DEUXIÈME TOAST
Par M. Emile Dollfus , président de la Société Industrielle de Mulhouse.
A M. le Ministre des Travaux Publics!
« Au chef éclairé d’une administration appelée à prendre uue part si large au développement et à la consolidation d«
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la richesse nationale ; au protecteur de toutes leB entreprises qui peuvent ajouter â la prospérité et à la puissance du pays!
» Messieurs, poussés par ce besoin de mouvement qui semble caractériser notre époque, les peuples de l’Europe, après s'étre long-temps rencontrés sur les champs de bataille, et bien que livrés aujourd'hui aux travaux de la paix, paraissent avoir appris àse faire une guerre nouvelle, moins désastreuse sans doute qu’autrefois, mais non moine ardemment soutenue , et non moins riche en luttes difficiles , en faits glorieux. La guerre d’aujourd'hui est celle des conquêtes intellectuelles, du progrès, du développement industriel et commercial , une guerre de rivalités d'institutions , de travaux enfln qui assurent la grandeur d’une nation , et viennent féconder les sources de la richesse publique , du bien-être particulier de tous,
» Dans cette lutte nouvelle la France ne pouvait demeurer en arrière ; elle a compris la nécessité d’y occuper encore l’un des premiers rangs, et c’est à son Ministère des Travaux Publics qu'elle a dû particulièrement en cette circonstance confier le soin de répondre aux hautes exigences que sa position lui imposait.
» Une pareille mission n'eût pu être remise en des mains plus dignes : aussi , grâce & la sollicitude , à l'activité déployées par cette administration, et par son chef actuel surtout, d’immenses entreprises ont déjà été terminées , d’autres sont en voie d'exécution, de nouveaux travaux enfiu sont prépares. La reconnaissance publique en a accueilli le projet, elle en signalera l’achèvement.
• Les enfants de l’Alsace , en joignant en ce moment leur voix à celle qui s'élève de taut de points de la France,
pour rendre, eux aussi . hommage a de si éminents services, éprouventencore le besoin d'exprimer leur gratitude an ministre d'être venu parmi eux , non seulement pour présider à l'inauguration du grand chef-d’œuvre de leur industrie , mais encore pour entendre leurs vœux , pour étudier au milieu d'eux les besoins , les créations que réclame encore une partie si intéressantedu territoire national. Parmi celles-ci , il en est une surtout sur laquelle a dû se fixer son attention : c'est l'établissement de la ligne de fer qui relierait notre province avec le centre de la France, et par la avec la capitale. Mais déjà l'activité que le ministre a rencontrée partout en parcourant nos contrées, l'importance des nombreuses industries qui y sont exploitées , et dont les produits ont été mis sous ses yeux, tout ce dont enfin il a été témoin parmi nous, doit lui avoir démontré que cette nouvelle voie de communication ne forme que le complément indispensable de ce qui existe aujourd'hui , qu’elle devient une nécessité. L'Alsace peut donc être tranquille désormais, car sa cause vientdegagner un nouvel, un puissant interprète : aussi, en conviant, dès ce moment, a la nouvelle cérémonie d'inauguration qu elle ose entrevoir, l'hûte illustre qu'elle a le bonheur de posséder aujourd'hui, répète-t-elle tout entière avec nous : Honneur et reconnaissance a M. le Ministre des Travaux Publics ! •
Après ce toast, M. le Ministre des Travaux Publics s'es» levé et a répondu :
• Messieurs,
• C'est en effet un haute leçon que celle que trouve au milieu de vous l’homme appelé par la confiance du Roi à la
direction des travaux publics en France. Ab ! quel serait le cœur assez peu digne de cette confiance pour n’être pas profondément remué à la vue de tant de merveilles enfantées sur cette terre d'Alsace par le génie de l’industrie , par la persévérance et le bon esprit deses habitants? Le spectacle offert à mes yeux laissera dans mes souvenirs uue trace profonde.
» Mais ( entreprise que nous inaugurons, et sur laquelle viennent de descendre les bénédictions du ciel, n’est ellemême que le prélude d'autres travaux plus importants encore, destinés à rapprocher les différentes parties de ce beau pays de France et à resserrer les liens qui leur font une vie commune. La grande voie de communication ouverte entre la capitale de l’Alsace et les frontières de l’Helvétie n'est qu’un anneau de la chaîne qui doit un jour unir la France aux nations voisines , mettre incessamment en présence et lier entre elles toutes nos industries , concentrer et multiplier les forces et les richesses nationales.
» L’Alsace l’a compris, un peuple n'est véritablement grand que lorsque, dans ce qu'il fait , il trouve la révélation de ce qu'il peut faire et la volonté d'accomplir tout ce qui est nécessaire au développement de sa prospérité.
» Des circonstances auxquelles je ne veux pas même faire allusion ont arreté un moment le magnifique essor qui, pour nous, a rendu la paix si féconde et chaugé en dix ans la face du pays.
« Désormais à l’ombre d’une paix honorable , la France va rentrer dans cette carrière dont elle a été passagèrement détournée , et elle y marchera d'uu pas rapide et sûr, qui convient au rang qu'elle occupe dans le monde. Ses voisins lui en dounent l’exemple par de nombreux et utiles tra-
vans ; même sur ca point , elle ne peut pas , elle ne veut pas accepter l'infériorité. C'est là , messieurs , la pensée qui me dirigera dans l'accomplissement de la tâche que le Eoi a daigné me confier. C’est aussi , je ne crains pas de le proclamer, la pensée du gouvernement. Permetter-mol d'y mêler l'expression de mes sentiments personnels d’affectueuse reconnaissance pour vous tous et pour les hâtes illustres dont la présence ajoute tant d’éçlatà cette solenlinilé. •