XIII. LA FIN d'une race
Dans ce monde tu es ma vie et mon âme et rien d'autre ne Test : je te le jure, ô ma vie I
La poussière de tes pieds est un onguent pour mes yeux, je le jure par la poussière de tes pieds.
Quand tu ris, on n'y peut rien comparer, ni rubis, ni perles » : je le jure par ton rire.
Vraiment, je t'aime, je t'aime, et toi seule, et je le jure, moi Khouchal, par ton beau visage.
Mais les belles n'étaient point toujours de Tavis du prince sur les mérites de la barbe blanche. Je ne sais si même au temps d'Anacréon les jeunes Ioniennes croyaient, comme leur poète, que les roses sont plus belles mêlées aux lis. Le pauvre prince en fît une expérience douloureuse.
Sur le tard, bien que le souvenir de ses cinquante-sept fils, dont si peu fidèles, Teût rendu sceptique sur la noblesse du sang maternel, il se prit d'amour pour une jeune fille des Yousoufzais qu'il épousa : on n'assure pas qu'il eût demandé son consentement, chose peu nécessaire chez les Afghans et surtout pour un prince.
Amenée dans la maison du Khan, elle se prit à pleurer. Il lui demanda en vain la cause de ce grand chagrin : elle ne répondait qu'en pleurant de plus belle. Il lui donna des joyaux, de beaux vêtements, des esclaves : et elle pleurait toujours.
» Rubis des lèvres, perles des dents.
Se rappelant l'histoire de sa fille, il se dit : « Elle pleure sans doute au souvenir de ses parents, » et il l'envoya passer un mois chez sa mère, dans le pays des Yousoufzais. Au retour, elle pleurait encore. Khouchal Khan soupçonna enfin ce qui en était et refit dans son afghan le monologue d'Othello : « Peut-être, parce que j'ai descendu la vallée des ans, peut-être... » Il s écria : « Tu pleures, parce que tu es jeune et que je suis vieux, et qu'il te faut un jeune. » Elle ne répondit pas 5 mais un éclair qui passa à travers ses larmes montra au vieillard qu'il avait deviné. «Eh bien! tu l'auras, » s'écria le Khan, et avisant dans le jardin un magnifique nègre d' Abyssinie, en train de balayer les ordures, un mousalU, le dernier des hommes, il l'appela et lui cria : « Voilà ta femme, je te la donne, prends-la ! » Le nègre, effrayé du sacrilège, se jeta aux genoux du Khan en demandant gr✠: « Prends-la, cria le prince, ou je te fais trancher la tête. » Et le nègre emmena en tremblant la princesse qui sanglotait.
Quelques jours plus tard, le Khan allait à la chasse pour se distraire. Il trouva sur la route un amas de gerbes de blé : tout en haut, il y avait un homme et une femme qui faisaient voler la paille 5 l'homme donnait des coups d'amitié à la femme, et la femme les lui rendait en riant et