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LA MALADE

Elle était jeune encor, mais déjà son jeune âge

S'était ployé sous la douleur; Ce qu'elle avait souffert, son triste et doux visage

Le laissait voir dans sa pâleur.

Ses deux sœurs sur le pont avec soin l'amenèrent,

Heureuses d'être son soutien , Et quand les bords du Rhin à ses yeux se montrèrent,

Elle sourit et ne dit rien.

Mais tour k tour portant les yeux sur son vieux père. Vers ses sœurs et vers ces beaux lieux

Elle avait dans le cœur cette pensée amère Qui naît à l'heure des adieux.

On eût dit, à la voir si timide et si tendre,

Qu'elle craignait de trop aimer, Car elle avait compris qu'il ne fallait attendre

Nul moyen de la ranimer.

Et ces rives du Rhin, cette terre riante

Venaient, hélas! de reverdir, Tandis qu'elle passait, pauvre fille souffrante,

Pour s'en aller non loin mourir.

Coblenlz, 1854.

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