‹ Lettres sur l'Islande, et poésiesChapitre 121 sur 145 · CONSOLATION · texte numérisé non relu

CONSOLATION

Dans nos chalels, l'hiver, souvent le vieux conteur M'a redit les périls, l'effroi du voyageur Qu'un feu follet séduit, qu'une blonde sirène Avec son chant magique au bord de l'onde entraîne, Qui malgré lui toujours sortant de son chemin , Contre un songe trompeur, s'irrite et lutte en vain, Jusqu'à ce qu'un vœu pur, une ardente prière, Lui fasse retrouver son abri tutélaire.

Comme ce voyageur, loin de mon doux foyer J'ai vu le feu foliet briller sur mon sentier, La sirène a chanté dans mes jours de silence, Une bouche riante a trompé ma croyance, Un œil bleu m'a charmé par un regard menteur. Un faux amour, hélas ! a passé par mon cœur. Dans mon secret ennui, dans ma terreur étrange, J'invoquais avec foi le secours d'un bon ange.

L'ange de poésie au front pur et serein M'a regardé souffrir et m'a tendu la main. A présent je revis. L'égide de l'étude Protège mon repos, garde ma solitude.

Vers les nobles pensers, je reprends mon essor, Je songe à l'avenir, et dans sa coupe d'or, La muse en souriant distille le dictame Qui soulage et guérit les blessures de l'âme.

POÉSIES. 42o

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