‹ Lettres sur l'Islande, et poésiesChapitre 122 sur 145 · LAPONIE · texte numérisé non relu

LAPONIE

A. mon ami Ant. de Latour.

Un long plateau désert que des montagnes sombres

Bordent de tous côtés avec de grandes ombres;

Là le lac, soulevé par le vent orageux;

Ici les pics de neige, ou le marais fangeux;

Partout l'aridité, le sommeil, le silence.

Nul rameau vert, au loin, dans l'air ne se balance,

Nul nénuphar léger ne tlotte au bord de l'eau.

Hors la mousse de renne et le chétif bouleau,

Ce sol, où nous venons de poser notre lente,

Ne porte jamais rien, point d'arbre et point de plante.

Nul cri joyeux d'oiseau ne résonne à l'écart,

Et nul bourgeon de fleur ne sourit au regard;

Même pendant l'été, le soleil jette à peine

Uu rayon fugitif sur cette vaste plaine ;

La terre humide aspire un peu de feu dans l'air

Et retombe bientôt sous le poids de l'hiver.

Cependant, le Lapon, errant dans la contrée,

Regarde avec bonheur celte terre éplorée,

Et selon ses besoins, et selon la saison,

Il gravit la montagne, ou descend au vallon.

Le soir, près du foyer, il boit son lait de renne,

Et dort paisiblement sous sa tente de laine.

A M"^^ LA BARONNE E. PECHL.

Voilà que le bateau, sur le grand Belt m'entraîne; Je regarde en arrière et cherche avec amour Votre île de Zélande et sa riante plaine Dont la brume déjà me voile le coutour.

Près de moi, le marchand que l'intérêt ramène A son con)ptoir chéri, le marchand de Hambourg, Pesant entre ses mains le fruit de la semaine, Compte à chaque ducat l'emploi de chaque jour.

0 terre Scandinave, heureux champs, frais ombrages, Beau pays que j'aspire à visiter encor. Lorsque j'ai parcouru tes villes, tes rivages,

Oh! non, ce n'était pas pour amasser de l'or; Mais j'emporte en mon cœur tant de douces images , Tant de bons souvenirs, et c'est là mon trésor !

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