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VIII. — LA COUPE DE DJEMCHID IfÇ

djeiaîlchis, ainsi nommés du djeiail, — cet interminable fusil que l'Espagne mauresque appelait le gaiil et qui a donné leur nom à nos vieux amis les algua\ilsy — sont au nombre de sept cents et commandés par leur malik ' : c'est la seule force militaire payée par le gouvernement de rinde qui soit commandée par un indigène.

Le subside des tribus et la paye des alguazils sont pris sur le produit des douanes de Djemroud. Chaque chameau paye à l'allée 2 roupies, soit 4 francs environ, et autant à l'arrivée : le produit annuel est d'environ trois lacs ou 300,000 roupies, environ 600,000 fr. Il y a, je crois, 3f,ooo roupies pour les deux tribus voisines des Adam Kheil et des Kouké Kheil, qui renoncent en échange à leur part du droit d'épave. Les tribus sont responsables pour chacun de leur membres et, à la moindre peccadille, l'agent politique de la passe arrête les subsides jusqu'à ce que réparation soit faite : elle ne tarde jamais. Ajoutons que depuis cet accord pas une caravane n'a été pillée 5 la terrible passe de Khaiber est aussi sûre que la première route indienne venue, plus sûre que les rues de Paris ou de Londres, et les Afridis sont définitivement entrés dans les voies de la civilisation, qui est la

ï Malik, prince, chef.

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substitution de Texploitation réglée à l'exploitation irrégulière.

Le fort de Djemroud est anglais, mais le village de Djemroud est indépendant : le talab de Djemchid est sur le territoire du village, de sorte que pour y aller il faut une passe de l'agent politique et une escorte du malik. C'est, en effet, un principe du gouvernement de F Inde de se considérer comme responsable, et par conséquence de considérer les indigènes comme responsables envers lui, de la vie de tout Européen qui passe de son territoire dans celui des tribus. Que vous soyez Anglais, Français ou même Russe, si un malheureux Afridi vous détrousse où vous égorge, les trompettes sonnent, et en marche: le prestige anglais est en jeu. C est d'une politique assez fîère, mais peu raisonnable au fond, et c'est une des causes qui font que les Anglais savent si peu de chose d'un pays et d'un peuple qu'il leur importerait si fort de connaître. Comme les moindres démêlés avec la plus infime tribu peuvent aboutir à une levée en masse et que la moindre étincelle peut allumer toute la traînée de poudre qui court le long des frontières, — on le vit bien à Ambéla', — le

^ Voir la sixième lettre.

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