‹ Lettres sur l'Inde; à la frontière afghaneChapitre 99 sur 157 · XI. ABBOTTABAD ET LA VIE DE GARNISON · texte numérisé non relu

XI. ABBOTTABAD ET LA VIE DE GARNISON

Afghans offrent un troisième type, aussi différent : ils ont rélan invincible, mais n*ont point la résistance; ils sont incapables de l'effort soutenu : si la furie afghane n'emporte pas tout du premier coup, elle tombe et s'abat, lelan de l'attaque se retourne et devient l'élan de la fuite. Dans la grande rébellion, ce sont les Sikhs et les Afghans, conquis de la veille, qui ont sauvé l'empire anglais. Ils forment encore avec les Gourkhas la partie solide de l'armée indigène. Par malheur, les Afghans sont peu sûrs; ils luttent avec entrain contre leurs frères d'au delà de la frontière ou contre les gens de l'Indç révoltés, parce qu'ils haïsssent leurs frères et les gens de l'Inde plus que leurs maîtres : mais ils ne sont fidèles qu'au succès et à l'argent. Les Sikhs, longtemps fidèles, par une sorte d'orgueil furieux, parce qu'ils ne voulaient pas avoir été vaincus par un maître inférieur, commencent à se lasser et reparlent de Dhulip Singh, le éMalikiTenjahy « le Roi du Pendjab». Une chose plus grave, c'est que les progrès même réalisés sous la domination anglaise ont tari les sources du recrutement. Le paysan Sikh trouve moins d'intérêt à s'engager comme soldat qu'à travailler comme laboureur dans le Pendjab, fertihsé par un admirable système d'irrigation : il gagne bien dans les champs deux ou trois fois les sept rou-

pies par mois que le Serkar paie à ses soldats indigènes^ Il ne reste d'absolument sûr que les Gourkhas : mais ils sont en nombre limité, dix régiments. Le gouvernement de l'Inde vient d'obtenir du gouvernement de Népal la permission de lever cinq nouveaux bataillons. Il aura ainsi un noyau de quinze mille hommes, sûrs comme la mort.

La vie de garnison est assez morne et ses distractions sont peu variées. Laparade, c'est-à-dire l'exercice, prend quatre heures par jour. Le reste du temps est rempli par la sieste, le mess, le lawn-tennis ou le cricket et le polo. Le lawntennis et le cricket sont de tous les jours, c'est le grand amusement anglais; c'est la marque de nationalité qui suit l'Anglais au bout du monde. Le Tolo est plus spécialement anglo-indien.

C'est une sorte de cricket à cheval. Deux partis à cheval, lancés au galop en sens inverse, se disputent à qui poussera la balle à coups de raquette

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