‹ Lettres sur l'Inde; à la frontière afghaneChapitre 67 sur 157 · HUITIEME LETTRE · texte numérisé non relu

HUITIEME LETTRE

Lc4 COUTE VE VJEéMCHlV

Djemroud. — Les Afridis et les voleurs gendarmes. — Le couteau de Djemchid. — La tombe de Hari Singli. — La chapelle des Loups. — Les Saints de quarante mètres.

,*L y avait jadis en Perse un grand roi nommé Djem ou Djemchid. Il régna sept cents ans; je ne saurais vous dire à quelle date au juste, mais « tant qu il régna, il n'y eut dans son empire ni mort, ni maladie, ni vieillesse, et tous les hommes marchaient dans la taille de jouvenceaux de quinze ans ; il n'y avait ni chaleur ni froidure, et jamais ne se desséchaient les eaux ni les plantes ! ' » iMais le

ï Zend-Avesta.

If4 LETTRES SUR L INDE

pauvre Djem n'avait point la tête solide, et, comme il faisait des immortels, il se crut Dieu et voulut être adoré. Aussitôt, le Farri Yaidân, c'est-à-dire la gloire royale qui vient de Dieu, l'abandonna : un serpent à trois têtes, nommé Zohak, vint de l'Arabie et lui prit son trône; il s'enfuit dans l'Inde et y resta caché mille ans durant; puis, un beau jour, s'étant aventuré hors de sa retraite, il fut livré au Serpent, qui le scia en deux avec une arête de poisson.

Entre autres merveilles, le roi Djemchid, au temps de sa splendeur, possédait une coupe magique où il voyait tout l'univers et tout ce qui s'y passe. Certains savants prétendent que cette coupe était le soleil qui voit toute chose 3 d'autres, que c'était un globe terrestre mis au courant, et il me souvient qu'il y a deux ans, prenant lé thé dans un café de Stamboul avec un sage d'Ispahan, nommé Habib, la conversation tomba de la tasse de thé à la coupe de Djemchid, et Habib, me mettant le doigt au front, me dit : VJdmi VJemchidy dili âgâh : « la coupe de Djemchid, c'est le cœur de Thomme de science. »

A quelques milles de Péchawer, il y a un village nommé Djemroud, avec un fort qui est le point extrême occupé par les Anglais. Ce nom de Djemroud m'inquiétait vaguement et wn jour

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