‹ Lettres sur l'Inde; à la frontière afghaneChapitre 8 sur 157 · PRÉFACE · texte numérisé non relu

PRÉFACE

Ce liesî quitn noble rêve de poète, Llnde nest point de ces conquêtes quun pays comme tcAngleterre abandonne sur la foi de principes évangéliqiies ou philosophiques Que deviendraient les quelques milliers déjeunes gens qui chaque année rentrent dans le civil service et dans F armée des Indes ^ avec la perspective dune pension de j ^ ou 20,000 francs après vingtcinq ans de service? TuiSy le premier acte de la nation indienne serait de se barricader derrière une ligne de droits protecteurs : les cAnglais de tinde sont déjà protectionnistes. Que deviendraient les marchands de ^Manchester? Le Congo et le S^iger leur fourniront'ils jamais un marché de chair à vêtir décemment aussi abondant et aussi riche, et ils mourront sur leurs balles de marchandises en maudissant iM. Cotton et 'Bharatavarshini. Une difficulté plus grave encore et insurmontable y cest que F unité de l'Inde craquerait une minute après que le vice roi qui la constitue aurait quitté son palais de Calcutta. Faire une nation avec le belliqueux Tenjabi, le Sikh indomptable ^ le bengali bavard et timide; avee le zMusulman fanatique, qui a une foi pour laquelle tuer et mourir ^ et le faible Indou qui na que des rites et des momeries , cest vouloir faire une nation avec des troupeaux de moutons et de loups: tant que le chien de berger est là, les loups peuvent se tenir tranquilles et les mou-

tons même prendre des airs de maître et apprendre à aboyer: le bon chien radical pleure de tendresse et dit: comme ils font bon ménage^ je puis partir. S'il lui prend fantaisie de revenir y je crains quil ne trouve pas de quoi se tailler une côtelette sur le flanc du mouton le plus aimé.

Il y a dans l'Inde deux sortes de race: les races guerrières et celles qui ne le sont pas. Les politiciens se recrutent parmi les secondes, oAussi jusquà présent leur programme qui comprend tant de réformes en laisse une de coté^ qui est la première que récla merait un parti vraiment national : l évacuation de rindepc^r f armée anglaise.

Il y a un autre plan^ proposé je crois par zM, Uright et qui respecte les nationalités de tinde : l Inde serait divisée en quatre ou cinq grands états indépendants et fédérés sous la suprématie de toAngleterre. Ce ne serait en fait quune transition au rétablissement de t unité par la conquête : ou bien la force anglaise resterait là pour maintenir tindépendance des états et alors tcAngleterre n aurait que les charges de T occupation sans les profits; ou elle évacuerait ^ et le lendemain^ le Tenjaby Sikh et zMusulmany aurait transformé tInde entière en un vaste champ de pillage.

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