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XI. ABBOTTABAD ET LA VIE DE GARNISON

Les Tiffers seront bientôt une chose du passé : ils ont cessé virtuellement d'exister. Mais ils reparaîtront bientôt à l'autre extrémité de l'Empire, en Birmanie. Le Pendjab a fourni à la Birmanie, non seulement son personnel, mais aussi ses procédés de pacification. Chacun des régiments de la frontière a fourni des soldats d'élite, placés sous le commandement d'officiers du Pendjab et qui ont formé le corps de police mobile, une sorte de Burma Irregular Frontier Force, \t% tiffers Aq l'avenir.

La garnison d'Abbottabad comprend ' deux régiments et une batterie d'artillerie. La batterie est pour l'instant en Birmanie. Les deux régiments sont le j'® Gourkha et le 2® des Sikhs. Le régiment est en réalité un bataillon européen (il en a le nom, au moins chez les indigènes qui appellent le régiment un paltanj^ il compte environ Sfo hommes, formant huit compagnies.

Chaque compagnie est commandée par un capitaine indigène ou soubehdar, avec une série de sous-officiers indigènes sous ses ordres : le régiment est commandé par un colonel anglais, assisté d'un état-major d'officiers anglais, capitaine et lieutenants. Ces grades de colonel, capitaine, lieutenants ne répondent pas, comme dans les

' Été de 1886.

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armées d'Europe, à des fonctions différentes, mais seulement à des différences de stage, d'âge et de paie. C'est là dans le système anglais le trait qui déroute le plus l'étranger: il dérive de la nécessité de maintenir absolument indépendants l'un de l'autre le corps d'ofîîciers indigènes et l'état-major européen, le commandement de détail étant indigène, le commandement d'ensemble européen. Il arrive tous les jours que le colonel délègue le commandement du régiment à un lieutenant de vingt-deux ans, frais sorti de Sandhurst, et les Soubehdars, à vingt ans de service, viendront prendre respectueusement ses ordres.

Des deux régiments d'Abottabad, l'un est à demeure permanente, c'est le régiment Gourkha; l'autre change tous les trois ans : c'était pendant mon séjour le 2® Sikhs. Ce régiment, malgré son nom, n'est composé de Sikhs que pour une partie de son effectif: c'est un des principes de l'administration militaire anglaise de ne composer aucun régiment d'un seul élément : c'est là une des leçons que lui a enseignées la Grande Rébellion. On mêle autant que possible les races et les religions, pour les paralyser l'une par l'autre : sur les huit compagnies du 2® Sikhs, il y en avait trois de Sikhs proprement dits, trois d'A%hans, une de Pendjabis musulmans, une de Dogras :

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