QUATRIÈME LETTRE
LES GHILZc4IS
Les droits historiques des Ghilzais. — Mœurs des Ghilzais. — Les Povindas.— Le baptême du vol. — Mousa Djaii et YakoubKhau.
;n septembre dernier', la commission anglaise de la délimitation des frontières revenait de TOxus à Péchawer, en traversant très rapidement la province de Caboul. L'Émir la recevait avec beaucoup de
I Écrit en mai 1887. Cette lettre représente la situation à cette époque. Le post-scriptum ajouté à la fin de la lettre indique les changements qui se sont produits jusqu'en mai 1888.
courtoisie, mais lui faisait entendre qu'elle ferait bien, pour elle et pour lui, de ne point trop s'attarder. Le bruit, en effet, s'était répandu, ou avait été répanduy que TEmir avait vendu l'Afghanistan aux Anglais; la commission venait prendre livraison. Et telle est la cause, disent les Ghilzais, du soulèvement des Ghilzais.
Les travaux du chemin de fer de Sibi-Quetta, qui doit amener les escadrons anglais à une journée de course de Candahar, occcupent 40,000 ouvriers, Béloutchis, Hazaras ' et Ghilzais. Un homme gagne par jour une roupie (i fr. 80), salaire inouï dans le pays et suffisant pour faire oublier que sous le soleil de Sibi l'apoplexie est en permanence et que, en mars de Tan dernier, 10,000 ouvriers sont morts du choléra. L'Emir, qui est avant tout un homme juste, s'est dit que tout revenu doit subir l'impôt et qu'il était légitime qu'il eût sa part de ce Pactole : il a établi, en conséquence, une taxe d une roupie par tête sur chaque ouvrier, Hazara ou Ghilzai. Et telle est la cause, disent les Anglais, du soulèvement des Ghilzais.
» Les Hazaras sont une tribu d'origine tartare établie dans l'Afghanistan.