DEZEIMERIS
Paris, 8 juin 1837.
Note du rédacteur. « Nous ne cherchions pas la dis
eussion au sujet de la question soulevée par M. Dezermeris
sur le rétablissement de la chaire d'histoire de la médecine; cependant nous craignons que la lettre qu’on vient de lire ne serve d’aliment à une polémique qui, après tout, ne peut que jeter des lumières sur un sujet quimtéresse aujourd'hui un assez grand nombre de personnes. Au reste, notre position à nous est bien nette : nous sommes convaincus de l'utilité des études historiques. Si quelque indécision existe dans nos idées, elle touche plutôt à la manière dont ces études doivent être faites qu'à l'intérêt qu’elles présentent et qu’au profit qu'on en peut retirer. Nous croyons que le correspondant à qui répond M, Dezeimeris n’a pas voulu dire autre chose; et, pour mieux préciser les faits, nous pensons que, par exemple , l'indispensable nécessité d'un enseignement oral ne lui est pas encore parfaitement démontrée ; et nous partageons son opinion sur ce point. C'est là ce qui nous a fait approuver la proposition faite à M. Dezeimeris de commencer un cours. d'histoire de la médecine, proposition qu'il rejette par des motifs que tous nos lecteurs peuvent apprécier. Nous devions donner notre assentiment à cette proposition, nous qui dans une autre circonstance avons écrit : « Qu'un homme , par des écrits empreints d'un vrai savoir, par un enseignement libre , nouveau, qui aura eu de l’éclat, ait prouvé que cet enseignement éfait utile, qu'il restait une lacune à combler, et que par cet enseignement il ait rendu de véritables services à la science, 1l serait injuste de blâmer le pouvoir qui récompenserait par une chaire le travail et le talent. » (PRESSE MÉDICALE, n° 5.) |
» Cette opinion, nous la professons encore, et 1l nous semble qu'il n'y a là ni mauvais vouloir contre l'institution sollicitée par M. Dezeimeris, ni prévention contre sa candidature. S'il est vrai que ces préventions existent
quelque part, ce n'est pas dans LA PRESSE MÉDICALE, dont les colonnes seront toujours ouvertes à M. Dezeimeris, s’il veut répondre aux observations qui pourront être présentées soit par nous, soit par d’autres. »
Lettre à M le rédacteur de la PRESSE MÉDICALE, sur la nécessité de l’enseignement oral de l’histoire de la médecine
et de la bibliographie médicale.
J'accepte avee empressement , monsieur, la proposition que vous faites, d'ouvrir dans la PRESSE MÉDICALE une discussion grave et sérieuse sur l’enseignement de l'histoire de la médecññe et de la bibliographie médicale. Nul ne désire autant que moi que la question de Putilité de cet enseignement soit soumise à un examen rigoureux et approfondi, parce qu'on ne saurait être plus profondément convaneu que je ne le suis que linstitution dont J'ai demandé plusieurs fois le rétablissement n’a été repoussée que pares que son importance n'avait pas été suffisamment examinée, et qu'il lui suffirait d’être connue pour emporter tous les suffrages. Le médecin, harcelé sur l'incertitude de son art par les critiques mconsidérées d’un homme du monde, ne se fait pas scrupule d’ajourner la discussion jusqu'à l’époque où ce dernier aura appris à connaître ce qu'il attaque; et je ne vois pas qu’il y ait autre chose à faire avec ces personnes, comme j'en ai vu quelques unes, qui vous disent d’un ton tran-— chant : « L'histoire de la médecine est sans utilité », et qui , pour preuve , vous le répètent aussi souvent et d'au— tant de façons que vous avez la patience de l'entendre,
mais sans prendre jamais la peine de vous déduire les raisons sur lesquelles leur opinion se fonde.
J'étais bien sûr qu'il y avait dans la PRESSE MÉDICALE trop de lumières et de loyauté pour que de telles allures fussent à son usage. Je vois annoncée, dans la note que vous avez mise à la suite de ma lettre, dans votre dernier numéro , l'intention de développer et de soutenir les objections qu'on peut faire au rétablissement d’une chaire d'histoire et de bibliographie à la Faculté de médecine, etje m'en réjouis, puisque vous ajoutez loyalement que vos colonnes seront ouvertes à mes réponses. Si vous ajoutiez encore que, dans cette polémique toute scientifique , toute de désimtéressement et de raison calme, vous ferez en sorte.que l’on sache d’où les objections viennent, comme on saura d'où partent les"réponses, vous auriez fait plus que la justice n’exige rigoureusement , et tout ce que les convenances peuvent raisonnablement demander. Pour ma part, je vous en serais reconnaissant, car vous savez qu'on est flatté de savoir à qui l’on a affaire dans une discussion de cette nature. Aussi regardé-Je comme une bonne fortune que ce soit avec vous-même, monsieur le rédacteur, que s'ouvre aujourd’hui cette discussion; et j'y entre non moins flatté de l'adversaire que j'ai à combattre que content du thème que j'ai à soutenir. Vous êtes convaincu, dites-vous, de l'utilité des études historiques; mais l'indispensable nécessité d’un enseignement ora/ (de l’histoire de la médecine et de la bibliographie médicale) ne vous est pas encore parfaitement démontrée.
Vous développerez certainement, monsieur, les raisons qui vous empêchent d’être entièrement convaincu de utilité de l'histoire de la médecine enseignée dans
un cours oral, quand votre conviction est complète à l'égard de l'utilité de: cette histoire enseignée dans un livre. En attendant ces développemens, j’exposerai quelques idées qui pourront peut-être vous dispenser de vous arrêter sur quelques uns d’entre eux, et qui , réduisant le champ de la discussion au cercle des argumens neuis et précis que vous pourrez y apporter , la débarrasseront de tout ee qui peut en entraver la marche et en obscure la solution.
Il y a des personnes qui ne considèrent comme vraiment nécessaire d'autre enseignement professoral que celui des parties des connaissances humaines qu'il n’est pas possible d'exposer complètement dans les livres, et à l'égard desquelles l'éducation de lélève se fait autant ou plus par l'observation actuelle et par l'expérience que le professeur lui fait pratiquer sous ses yeux que:par la transmission d’un dogme établi. En médecme, elles regardent comme indispensable l’enseignement de l’anatomie, de la clinique, de l’histoire naturelle des médicamens, des opérations chirurgicales, de l'obstétrique démontrée. sur. des pièces naturelles ou des mannequins; pour tout le reste, elles n'en reconnaissent point la né— cessité.
À considérer les choses. d’une manière abstraite et selon la rigueur métaphysique du possible, il y a du vrai dans cette opinion. Je ne ferai même nulle difficulté de-convenir que ; pour cértains esprits, un-bon livre vaut mieux que tous les professeurs du monde. Mais l'erreur est d’ériger en un principe général:ce qui n’est qu'une possibilité relative ; de faire un :précepte d'application d’une vue qui-n’est juste que dans le-domaine logique: de labstraction , et qui: devient fausse dès: qu'elle descend
aux réalités de la pratique. Pour l’immense majorité des esprits de la classe ordinaire, le meilleur livre ne vaut pas un médiocre professeur. Pour quinze élèves, au moins, sur vingt, la physiologie, l'hygiène, la pathologie, la thérapeutique , la médecine légale, et j'ajouterai l'histoire de la médecine et la bibliographie seront plus faciles à apprendre dans des cours que dans des livres. Pour ne pas donner à cette assertion plus de portée que je ne lui en donne moi-même, notez qu'il ne s’agit ici que des premières notions à acquérir sur une science, pour se mettre en état de lapprofondir par soi-même et de l'identifier avec sa pensée, ce qu’on ne fera jamais , en quelque étude que ce soit, par la parole fugitive d’un professeur.
Jai mis, sous ce rapport, l'histoire et la bibliographie de la médecine sur la même ligne que les sciences dont l'enseignement ne se compose pas à la fois et d’un exposé dogmatique de prmaipes et d'une démonstration des objets auxquels l’enseignement se rapporte; j'espère pouvoir vous démontrer qu’en cela j'ai fait une concession ; mais je puis concéder sans difficulté tout ce qui tendrait à marquer à l’enseignement dont je m'occupe sa place à côté de ceux où ce genre de démonstration est plus d’une fois nécessaire , et par conséquent de ceux dont la nécessité est le plus rigoureusement démontrée. Je le puis, dis-je , et je ne m'inquiète pas qu'il ne soit mis que dans la seconde classe dont 1lvient d’être parlé, car personne aujourd'hui, que je sache, ne propose de supprimer la chaire de physiologie , celles de pathologie ‘interne et externe, et pour citer un exemple qui aille plus directement à notre discussion, nul, que je sache , ne propose de supprimer la chaire d'hygiène ; parce que son titulaire
est mort, ainsi qu'il est arrivé à celle de Moreau (de la Sarthe). | je
Prétendrait-on qu'il y a dans la nature dela physiologie, de l'hygiène, de la pathologie, de la médecine légale , considérée en elle-même, quelque chose de particulier et d'étranger à leur histoire , et à l’histoire de la médecine en général, qui fait que, quoique n’exigeant pas des démonstrations et des expériences, et pouvant être traitées dans des livres, elles réclament pourtant impérieusement un enseignement oral, que ne demande nullement l'histoire ? Ce quelque chose, J'avoue que je ne puis le deviner,et Je suis obligé, pour en apprécier l'importance, d'attendre qu'on me lait fait connaître.
Tout au contraire, je vois dans l’histoire de la médeeine ef la bibliographie médicale. des conditions toutes particulières, étrangères à la physiologie, à la pathologié, à la médecine légale , et à l'hygiène ; qui en rendent l’enseignement professoral bien plus indispensable encore que celui de ces sciences. Ces conditions sont multiples; je ne puis les exposer dans une seule lettre. Je m'en tiendrai à une pour aujourd'hui, mais cellelà seule est décisive. Cette condition , la voici : la physiologie, la pathologie ; la médecine légale, etc., sont faites dans des livres classiques ; où l’on pourrait à la rigueur les apprendre ; l'histoire de la médecine ne l’est pas. Ceëcr a l'air d’une bévue de l'ignorance ; d'un écart de l'esprit paradoxal , ‘ou d'une ‘sentence tranchante de la vanité; ce n'eSt pourtant ni l’un ni l’autre. Et d’abord, l'on m'accordera sans peine, Je erois, qu'ayant consacré quinze années d’une vie qui n'a pas été prodiguée dans les plaisirs ; à «étudier la:médecme dans son développement historique, Je dois-savow ce.qu'il existe d'ouvrages relatifs à.cet objet constant de mes! étudés: Aussi puis-je
‘8 dire que je connais à peu près tout ce qui a été publié en ce genre, en quelque temps et en quelque langue que ce soit. Ce n’est done pas par ignorance que J'ai émis las sertion que je veux établir. Il ne serait pas moins injuste de l’attribuer. à une disposition exagérée pour la critique, à une tendance pour le dénigrement de ce qui a été fait jusqu'ici. Loin de là, l'esprit frondeur n’est nullement,de mon goûl. Je regarde comme un devoir d’honnête homme de rechercher. et d’honorer le mérite dans les travaux même imparfaits de nos prédécesseurs; et j'ajoute que peu de branches de la littérature médicale offrent des ouvrages où 1l y ait autant à louer que dans ceux qui se rapportent à l’histoire. Trouve-t-on , en effet , beaucoup de productions médicales qu'on puisse placer à côté des prodigieuses bibliothèques de Haller et de lhistoire du savant Sprengel ? Et pourtantje maintiens mon dire : la physiologie, la pathologie, etc., ont des traités où l’on peut les apprendre, l’histoire de la médecine n’en a pas. Voyons, monsieur, si, après s'être récrié contre cette assertion, on n'est pas plus près qu'on ne l’imagime de l’accepter sans difficulté. Prenons au hasard quelques points importans de médecine. Prenons-en dans chacune de ses branches, et voyons si, en l'absence d’un professeur qui en enseigne le développement historique, l'élève en trouvera l’histoire quelque part. Noubliez pas, monsieur, qu'ils’agit ici de l’histoire de la science et de l’art en euxmêmes, non de celle des hommes qui les cultivèrent, ou des ouvrages qui les eurent. pour objet. Qu'on prenne, par exemple, dans les institutions médicales, le plan et les méthodes d'enseignement , la constitution des Écoles, les institutions académiques, la condition civile et politique des médecms , etc. ; dans l’anatomie, le chapitre de l’organogénésie; dans la physiologie générale , la doe-
trine des principes fondamentaux de la vie; dans la physiologie spéciale, la digestion ; dans la pathologie générale , la doctrine des lésions primitives ou élémentaires ; et, pour y joindre un exemple plus spécial, la doctrine de linflammation; en thérapeutique générale, celle des méthodes curatives, celle de la méthode antiphlogistique , par exemple; pour être bref, en un mot, qu'on prenne dans chacune des autres branches de la médecine les points les plus importans entre tous ceux dont elles se composent, et qu'on me dise où l’on en trouvera l’histoire. Si l’on ne peut répontire à cette interpellation, on m’aura donné gain de cause, et je répéterai qu'il n’y a point d'ouvrage où l’on puisse apprendre l'histoire de fa médecine; d'où l’on sera forcé de conclure que, eette histoire étant utile, 11 y a nécessité absolue de lenseigner oralement.
Que si l'on prétend que l'histoire de tous ces points et d’une multitude d’autres est faite dans autant d’ouvrages spéciaux , je commencerai par le nier pour la plupart; puis, après l'avoir eoncédé ensuite par pure com plaisance, je déclarerai qu’en ee cas même encore je serai autorisé à tirer la même conclusion jusqu’à ce qu’on m'ait démontré qu'il est possible à des élèves d'apprendre la pathologie, sans le secours d’un livre elassique, sans le secours d’un professeur, dans quelques milliers d’ouvrages spéciaux relatifs à autant de points distincts de la science. |
Mais si, après lestravaux de tant de grands esprits, Phistoire de la science médicale et de l’art de guérir n'existe pas encore, ne faut-il pas désespérer de la pos séder jamais , et ne serait-ce pas une entreprise insensée que-de prétendre l’enseigner dans un cours?
| 50 Rappelez-vous, monsieur, ce passage des Æecherches de Bayle sur la phthisie pulmonaire, où il n’y à pas moins de profondeur que de simplicité : «Il suffit d’avoir des veux et de la patience pour amasser des observations, et l'art de faire des recherches en médecine est presque réduit à une sorte de méçanisme : il n’est point alors nécessaire d’avoir un grand talent pour composer un ou vrage utile. » Cette facilité dont parle Bayle était le ‘résultat de la découverte et de l'introduction en médecine de la véritable méthode expérimentale. Par cette méthode avaient disparu des difficultés devant lesquelles avaient échoué durant des milliers d'années les eftorts des plus puissans génies. I est donc raisonnablement permis de peuser que si l'on possédait la véritable méthode historique des sciences, avec une éducation médicale suffisante pour bien juger en médecine, la connais sance des langues, une ardeur infatigable pour les recherches, et l'esprit de critique, quoique d’ailleurs fort inférieur sous beaucoup de rapports à quelques uns des hommes qui se sont occupés de l’histoire de la médecine, on pourrait réussir où ils ont échoué, accomplir ce qu'ils n’ont pas même tenté; on pourrait, en un mot, fare l’histoire de la médecine, tandis que leurs efforts n’ont abouti qu'à en faire les préliminaires, et à fournir des matériaux, mais bien msuffisans, pour en faire la partie fondamentale. Je dis que tout cela pourrait être le résultat simple et naturel de la véritable méthode historique des sciences ; eh bien! cette méthode, je crois la posséder, et j'en ferai l’objet d’une seconde lettre.
Veuillez agréer, monsieur le rédacteur, l'assurance de ma considération distinguée.
: DEeZEIMERIS.
Paris, 15 juin 1837.
Réplique de la PRESSE MÉDICALE.
«IL nous semble que dans la courte note qui suivait sa première lettre , M. Dezeimeris a vu beaucoup plus de choses qu'il n’y en avait réellement. Nous n'avons pas proposé d'ouvrir dans la PRESSE MÉDICALE une discussion grave et sérieuse sur l’enseignement de l'histoire de la médecine et de la bibliographie médicale; nous n° avons annoncé que quelques observations sur ce sujet. II n’y est pas question que nous ayons l'intention de développer et de soutenir les objections qu'on peut faire au rétablissement de la chaire d'histoire, mais simplement de l'indécision de nos idées sur l'utilité de cette chaire. Enfin, quelque flatteuses que soient pour nous les considérations dont il l’a entourée, nous ne pouvons accepter la qualfication d’adversaire que nous donne M. Dezeimeris. Un simple doute ne constitue pas un acte d'opposition, et s’il est vrai que pour réussir dans sa demande M. Dezeimeris ait besoin &e livrer quelques combais, ce n'est pas contre nous qu'il doit diriger ses savantes manœuvres.
»De quoi s'agit-il, en effet, entre nous? d’une chose bien simple : M. Dezeimeris publie une pétition pour réclamer le rétablissement de la chaire d'histoire; un de nos abonnés nous écrit que,pour dissiper tous les doutes sur l’utilité de cet enseignement, M. Dezeimeris ferait peut-être bien d'ouvrir un cours; M. Dezeimeris s'en défend, et à propos de quelques Nr qui accompagnaient sa lettre, et auxquelles assurément il a fait beaucoup trop d'honneur, il nous adresse une autre lettre où. se trouvent soulevées les questions les plus graves de l’enseignement, ur parallèle entre l’enseignement dogmatique et l’enseignement
démonstratif , dans laquelle il cherche à prouver la né cessité de l'un et de l’autre ; dans laquelle il établit que, malgré les travaux existans sur l’histoire de la médecme, il est impossible’ de l'apprendre dans nos bibliothèques, parce que l’histoire de la médecine n’est pas faite dans les livres classiques ; dans laquelle enfin il annonce avoir trouvé une méthode historique qui doit le faire réussir là où d'autres ont échoué, lui faire accomplir ce qu'ils n’ont pas même tenté, lui permettre, en un mot, d'écrire ou de professer l’histoire de la médecme.
» C’est à coup sûr une noble ambition, et personne moins que nous ne doute*que M. Dezeimeris soit capable de la réaliser. Mais lui, si ingénieux à devancer les objections qu’on peut lui faire, comment n’a-t-il pas vu que tous les développemens dans lesquels il est entré peuvent précisément être invoqués comme”argumens par ceux qui demandent qu'avant de rétablir la chaire d'histoire on prouve son utilité ? Comment n’a-t-il pas vu qu'il y aurait peut-être imprudence à créer une chaire pour une partie de la science qui, de son propre aveu, n'existe pas encore ? Comment n'a-t-il pas vu surtout qu’en lui demandant de prouver par un cours l'utilité de cet enseignement, on ne demandait qu'une chose très légitime, puisque tout est nouveau dans ce qu'il se propose de faire, par conséquent inconnu, et qu’en vérité on ne peut raisonnablement demander au pouvoir de rétablir une chaire dont il est im— possible encore d'apprécier l'importance et Putilité :
» Voilà, ce nous semble, où est toute la question ; la né— cessité pour M. Dezeimeris et pour tous ceux qui solhicitent le rétablissement de la chaire d'histoire de faire un cours qui donne la mesure de l'importance et de l'urgence de ce rétablissement. Cette proposition ne comporte au—
cun des développemens que M. Dezeimeris nous demande; elle n’est pas pour nous un motif suffisant de le suivre dans l'examen de toutes les questions qu'il a soulevées dans sa lettre, questions qu'il n’est pas opportun d’agiter en ce moment.
» Il nous semble enfin que si M. Dezeimeris a prouvé quelque chose dans sa lettre, c’est la nécessité de faire un bon livre sur l’histoire de la médecine, condition que nul autre ne peut remplir mieux que lui. Qui sait si, en publiant un bon traité sur cette matière, les convictions de M. Dezeimeris lui-même sur l’enseignement oral de Phistoire ne seraient pas ébranlées ? et s’il en était ainsi, n'aurait-il pas rendu un double service en enrichissant nos bibliothèques d’un bon ouvrage de plus, et en ne grevant pas le budget d'une charge nouvelle? »