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ADIEU

A mes amis du I¥ord.

Voici venir octobre et le vent froid d'hiver ; Déjà le ciel d'azur se couvre de nuages , Et les oiseaux du Sud nés sous les myrtes verts Commencent à partir pour leur lointain voyage.

Étranger, je ressemble à ces hôtes d'un jour;

Bientôt je quitterai les riantes demeures

Où les pensers d'étude, où les songes d'amour

Ont rempli tous mes vœux, charmé toutes mes heures.

Bientôt je quitterai ces beaux lacs, ces beaux bois, Les lieux où m'accueillit un auguste sourire, Ceux où de l'amitié j'ai reconnu la voix , Et ceux où la science au doux parler m'attire.

Souvenez-vous de moi, vous tous que je chéris, Vous qui m'avez reçu dans ces lieux comme un frère ; Vos noms sont dans mon cœur à tout jamais inscrits, Je les emporterai sur la terre étrangère.

Souvent pendant l'hiver, tout seul rêveur le soir. Je me rappellerai cette heureuse retraite , Je vivrai près de vous, je croirai vous revoir. Dans vos heures de chant, dans vos heures de fête.

Bientôt je serai loin ; bientôt pour revenir, J'aurais à traverser votre Océan immense : Mais qu'importe à celui qui veut se souvenir , Oh ! qu'importe le temps, qu'importe la distance ?

Et pourtant je te quitte, hélas! avec douleur. Pâle terre du Nord dont j'ai compjis le charme ; Je te donne en partant le vrai tribut du cœur, Je te donne un soupir, je te donne une larme.

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