DEUXIÈME LETTRE
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Le cantonnement. — La ville. — Le tchaukidar.
^ÉCHAWER est la ville frontière de lextrême Nord-Ouest et la capitale de TAfghanistan britannique. EUeestdans la plaine, à trois lieues de la passe de Khaiber; c'est le point d'arrivée et le point de départ des armées ou des caravanes qui viennent de TAsie centrale ou qui s'y rendent; c'est la première étape de l'invasion et du commerce. 11 y a cinq ans, l'ouverture delà ligned'Attockà Péchawer
a relié les deux point extrêmes de l'empire par une ligne de fer continue qui court le long du Gange et de l'Himalaya, et met Calcutta à trois jours de la frontière de TÈmir :
lest une chose merveilleuse, dit la chanson afghane, qui va et court sur le sol; elle n'a point de pieds ni de mains, et va en arrière aussi bien qu'en avant.
C'est une invention des Anglais, c'est un des signes précurseurs du jugement dernier. Quelque jour, aujourd'hui ou demain, elle s'en ira jusqu'à Khaiber. Elle n'a point de pieds ni de mains et va en avant ou en arrière aussi bien.
Péchawer, comme tous les grands centres dans rinde, se divise en deux villes distinctes : la ville indigène et, à deux milles de là, la ville anglaise, où sont établies l'armée et les administrations : la ville anglaise, écant surtout une ville militaire, s'a pelle Téchawer-cantonnement ^ par opposition à Téchawer- ville. Dans Péchawer- ville il n'y a pas un seul Européen, sauf quelques missionnaires.
La ville anglaise prépare une agréable surprise au voyageur d'Europe, qui y débarque avec une certaine inquiétude, se croyant menacé de retrouver la bâtisse européenne et ses monotonies de façades. Pour qui aime l'air, la lumière et l'espace, la ville anglaise, bien qu'elle n'ait ni minarets, ni moucharabies, répond mieux que la