VII. LES AFGHANS DE LA REINE I
C'étaient des gens qui n'avaient pas la peur de Dieu. Il a péri.
Ce qu'a écrit le Destin ne s'altère pas. Ces gens-là n'avaient pas la peur de Dieu : que la malédiction pleuve sur euxl II avait encore le souffle au corps, quand vint près de lui le thanadar '.
Le thanadar lui dit : « Dis-moi comment tu t'es endormi en si mauvais lieu. Les fusils t'ont dévoré de loin. » Il expliqua la chose au thanadar et expira.
On le transporte au poste de police de Péchawer et tout le monde accourt pour le voir, comme Cacus, mais c'est un Cacus regretté d'Hercule même :
Il n'y aura jamais de héros comparable à Naïm Chah et le gouvernement anglais fut fâché de sa mort.
(Naturellement^ il aurait voulu le pendre).
Sa mère est sortie de la maison* pour se rendre près de lui : l'Anglais se tenait devant lui, tête découverte^ et disait : « J'en ai du chagrin noir le cœur. »
Tasin dit : On éleva sur son corps un tumulus de terre.
» Chef de police.
3 Ce que ne fait jamais une femme afghane*
Il n'y a plus de Naïm Chah, mais sa monnaie circule encore. En fait, la sécurité n'a pas suivi le progrès des mœurs et est moindre à présent qu'elle n'était il y a une quinzaine d'années. Cela tient à la détente de la dictature. Autrefois, les pouvoirs judiciaires était concentrés dans la main du Député-commissaire 5 'imaginez un préfet d'Algérie, qui serait en même temps président de Cour d'Assises, ayant pour tout jury deux assesseurs indigènes, nommés par l'autorité et qui n'ont que voix consultative : c'est le système qui est encore en vigueur dans la province d'Oude. Il a été abandonné sur la frontière, et le pouvoir judiciaire dans les affaires criminelles est passé, comme dans les anciennes provinces, à un véritable magistrat, le Sessions-Judge. Le Député-commissaire jugeait d'après sa connaissance personnelle des hommes et sur certitude morale, excellent système chez des populations peu faites aux subtilités de la loi : le Sessions-