‹ Lettres sur l'ItalieChapitre 7 sur 20 · POSTERITAS DISCE · texte numérisé non relu

POSTERITAS DISCE

(2) Hor. Sal. V. 116. i. Trad. du P. Sanadon.

(3) Horace avoit sans doufe en vue ce qu'on disoil du sacrifice d'Elie, où le feu ce'Ieste avoit consumé l'oblation. Au reste, cette croyance e'toit commune aux Perses, aux Grecs et aux Romains, et les combustioiis sponlanéeSj sur les autels, c'toient conside're'es comme d'heureux augures. Ce fut uq ^es présages de Ja grandeur

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» moi, je n'en crois rien. Epicure m'a appris 3> que les dieux s'embarrassent fort 'peu de ce » qui se passe ici-bas , et qu'ils n'interrompent » point leurs plaisirs pour mettre la main aux j) opérations de la nature qui nous paroissent :» tenir du miracle. »

Dans ce passage, plus que philosophique, Horace avance que l'eau douce étoit très-rare à Egnatia. Cependant il existe encore, auprès des antiques murailles qui la ceignoient du côlé de la mer , des sources d'une eau pure et limpide , que les habitans des environs nomment les fontaines (TAgnazzo , et qui sont , dit-on , les plus vantées de cette côte (i).

Suivant Strabon, le nom de cette ville fut donné non seulement à la voie qui de Bénévent menoit à Brindes , mais encore à celle qui partoit de la rive opposée de l'Adriatique, et se

de Tibère. Seleucus connut, à un pareil signe, sa future élévation; et le consulat de Cicéron fut précédé d'un pareil présage. Il étoft aussi d'autres lieux qu'Egnatia , où l'on débiloit de semblables prodiges : Solin ( Chap. V ) rapporte qu'en Sicile , proche Agrigente , il y avoit un autel sur lequel on arrangeoit des sarmens qui s'allumoient d'eux-mêmes, quelque verts qu'ils fussent , pourvu que le sacrifice fût agréable au dieu à qui on l'offroit. Pausanias (Ziâ. V,) raconte, comuie témoin oculaire, à peu près pareille chose arrivée en Lydie, dans deux villes différentes. On peut aussi voir ce que dit *^{lien ( Hist. Animal., lib.X. cap. IV ^ à l'occasion du célèbre temple de vYépus, sur la montagne d'iîryce en Sicile. (i) Pratilij Via Jppla.

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dirigeoit vers la Macédoine et la Thrace. Les voyageurs et les milices s'embarquoient souvent au port dEgnatia pour passer à Dyrrachium , sur la côte de FEpire, sépare'e de celle de l'Italie par l'Adriatique. Gicéron dit que c'étoitune voie militaire , et qu'elle ouvroit aux troupes le chemin de la mer Ionienne et de l'Hellespont (i). Ce port, qui devoit être de quelque importance, est sans doute comble; car nous en avons à peine aperçu les traces vers la tour d'Agnazzo, qui ne protège qu'une crique où des bateaux seulement peuvent jeter l'ancre.

On reconnoît facilement les vestiges de l'antique château et des murailles de la Aille ; mais nous n'avons ni retrouvé le temple dont parle Pratili , ni pénétré dans le lieu qu'il nomme // Parco , et qui avoit un corridor souterrain , voûté, éclairé par des lunettes. Ces constructions, qui dévoient servir de salles de thermes (2) , et les autres rnonumens qui consistent en tombeaux, conserves d'eau, etc., n'offrent plus qu'un amas confus de pierres à moitié recouvertes de plantes parasites. Ces ruines n'ont point répondu à notre attente , malgré le désir

(i) Pline, Pomponius Mêla et Ptolémte en parlent aus^i.

(2) PiatUi donne un plan tle cette ville dont il est difficile maintenant de i-ecounoitre l'exactitude, et qui paroît d'ailleurs tracé à vue et sans regularilé.

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que nous 'avions en arrivant de tout admirer ; et n'y ayant même reconnu qu'un intérêt pittoresque très - secondaire , nous nous sommes hâtés de revenir à Monopoli.

Les habitans doivent plutôt se glorifier de leur origine grecque , indiquée par le nom de cette ville , que de la devoir aux Egnaliens dont Horace fait un portrait si peu flatteur. Au reste, ce nom de Monopolis ( ville unique, singulière ) , fait voir que , dès son origine , on en faisoit beaucoup de cas , du moins dans le pays où elle étoit située , et où probablement elle étoit la seule remarquable. Du temps des Normands, qui se divisèrent la Fouille , elle tomba en lot à Ugon Ottobon (i), et ce ne fut qu'à l'extinction de cette famille , que la ville revint au domaine royal. Sa population s'élève aujourd'hui à dix-neuf mille habitans. Elle est située sur les côtes de l'Adriatique , et entourée de jardins remplis d'arbres fruitiers , qui en rendent l'aspect fort agréable. Les fortifications sont disposées en boulevards garnis d'artillerie. Les rues sont droites, les maisons bien construites. Plusieurs églises sont d'une bonne architecture ; la cathédrale surtout est un fort bel édifice. 11 étoit d'abord consacré à saint Mer-

(i) Leone Ostieme. Hisl.

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cure , et on a bien fait de changer cette dénominalion pour celle de la Sainte-Yierge , dont l'image , sans doute en bois , fut apportée de Constantinople au temps de la persécution des iconoclastes , par un nommé Euprasio , qui la cacha sur le rivage de la mer dans la crainte qu'elle ne fut brûlée. L'intérieur de cette église est fort riche , et on y voit de bonnes statues qu'on attribue à Ludovico Fiorentino (i). Mais quel est ce Louis de Florence ? c'est ce qu'on n'a pu me dire. La plupart des artistes célèbres ne sont connus en Italie que par leur prénom auquel on joint quelquefois un sobriquet ou le nom de leur ville natale ; et cette circonstance jette beaucoup de vague et d'indécision dans les annales des arts. Cependant il seroit intéressant de restituer ces statues à leur véritable auteur ; car elles ne sont pas sans mérite. Je crois donc pouvoir les attribuer, et cela sans lui faire tort, à Ludovico Salvetti, élève de Pietro Tacca de Florence (2). Ce Salvetti avoit des talens trèsvariés; il travailloit aussi bien le stuc et le marbre que le bronze. Il restaura plusieurs statues antiques; il fut ensuite nommé ingénieur, et remplit cette place avec distinction. Spirituel,

(i) Pralili et Pacichelll ne le désigneut pas aulreiiier.t. (2) Oriandi Abeced", et Kaldinucci.

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galant et aimable en société, il étoit en outre grand chasseur , et il imitoit , en sifflant , le cri ou le chant de toutes sortes d'oiseaux.

23 octobre. — De Monopoli à Polignano , nous avons suivi les bords de la mer où l'on voit , de distance en distance , les tours de garde. Le pays est plus fertile que pittoresque ; il est planté d'oliviers et de vignes.

Polignano est une jolie petite ville cîont le nom grec indique qu'elle est construite sur une élévation (i). Les rochers qui la supportent sont percés d'immenses cavernes où les eaux de la mer s'introduisent, et où l'on peut se promener en bateau; on y descend de la ville par des escaliers taillés dans le roc. La population , qui ne s'élève pas à quatre mille âmes , compte un grand nombre de familles aisées ; les vivres y sont abondans ; les environs produisent du bon vin, des fruits; et son port, d'excellcns poissons.

Il n'y a pas long-temps qu'on a découvert; dans les environs, un tombeau qui dcvoit être celui d'un gastronome ; car on y a trouvé plus de soixante vases de différentes formes, dont quelques uns étoient d'une énorme grandeur ;

(i) Polignano pourroit aussi avoir pour élymologic les inoîs polis , viile , oupolu, beaucoup, et glanis , espèce de poisson; c'est-à-dire la ville abondante eu poissons.

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ils paroissoient destines à contenir des alimens et des boissons (i).

A peu de distance du rivage, on aperçoit recueil de Saint- Antoine, sur lequel existoit, du temps de la domination des Grecs , un célèbre monastère. On ne voit plus que les ruines de cette grande fabrique ainsi que de l'ancienne église , maintenant abandonnée. Enfin, à deux milles de la ville , se trouve l'abbaye de San-Yito, où les étrangers sont si bien reçus (2), et dont les jardins , ornés de bassins , de fontaines et de statues, servent de promenade auxhabitans de Polignano.

Mola où nous avons dîné , et qu'on nomme Mola di Bari^ pour la distinguer de Mola di Gaëia , située sur le chemin de Naples à Capoue, est un château bâti, par une colonie d'Athènes , sur une pointe avancée en mer. Les habitans, au nombre de huit mille quatre cents, n'ont rien conservé du bon goût et de la politesse de leurs ancêtres. Les rues sont étroites et obscures; plusieurs manufactures de savon et de cuirs contribuent à les rendre sales et infectes. Il y a aussi un bureau de douane et un entrepôt de sel. La tour da guardia-rnarina est

(i) Hamllton, Recueil de Grav. de Vases ant. , pub. à Naples en 1790.

(2) Suint-Non. ^'orage Piîtor.

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très-forte ; elle a été construite , il y a environ deux siècles, par le marquis de Poiignano, de la famille de Toraldo. Enfm, après avoir fait, dans la journée , près de trente milles sur un chemin assez plat , mais extrêmement pierreux et très-fatigant , nous sommes arrivés à Bari, l'une des villes les plus intéressantes de cette côte.

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Ville âe Bari ; son histoire. — Chemin royal. — Cnllure bien entendue. — Giovinazzo. — Bisceglia. — Maisons de païsans très - remarquables. — Trani, capitale de la province.

Bari , 24 octobre.

Chacune des petites villes que nous rencontrons sur notre route se vante, peut-être avec raison, de Fimportance que lui donnent ou son ancienneté, ou les faits historiques dont elle a été le théâtre. Les habitans ne manquent pas de raconter toutes les révolutions, les vicissitudes et les désastres dont ils ont conservé le souvenir; de nommer les empereurs, les rois, les évêques , en un mot les personnages importans dont ils ont eu à se louer ou à se plaindre, et surtout les grands hommes dont ils se gloriiient. Moins prolixes qu'eux, nous ne pouvons cependant passer sous silence les principaux traits historiques relatifs à ces villes , et qui se lient si intimement à Fhisioire générale du royaume. INous n'avons que l'embarras du choix dans nos matériaux, car il n'est pas de village

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qui ïi'ait ici son chroniqueur. Nous avons eu la patience de lire ou d'écouter les détails souvent fastidieux de ces longues histoires ; et le lecteur, en nous tenant compte de la peine que nous avons prise pour les abréger, nous saura peutêtre gré de lui en donner un extrait.

La ville de Bari , surtout , pouvoit fournir la matière d'un volume , qui n'auroit même pas été sans intérêt , puisqu'elle est l'une des plus antiques cités de la contrée , et que son nom est mêlé à tous les faits importans de l'histoire ancienne et moderne.

La fondation de Bari remonte aux temps fabuleux ; on prétend que cette ville , dont les anciens auteurs parlent souvent (i), portoit autrefois le nom de lapige, fds de Dédale, et son fondateur ; qu'elle devint la capitale de la province de lapigie , et s'appela ensuite Bari ^ de Barione, général des milices Peucéziennes dans la grande Grèce. Elle fut une de ces villes autonomes qui se gouvernoient par leurs propres lois, et qui nommoient leurs magistrats. A la mort d'Alexandre, roi d'Epire, les autres villes de laPuglia et de la Lucanie s'élant soumises au peuple romain, Bari suivit cet exemple. Piestée depuis fidèle à la république , elle conserva ses

(i) Pomponius Mêla, Ptolomée, Pline, Strabon, Horacç.

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privilèges, devint ville municipale, et, sous les premiers empereurs, elle ëtoit considérée comme Tune des plus importantes cités d'Italie.

Par la suite, elle tomba au pouvoir des ducs de Bénévent, qui la gardèrent jusqu'à l'arrivée des Lombards.

En 839, le repos dont elle jouissoit fut troublé par les démêlés d'Adelgisio et de Siconolfc. Ce dernier ayant appelé les Sarrasins à son aide, ils arrivèrent sur cette côte l'année suivante (i) ; reconnurent secrètement la place ; et le traître Pandon, qui en étoit gouverneur, leur en ayant ouvert les portes pendant la nuit, les habitans , sans défiance, passèrent du sommeil à la mort, ou du réveil à l'esclavage. Les Sarrasins se maintinrent environ trente ans dans le pays, y résidèrent avec leur prince ; et la Puglia , laLucanie et la Calabre ne cessèrent d'être infestées de leurs pirateries jusqu'en 870. A cette époque, l'empereur Louis II vint en Italie, s'empara de Bari, après un long siège, etles en chassa. Mais, craignant qu'après son départ ces barbares n'y rentrassent, il appela, en 886, les Grecs au secours des malheureux habitans de la Puglia. Les empereurs d'Orient y nommèrent un magistrat suprême avec le titre de catapan ou

1». ■ ■^l. -fc.— . .. , ■ ■-,,■ ■■- .— . ■ ,■■■--, — ^ ^■.— ■■ ., .-.r.

(i) EreiTiperl, nuni. 86; et Anl. Bealillo, Slor dl Ban.

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stratlco^ officier qui gouvernoit en leur nom. leurs possessions d'Italie.

Lors de la décadence de Fempire grec, cetLe contrée étant tombée au pouvoir des l>?ormands, Bari, à Texemple de plusieurs autres villes, se donna au comte Onfroy, qui, étant mort peu de temps après à Yenosa, laissa son héritage à son fds Abagelard, sous la tutelle de son oncle Robert Guiscard. Mais ce dernier, faisant valoir l'usage des princes normands dont l'hérédité passoit aux frères, au détriment des en fans , s'empara des Etats de Onfroy. Le neveu opprimé recourut à l'empereur Constantin qui nomma un nouveau calapan. Celui-ci s'empara de Bari, où Robert Guiscard le tint assiégé par mer et parterre, pendant quatre années entières. Enfui , les habitans , contraints par la famine et par les malheurs inséparables d'un long siège , se rendirent à Guiscard , par le conseil d'Argirizzo Joannaci, chef de leurs magistrats. Le vainqueur traita la ville avec douceur et humanité : il dédommagea même les habitans de toutes lespertes qu'ils avoient éprouvées , et partit peu de temps après, avec un bon nombre de troupes et une flotte de cinquante vaisseaux, accompagné des vœux et de la reconnoissance publique. Il courut à la conquête de Reggio et de Païenne qui gémissoient sous le joug des Africains, s'empara

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de CCS deux villes , et revint établir à Bari le siège de sa puissance.

Le roi Roger P% à l'exemple des princes normands, ses ancêtres, considérant cette ville comme la capitale de son royaume, voulut y être couronné en grande pompe, l'an ii3o, par l'anti-pape Anaclet dont il avoit embrassé le parti. Guillaume P"", dit le Mauvais, ayant succédé à Roger, les barons de la Puglia, et particulièrement les habitans de Bari, se révoltèrent (i). Le monarque implacable fit raser la ville en 1 155, et mettre à mort un grand nombre de nobles. A peine étoit-elle reconstruite, qu'elle fut encore ruinée par l'empereur Frédéric IL Enfm, rebâtie pour la troisième fois, dans le même lieu, elle devint beaucoup plus riche , et fut considérée comme l'une des plus importantes cités du pays, quoique depuis elle ait déchu de son rang de capitale , et qu'elle ne donne pas même aujourd'hui son nom à la pro- \ince (2).

Le duché de Bari ayant été réuni au royaume

(O Dgone Falcando, et la Chronique de Romualt.

(23 Sacco ( Diz. Geog. ) indique Trani comme la capitale de la province. Cependant celte partie de la côte se nomme Ter-a di Bari, comme celle qui s'avance vers le midi est désignée sous le nom àe^ Terra J' Otranio . quoique Lecc.e soit la capitale de cette «LTiiiere province. ( Voir la Carie de Ri/zi Zaniioni. )

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de Naplcs, les souverains le donnèrent à l'illustre famille de Caldara; ensuite à Louis Sforce de Milan, avec la principauté de Rossano, pour le récompenser d'avoir rétabli la maison d'Aragon sur le trône (i). Enfm, les droits sur cette ville passèrent, vers i55o, en la personne de Bonne, fille de la célèbre Isabelle d'Aragon, à la Pologne, qui la rendit après à la couronne des Deux-Siciles.

La mémoire de cette Bona , mariée à Sigismond-le- Grand , roi de Pologne , s'est conservée dans le pays. A la mort de son époux, elle s'étoit retirée à Bari, qui avoit également servi de retraite à sa mère. Bayle (2) prétend « qu'elle y » suivit en tout l'exemple d'Isabelle , et qu'après » avoir, suivant ses expressions, fait banqueroute » et de biens et de réputation , elle finit par y » mourir dans la misère et l'infamie. « Sans vouloir dissimuler les torts de cette princesse, et nous établir ses chevaliers, nous blâmerons Bayle d'avoir écouté et cru trop légèrement les malignes insinuations de quelques historiens. Bona étoit une femme d'un grand caractère (3) , et qui conserva , jusque dans ses

(i) Varillas ( liist. de Louis XII),

(2) Bayle, art. d'Isabelle d'Aragon.

(3) Bona, donna d' anima masch'w, che avuta sempre la mira ai bene e al dscoro del publico. ( Beatillo , Hist. di Bari. )

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désordres, une sorte de magnanimité et de grandeur. Bienfaitrice de la ville qui lui servit de retraite, elle la décora et Fenrichit des trésors qu'elle avoit apportés de la Pologne.

La duchesse Isabelle avoit commencé à augmenter, à embellir et à fortifier la ville de Bari qu'elle -vint habiter en i5oi. Elle voulut Tisolcr entièrement, en faisant couper l'isthme qui la lioit à la terre ferme ; et elle fit construire plusieurs ponts sur le canal rempli des eaux de la mer. Mais, obligée par les circonstances de retourner à Naples, où elle mourut en i522, ce grand ouvrage ne fut point terminé. Quarantesept ans après, et à la suite d'une forte tempête, les ponts furent emportés; le canal resta obstrué, et il se forma un petit lac qui conserve encore le nom de mer d'Isabelle.

Ce ne fut qu'en i554 , et à l'âge de soixantetreize ans, que Bona se retira dans sa principauté; et, quoiqu'elle n'y ait vécu que deux ans , au milieu d'une cour nombreuse et brillante , elle fortifia le château , comme on le voit par une inscription en grandes lettres de bronze fixées sur la corniche au pourtour du préau. Elle continua les travaux commencés par sa mère , bâtit plusieurs églises , et deux citernes pour recueillir les eaux dont manquaient les habitans. Sur la porte de l'un de ces

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établissemens utiles , on lit cette inscription :

BON A, REGINA POLONIAE , PRAEPARAVIT PISCINAS.

PAV PERES SITIENTES,

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