‹ Lettres sur l'Inde; à la frontière afghaneChapitre 152 sur 157 · XIV. DE LAHORE A PARIS 34f · texte numérisé non relu

XIV. DE LAHORE A PARIS 34f

cantonnement anglais, Hxé à Sekanderabad, à cinq milles de sa: capitale.

La population est hindoue : le gouvernement et laristocratie sont musulmans. Il y a cinq siècles que les Musulmans venus du Nord ont fondé des royaumes dans le Dekhan : la plus illustre de ces dynasties est celle des Qoutoub Chahi,qui régnaient et qui reposent à Golconde : quinze tombes dô granit regardent en face un immense mur crénelé, qui descend d'une colline dans un lac, mur hérissé de tours médiévales et qui culmine en un château noir formidable :

c'est le fort de Golconde et voilà la porte, là-bas, par laquelle est entré Aurengzeb. Un palais blanc, tout récemment bâti et qui contient le trésor du Nizam, rayonne et fait tache sur le sombre du granit.

Les Musulmans de Golconde étaient Chiites; l'imbécile Aurengzeb, Sunnite, voulait l'unité et la conformité de foi : il ne comprit pas que Golconde était l'avant-poste de l'Islam et son boulevard; que Golconde, indépendante et vassale, était une force; soumise, une faiblesse. Il s'empara de Golconde par trahison et envoya le dernier des rois Qoutoub Chahi mourir à Aurengabad, Le Dekhan devint province mogole, administrée par un gouverneur nommé de Delhi. Une génération ne s'était pas passée que

le gouverneur se rendait indépendant et fondait la dynastie qui règne à présent/

Hyderabad est un Etat féodal : le système mogol des grands djaguirs ' est encore en vigueur. Trois ou quatre grands seigneurs se disputent le vizirat. Qui voudrait se faire une idée de ce qu'était la vie politique à l'agonie mogole ou à la cour du Nawab d'Oudh n aurait qu'à passer à Hyderabad quelques semaines. Le moment est favorable pour l'intrigue : le nouveau Nizam a vingt ans à peine. Le résident anglais surveille et laisse faire^ sachant que le jour où les choses deviendraient sérieuses, il n'a qu'un signe à faire à Sekanderabad.

Plusieurs milles avant d'arriver à Hyderabad, le railway traverse une plaine immense, semée de menhirs et de dolmens étranges, de toute forme et de tout aspect, pierres isolées, dressées, allongées, superposées en assises; carrées, arrondies, creusées; tables géantes, girouettes colossales en merveilleux équilibre. Il y a deux explications à ce jeu de la nature. Les uns disent que c'est une formation naturelle, due aux actions atmosphériques; toute la plaine est en syénite, sorte de granit métallique ; le métal est

« Djaguir, fi«f*

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