‹ Lettres sur l'Inde; à la frontière afghaneChapitre 22 sur 157 · II. PÉCHAWER · texte numérisé non relu

II. PÉCHAWER

une pierre sépulcrale à la mémoire de Miss Norman :

ARRIVÉE A PÉCHAWER, EN MARS 1884, MORTE LE JOUR DE l'aSCENSION, AVRIL l88f, * A l'ace de 26 ANS

Fille du gouverneur de la Jamaïque, le général Sir Henry Norman, jeune, belle et riche, elle s'était arrachée à sa faniille, à ses amis, à ses admirateurs, pour aller, dans les fièvres de Péchawer, diriger le Zenana mission ^ instruire et soigner les femmes indigènes et tendre à ces malheureuses une main de sœur, vivant de leur vie, dans un logement de trente francs par mois, répandant sa fortune en aumônes et en remèdes. Faible de santé, dévorée de la fièvre et de la charité, telle était pourtant l'énergie intérieure qu'il lui fallut près d'un an pour consommer le martyre. Quand elle consentit à se laissser transporter à Murree, dans la colline, il était trop tard, et elle expira sur la route.

ni

Le vrai monument de Péchawer, c'est son bazar, entrepôt de TAsie centrale. Tous les quatre jours débouche là de la passe de Khaiber la grande caravane de Caboul, avec les tapis du Turkestan, les ghamask deux tranchants de Boukhara, les pachminas d'hiver des montagnards, les topis coniques brodés d'or, les toiles des Afridis aux dessins de cire, les poteries de Caboul et de Moscou. Vous y trouverez aussi tous les produits de l'Inde en marche vers l'Asie centrale : les boucliers de Jaipor, les cuivres repoussés de Bénarès, les bronze incrustés d'argent et dor de Mouradabad, les vertes faïences de Moultan, les phulkaris de Delhi brochées de fleurs.

Péchawer est célèbre dans tout le Penjab pour trois choses : kebab, nân et i/n, c'est-à-dire ses rôtis, son pain et sa religion. Je n'ai pu me faire ni

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