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sorte, qu'un voyage d'essai, une reconnaissance de pays. Ils abordent en Islande et y passent l'hiver. Au printemps, Hiorleifr s'en va guerroyer en Islande, Ingolfr retourne en Norvège. Un an après ils se rejoignent, et cette fois se disposent à partir pour longtemps. Ingolfr offre un sacrifice aux dieux, et consulte les oracles Scandinaves qui lui indiquent la route d'Islande. Hiorleifr, qui peut-être avait reçu, dans son dernier voyage, quelques notions du christianisme , refusa de sacrifier, et accepta pour oracle la parole de son ami. Ils s'embarquent emportant avec eux tout ce qu'ils possédaient, et parmi ses richesses de corsaire, Ingolfr avait placé ses dieux pénates. A quelque distance de la côte , ils se séparent. Hiorleifr s'en va à l'est. Ingolfr, avec son esprit superstitieux, jette à la mer ses idoles, promettant d'aborder là où elles aborderont. Mais le vent l'entraîna d'un autre côté, dans un endroit qui a conservé son nom et qui s'appelle encore aujourd'hui : Ingolfs hœfdi (promontotre d'iiigolfr). En arrivant, Hiorleifr s'était bâti une demeure, et avait essayé de labourer la terre; mais il fut assassiné par des esclaves irlandais qu'il avait amenés avec lui. En apprenant celte
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nouvelle , son compagnon d'armes s'éeria avec sa foi (le païen : « C'est un grand malheur pour un homme comme celui-là, de mourir de la main d'un esclave ; mais tel est le sort de ceux qui ne veulent pas sacrifier aux dieux K » Après cette oraison funèbre, iî poursuivit les meurtriers, les atteignit aux îles Westmann, et les massacra. De là vient le nom des îles Westmann (hommes de l'ouest). Cependant il s'était mis à la recherche de ses dieux pénates, et, après de longues perquisitions, il les découvrit auprès de Reykiavik. Il éleva sa demeure sur le rivage où la mer les avait jetés, et, de pirate qu'il était, il devint laboureur et pécheur. Peu à peu d'autres familles norvégiennes le suivirent, et allèrent habiter diverses parties de l'île. Au bout de soixante ans, l'Islande était presque entièrement occupée, et le nombre des émigrés devint si grand, que le roi Harald, craignant de voir son pays se dépeupler, imposa une amende de cinq onces d'argent sur tous ceux qui voulaient partir.
Ces émigrés étaient, pour la plupart, des hommes de famille noble, qui exerçaient dans leur pays un certain droit de souveraineté.