PRÉFACE III
fort de ce qui se passe dans la tête de ces pauvres sauvages y qui s inquiètent fort peu de ce qui se passe dans la tête de ces diplomates, Cest qiiils sont une des grandes inconnues dans le problème anglo-russe et que la destinée future de llnde est en partie dans leurs mains. Un jour le grand empereur oikb^r se promenait avec son fis Selim dans le fort d'oAgra^ sa granî ville, « Tère ^ lui demanda le prince, pourquoi ne fais-tu pas creuser un fossé autour i'oAgra? — oMonfils^ répondit t Empereur, le fossé d'oégra, cest t Indus, 5> Or ce sont les cAfghans qui montent la garde sur ce fossé.
Il ri est donc pas inutile de comprendre le caractère de ces gens, Cest ce que f ai essayé de faire en les écoutant chanter. Les c4fghans sont un peuple chantant et la chanson populaire a toujours été l'expression la plus claire, comme elle est la plus sincère, du caractère national. La partie neuve de ce livre ^ et la seule peut-être qui ait une valeur, a été écrite sous la dictée des chanteurs afghans.
Tour résumer le jugement que porte sur toifghan la chanson afghane, je demanderai la permission de reproduire les lignes que j^ écrivais ailleurs sur ce sujet* :
^ Afghan Life in Afghan Songs, dans la Contemporary Revietu d'Octobre 1887.
« Ces chansons y en sommes confirment ^ par taveu « même des olfghanSy le jugement asseï défavorable (( que suggère leur histoire durant les cinquante der- « nier es années. Une race forte , bien différente du i( faible IndoUy d'un métal résistant y mais non « sans alliage ; un sentiment de t honneur y qui peut t< se passer de la vérité; les vertus à demi convention- « nelles dû sauvage ; ï amour vrai y inconnu; le res- « pect du faible y une faiblesse. Un sentiment reli- « gieux qui n enseigne ni la charité y ni t empire sur « soi-même y ni le perfectionnement de la personne y et « trouve sa joie suprême dans la damnation des relii< gions étrangères.
« c4u point de vue intellectuel y une imagination <( sans hauteur y un cercle d'idées limité, mais en « même temps un des dons les plus hauts y un don que « r Europe épuisée a perdu y la simplicité et la franii chise de r expression,
« En politique y aucune des vertus qui font les « nations: le clan et la famille divisés contre eux- « mêmes y le mot cousin signifiant ennemi moi tel ^ ; « t étranger guère plus hai que le compatriote et « employé comme instrument contre lui, LoAnglaisy
ï Voir page 89.