Vaisseau construit avec les ongles des morts
l'amoureux Freyr, qui n'a plus d'épée. Thor écrase le serpent, et puis lombe lui-même sous le poids du venin que le monstre lui a jeté. Le loup dévore Odin ; mais le puis^ant Vidar s'élance contre lui, pose un pied sur sa mâchoire, et, d'une main de fer, lui déchire la mâchoire supérieure. Loki (ît Heimdal se tuent l'un l'autre, et Surtur, le génie du feu, embrase le monde.
Le monde s'est écroulé comme dans l'Apocalypse, comme dans le Zendavesta, comme dans les Védas. Les hommes ont péri dans le feu, les dieux ont disparu. Mais du milieu des flots purifiés, une autre terre surgit plub fraîche et plus riante que la première. Balder ressuscite; Vidal et Vali ont survécu à la race des dieux. Un enfant du soleil éclaire de ses rayons limpides ce nouveau monde. Un homme et une femme ont échappé à l'embrasement universel, et répandent sur le globe une famille nombreuse. Au Valhalla succède un autre paradis plus heureux et plus beau, et le Niflheim est remplacé par un un autre enfer. Le sol, béni par les dieux, n'attend plus que le laboureur le sillonne à la sueur de son front. Il se couvre de fleurs et de fruits. Un ciel d'azur s'élève sur cette terre féconde ;
un printemps éternel sourit à tous les regards. Les hommes vivent d'une vie paisible dans une atmosphère de joie et de lumière. Les dieux retrouvent sur le gazon les tables d'or des Ases , et s'asseoient l'un auprès de l'autre et s'entretiennent du passé.
Ainsi finit le dogme de la mythologie Scandinave; ainsi finit celui de tous les peuples, par des rêves qui s'en vont au delà des siècles, par l'amère douleur qui détruit la terre où chacun souffre, et la foi qui recrée aussitôt une terre idéale, un monde éternel.
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