est assurément une des parties les plus intéressantes de leur médecine; mais, par cela même, cet.examen-nous mènerait trop loin. Qu'il me suffise de dire qu’on ne trouve ici à leur reprocher aucun-exemple d’ ontologie, non plus que dans le reste de leur doctrine. |
« Les maladies chroniques ne. diffèrent dés affections
(1) Tom. I, p. 307.
(2) Uten du. ægrotante commodè locato, silentio, atque abstinentià oibe él vini. Tunc eliam catapléshatibus constriclivis, secundum clunes atque ventrem vel péctus ténus admotis.Alià die si deflluxiocessaverit,alius adhibendus constrictivus. Tunc etiam vinum atque lavacrum adhibèndum el cœtera queæ TAPER convenire videntur. (Tom. 1, p. 307.) K10 3
aiguës que par la lenteur de leur marche (dans les exacerbations, les chroniques deviennent aiguës), la diffi- -culté de les guérir, et la durée du! traitement a elles réclament.» : »..
Cœlius dit de la goutte : Esk prœterea passio non facilis curatione et aliquando magnitudine insana-— bilis, non ut plerique putant naturd. I] expose très bien les raisons qui en rendent la guérison difficile; puis il ordonne les applications répétées dk sangsues, etc. (1).
: Ce qu’il y.a de commun dans le traitement des maladies chroniques, c’estun régime très sévère, ou même une diète. absolue pendant. huit, douze et quinze Jours ; puis ensuite, dans un grand nombre de cas, des exeitans ou des révulsifs à l'extérieur. -La plupart des règles que donnent à ce sujet les méthodistes. sont excellentes ; ‘et pourtant, si on les étudie dans les historiens qui en ont rendu compte, elles ne sont que ridienles. À l'exactitude et à la symétrie qu ‘ils mettent dans la prescription des jours qui conviennent à tel ou telremède, on croirait avoir affaire à des pythagoriciens. Pour montrer combien est inexacte l’idée qu'ils donnent par là des méthodistes ;: il suffira des .citations par Rene a je vais terminer cet. article :
Non numero dierum vel mensium, dit Cœlius, cu— randirequlaest constituenda; sed passions terporibus, qua mutatd requlæ commutantur. — Neque enim ad numerum dierum oportet medicamina ordinare, cum debeamus magis passionem quam tempus attendere (2).
(1) Tom. L , p- 69.
(2) Tom. HE 367 el suiv.
. Et ailléurs, : ‘contre Asclépiade : Vinum atque varium cébum. septim die afferendum dixit, non declinationem passionis, sed numerum dierum advertens, tanquan tunc necessario solvi CA re existimans ; quod.est juré vel legibus simile(\).
. Méthodisme.. - ::
Deuxième article.
L'exposition que j'ai faite dés principes du méthodisme
suffit, tout incomplète qu'elle est, pour faire connaître l'esprit de cetté doctrine. seraitsuperflu d'établir ici entre elle et la doctrine de M. Broussais un rapprochement que le Jectéur n’a pu’se défendre de faire lui-même. Comment, en effet, n’aurait-il pas vu que, filles l’une et l’autre aile même philosophie, elles procèdent dans leurs recherches d’après la même méthode; que partant toutes deux de certaines vérités d ébobr ai que leur simpheité et leur évidence rendent imcontestables, ellesarrivent à desdéductions parfaitement identiques. Après avoir montré dans la doctrine ancienne les principes fondamentaux de ‘éelle … d’aujourd’hui, je crois devoir m’arrêtér un'instant à 'examen des applications qu’en a SE la dE à quelques cas particuliers.
de me borneraï à quelques uns restés tellement ina— perçus dans ouvrage de Cœlius Aurelianus qu'on peut presque avec raison les regarder RSA TRE comme des découvertes toutes neuves. |
Je n'ai dit encore que peu de chose sur les ue
(4). Cœl. Aur., tom. ], p.57.