‹ Lettres sur l'Inde; à la frontière afghaneChapitre 90 sur 157 · X. — ABBOTTABAD lOJ · texte numérisé non relu

X. — ABBOTTABAD lOJ

tant à être expulsé par un nouveau venu. Heureusement, je trouvai à louer un bengalow, celui du chapelain d'Abbottabad, le Révérend J. M... Le Révérand allait s'établir plus haut sur la colline, à la Galli de Dungla, qui est sur la route de Murree, et d'où il va sur sa jument blanche porter la parole de Dieu, à tour de rôle, aux divers cantonnements épars au-dessus et audessous de la Galli.

Mon bengalow était hanté. Voici Thistoire telle que me l'a contée Mohammed Ismaïl Khan, le Mounchi bien connu :

« Le premier locataire du bengalow, Sâb, était le docteur C. . . , du régiment des Gourkhas 5 il était marié à une femme jeune et jolie, ils n'avaient point d'enfants. Un jour, en 1864, — je me rappelle bien l'année, car c'est celle où j'ai été nommé Mounchi du régiment, — le Doctor Sâb * partit pour visiter le dispensaire de Haripour, qui est, vous savez, à mi-chemin sur la route d' Abboctabad à Hasan Abdal 5 il dit à la c5We/7i Voctor Sâb ^ qu'il reviendrait le lendemain. Il fit son travail plus vite qu'il ne comptait

ï Monsieur le Docteur.

* Madame la Docteur : vtém est la .prononciation indienne de Madame, Ma'am.

ec revint le même jour 5 il appela la Mêm Sâb, mais la Mêm Sab ne vint pas et il chercha dans le bengalow sans la trouver. Il demanda au hearer^ oïl était la Mêm Doctor Sâb : le bearer répondit qu'elle était partie pour Thandiani avec un autre Sâb. Le Doctor Sâb en fut irrité. Deux jours se passèrent sans que la Mêm Sâb revînt et le Doctor Sâb courait dans toute la ville sans dire un mot. Le troisième jour au matin, la Mêm Sâb revint, et voyant le Doctor Sâb, lui dit : « Bonjour ! » Le Sâb lui dit : « Où êtes-vous allée? » Elle répondit : « A Thandiani. — De quel droit êtes-vous allée là, sans me demander la permission? » Elle répondit: « Vous allez à Haripour, j'ai bien le droit d aller à Thandiani. — Vous êtes allée avec un Sâb ; qui est-il ! » Elle le regarda en face 5 il avait l'air très en colère ; elle se détourna sans dire un mot, entra dans sa chambre, en ressortit, puis entra dans la salle du bain, celle de gauche, la referma et tout à coup une détonation retentit. Le Doctor Sâb, qui avait tout regardé sans bouger, tant il était étonné, se précipita, enfonça la porte et trouva la Mêm Sâb morte ; elle s'était assise sur une chaise et s était appliqué un pistolet sur la tempe : la balle fracassa la tête, puis troua la porte : vous

ï Le principal domestique.

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