RÉSUMÉ SOMMAIRE
DES FAITS, INCIDENTS, ARTICLES OFFICIELS ET SEMI -OFFICIELS, NOTES ET DOCUMENTS DIVERS
Oui (• ralUchent aux alTairet d'Italie, du 1*' janvier au 50 avril 1SS9.|
Le 1*' janvier 1869, l’empereur Napoléon III adresse à M. de Hubner, à la réception du jour de l’an, aux Tuileries, les paroles suivantes : a Je regrette que nos relations avec votre gouvernea ment ne soient pas aussi bonnes que par le passé; mais je a vous prie de dire à l’emiiereur que mes sentiments personnels a pour lui ne sont pas changés. » Cette déclaration cause dans le monde diplomatique et dans toute l'Europe une émotion trés-vivc. Certes, les rapports de la cour de Fiance avec celle de Vienne n’étaient plus très-intimes depuis la signature du traité de Paris, et l’attitude prise par la France dans la question des Principautés danubiennes n'était point de nature à les adoucir. Mais la situation n’était pas assez tendue pour faire pressentir la guerre, et, à présent on n’en peut plus douter, la guerre est imminente; l’cmpcrcur des Français a fait connaître sa pensée et sa volonté, par une de ces explosions de feinte colère qu’employait son oncle lorsqu'il voulait parler aux peuples un langage net et décisif, à l’abri des interprétations subtiles de la diplomatie. La jM'nséc exprimée d'une façon si acerbe par Napoléon III n’était point, d'ailleurs, une inspiration .soudaine, depuis longtemps il l’avait mûrie; il voulait la faire connaître sans rélicence, et, bien qu’il ne crût pas à une crise immédiate,
il voulait plier à ses vues l’esprit de la France. Déjà, à Biarritz, l’année précédente, il avait formellement promis à M. le comte de Cavour, ministre des affaires étrangères du Piémont : « Dans « un an nous aurons le mariage et la guerre. »
On s’attendait généralement, après la réception du jour de Tan, à voir M. de Hubner réclamer ses passe-ports. Il n’en fut rien. L’Autriche apporta plus de prudence et de réserve dans ses décisions, et , pendant qu’en apparence les relations diplomatiques continuaient sur le même pied que par le passé, l’Autriche se mettait en mesure de résister aux menées révolutionnaires de la Sarlaigne. L'empereur François-Joseph réunit à Vienne ses généraux en conseil, et bientôt on connut le résultat des délibérations de cette Inute assemblée. 50,000 horanies de troupes nouvelles, bientôt suivis de corps plus nombreux, furent dirigés sur la Lombardie. Toutefois, l’empereur d’Autriche déclara en même temps que ces précautions n’avaient rien de relatif à un différend international.
Le 7, parut une note identique dans le Moniteur fran-^ çais, La secousse imprimée le P' janvier avait été trop vive, la France ne se montrait point favorable à l'idée d’affronter les hasards d’une guerre nouvelle. Il fallait y préparer les esprits par la marche, désormais sans frein possible, des événements, et, comme s'il y avait eu concert pour détruire par d’autres moyens l’effet des paroles atténuantes des organes officiels, le même jour parut la profeslation du Piémont contre le règlement par rAiitriche et les Étals riverains de la navigation du Danube. En même temps on apprenait par la voie de Bcr'.in la nouvelle des fiançailles dn prince Napoléon-Jérôme avec la princesse Clotildc de Savoie.
Le 10, eut lieu rouverUire solennelle de la session dn Parlement sarde. Dans le discours du trône, prononcé par le roi Victor-Emmanuel, on remarque ce paragraphe : « L’horizon « n’est pas serein, mais il faut attendre l'avenir avec résolu- « tion. Cet avenir sera heureux, car notre politique est basée « sur la justice, l'amour de la liberté et de la, patrie. Le Pié- « mont est un petit Étal, mais il est grand dans les conseils de € l’Europe par les principes qu’il représente et par les sym-
« pathic.s qu’il inspire. Tout en respectant les traités, il n’est « pas insensible avüc cris de douleur de l'Italie. Attendons « résolrtment les décrets de la Providence. »
L’Autriche répondit à cette provocation. Les {jarnisons lonnbardo-vénitienncs furent successivement renforcées : Trente, Trévise, Trieste, Venise, Padoue, Vérone, Brescia, Berpame, Sandrio, Monza, Milan, Lodi et Pavie reçurent des aceroBsements de troupes, et Tordre fut donné de ravitailler les forteres.ses.
Le 11, le roi de Naples gracie et exdc les condamnés politiques, dont la quasi-revolle à bord, Tevasion, le débarquement en Irlande, la réception en Angleterre et le retour en Italie ont fait tant de bruit. La brigade Raminp entre à Milan et une grande agitation se maiiifesle en Lombardie. Les persécutions du peuple contre les fumeurs de tabac de la régie continuent, et, cho.se étrange, les officiers autrichiens, qu’exaspèrent la prétention des Lombards de les priver du droit de fumer dans la rue, jettent leur cigare à la première sommation et évitent, par tous les moyens po.^sibles, de fiire naître le prétexte d’une collision entre la population et Tarméc. Cette condescend tnce redouble Tinsolenee du peuple.
Le ConstHutiotinel annonce, le H, le mari.age du prince Napoléon et constate les dissentiments entre la France et TAutriche sur la question serbe et sur Tcxécution de plusieurs articles relatifs au traité de Paris.
On annonce de Vienne, le 15, que le Piémont concentre un corps d’observation de 15,000 hommes à Novare, sur les frontières de Lombardie. Des mc.«ures de sûreté sont prises à Naples par décret du roi Ferdinand II, dans la prévision d’un mouvement révolutionnaire. Cependant le roi de Naples, par une sorte de condescendance aux désirs exprimés par la France et l’Angleterre, communique à Tempereur des Français, en dehors de tous les usages usités en pareil cas, la liste des commutations de peines qu'il vient d’accorder.
T.e prince Napoléon fait son entrée à Turin, le 16.
Le 18, parait un article rassurant du Coustitutionnel sur la situation, et l’Autriche renonce à intervenir en Servie.
La Gazette de Milan publie, le 19, uu article ayant pour objet de calmer les Lombards, menacés de l’application d'un système de terreur par la Gazelle autrichienne. On apprend que le prince Coiiza a été élu à lassy, le 17 janvier.
Le 20, adresse patriotique de la Chambre sarde, en réponse au discours du trône. Confirmation de la maladie du roi de Staples, connue déjà depuis quelque temps.
On apprend, le 25, que la demande officielle, faite par le général Niel, à Turin, de la main de la princesse Clotilde de Savoie pour le prince Napoléon est agréée. — Fausse nouvelle de la mort du roi de Naples.
Le Moniteur français annonce, le 24, le mariage prochain du prince Napoléon et déclare injui ieu.se la supposition que ce mariage aurait été la condition d'un traité d’alliance offensive et défensive avec la Sardaigne. — Entrevue de l'empereur d’Aul riche avec les délégués de la Banque de Vienne. Il les rassure sur la situation.
La signature du contrai de mariage du prince Napoléon a lieu le 29. — Même jour,clôtiire de la session de l'Assemblée fédérale suisse. Le président prononce à cette occasion un discours dans lequel on remarque ce pa$.sage :
« Gardons notre indépendance comme peuple uni sans of- « fenser les Elats voisins. »
Célébration du mariage du (irincc Napoléon, le 50; fêles à Turin et arrivée des nouveaux époux à Gènes.
L’Autriche interdit l'exportation des chevaux par plusieurs frontières et notamment par celle du sud. L'exportation par d’autres frontières est soumi.<c à des autorisations spéciales. La division Renaud est raj)pilée d'Algérie pour augmenter les forces concentrées à Lyon (51 j.invier).
Voyons maintenant ce qui se passe en février. Le Moniteur français publie, le piemier, le mariage du prince Napoléon. De grandes fêles ont lieu à Gênes, pour célébrer celte union; les époux arrivent à Marseille par la Reine JJortense. Le gouvernement anglais envoie à Vienne i.ne note assez vive, et le fl wea contient la nouvelle d'une demande collective pour évacuer les Légations.
Le mariage du fils atné du roi de Naples a lieu le 3. La reine Victoria ouvre la session du Parlement anglais. Dans son discours on remarque ces lignes : « Maintenir inviolable la foi « des traités et contribuer, dans la limite de mon influence, au « maintien de la paix générale, lel; sont les objets de ma con- « stante sollicitude. » — Entrée à Paris du prince Napoléon et de la princesse Clotilde.
M. de Cavour adresse une circulaire aux agents sardes sur le projet d’emprunt militaire de cinquante millions, en Piémont.
A Paris, publication de la brocbiire Napoléon III et Vltnlie^ tendant à démontrer l’instabilllé des traités, l'impossibilité du maintien du statu qno en Italie, et qui conclut à la création d’une Confédération italienne.
En Angleterre, discussion de l’adresse dans les deux Chambres. Lord Derby déclare qu’il a l’assurance que la France ne soutiendrait pas le Piémont dans une guerre agressive. M, Disraeli rassure le Parlement, et lord Palmerston nie que la guerre, diU-elîc éclater, piH avoir pour résultat la [lerte pour l’Autriche de ses possessions en Italie (3).
Les troupes autrichiennes se concentrent sur l’Adda et le Tessin. Note de M. de BuoI aux cours d’Allemagne pour connaître leurs dispositions en cas de guerre. Election du prince Couza en Valachie (5).
Ouverturedu Corpsiégîslatif à Paris. Discours de l’empereur. Il est tout politique. L’empereur espère que la paix ne sera pas troublée, mais il constate l’état anormal de ritalie et dit que M l’intérêt de la France est partout où il y a une cause juste et « civilisatrice à faire prévaloir. » La Correspondance autri~ chienne y']0\xrïïd\ officiel, se déclare satisfaite de ce discours (7).
Le Hanovre rappelle ses soldats en congé. Interdiction de sortie des chevaux soulevée à Wiesbaden; le Nassau la fait proposer à la Diète. Vote de l’emprunt en Piémont, après le discours de M. de Cavour, par 116 voix contre 35. « Notre «< politique, a dit le ministre, a été conséquente en tout temps ; a elle a toujours été italienne et nationale, mais jamais révo- « lutionnaire.
'I Les cris de douleur de Naples et de Bologne arrivent en- « core sur les bords de la Tamise, quand les pleurs et les gé- ( missemenls de Milan sont interceptés aux Alpes par les « Autrichiens.
« Notre politique n'est pas provocatrice, nous n'excitorons « pas à la guerre, mais nous n’abaisserons pas la voiv quand « l’Autriche arme et menace. »
Le discours de M. de Moiny, président du Corps législatif, a plus de succès à Paris que le discours de l’empereur. La Bourse hausse et la confiance publique se relève. On remarque surtout dans ce discours le passage suivant ;
« La religion, la philosophie, la civilisation, le crédit, le « travail ont fait de la paix le premier bien des sociétés mo- « dernes. Le sang des peuples ne se répand plus légèrement; « la guerre est le dernier recours du droit méconnu ou de a l’homme offensé. La plupart des difficultés s’aplanissent par « la diplomatie ou se résolvent par des arbitrages pacifiques.
« Les communications internationales si rapides, la publi- « cité ont créé une puissance européenue nouvelle avec « laquelle tous les gouvernements sont forcés de compter. « Cette puissance, c’est l’opinion. Elle peut être un moment « indécise ou égarée, mais elle finit toujours par se placer du a côté de la justice, du bon droit et de l’humanité (9j. »
Emprunt anglais de 17Î1 millions, pour l'Inde, proposé au Parlement anglais (Id).
Circulaire prussienne auV gouvernements allemands dans un sens pacificateur (lo).
Le Moniteur français annonce la réunion prochaine de la Conférence sur les élections des Principautés. Loi qui interdit en Piémont la sortie des fourrages pour la Lombardie. La seconde Chambre du Hanovre vote une motion qui engage le gouvernement à défendre énergiquement les droits nationaux allemands (15).
Voyagea Londres de lord Cowloy, ambassadeur d’Angleterre à Paris. Beaucoup de volontaires italiens se rendent en Piémont. Les Autrichiens continuent d'augmenter leurs forces en Lombardie (20).
Le gouvernement pontifical réclame l’évacuation- de son territoire par les Français et les Autrichiens (22).
Lord Cowiey est envoyé à Vienne (23).
Le Times reçoit par son correspondant de Vienne la nouvelle que le comte de Btiol croit à la paix et l’empereur François-Joseph à la guerre. Ce dissentiment expliquera plus tard la retraite du comte de Buol. L’Allemagne commence à s’inquiéter; nombreux commentaires sur la mission de lord Cowiey (24).
Sir Pakington propose une augmentation de vingt-six navires et de 3,000 marins pour la marine anglaise. Interpellation de lord Palmerston à M. Disraeli. Explication ra.ssurante de M. Disraeli. — L’Autriche rappelle les soldats italiens en congé (25).
Les Autrichiens accélèrent leurs armements. L’Autriche projette un emprunt de cent cinquante millions. La maison Rothschild s’en charge (26).
Présentation du biil de réforme en Angleterre. Audience accordée à Vienne, par l’empereur, à lord Cowiey. Annonce de légei's troubles à Milan.
On annonce de Vienne le prochain départ de lord Cowiey et l’échec de sa mission (t" mars).
"Le Moniteur nnimrsel déclare que la nouvelle de l’évacuation des États romains, donnée par le Constitvtiofinei, est prématurée. La Gazette de annonce qu’aussitôt qu’on
aura reçu à Vienne la demande officielle du Pape, la Romagne sera évacuée. Article rassurant du Moniteur français; le gouvernement nie tout préparatif de guerre, et, parlant des questions à résoudre, dit : « Au reste, l’examen de ces ques- < tions est entré dans la voie diplomatique, et rien n’autorise à « croire que l'issue n’en sera pas favorable à la consolidation O de la paix publique. » Forte hausse à la Bourse (4).
Hausse très-forte à la Bourse de Vienne. La confiance renaît. — Signature à ViennCj par les Etats intéressés, d'un article additionnel à la convention de navigation du Danube (5).
Démission du prince Napoléon du ministère de l'Algérie. On croit y voir une concession pacifique. Le Constitutionnel
affaiblit, dans un article semi-officiel, l’effet de l’article du Moniteur. — Partout on s’occupe, en Allemagne, de l’interdiction de sortie des chevaux. — Article de la Gazette de tienne sur les traités spéciaux avec Parme, Modène et Naples. Il y est dit : « L’Autriche défend par ces traités, outre son propre empire, « les hases de l’indépendance et de la liberté de la famille des « Etats européens. » — On croit, à Londres, au succès de la mission de lord Cowley (8). .
Appel des contingents de l’armée sarde. — Lord Cowley quitte Vienne (9).
Note de l’Angleterre à la Sardaigne pour en obtenir une déclaration pacifique. — Article du Moniteur français., écrit en vue de ramener l’Allemagne défiante et inquiète, et de protester du respect de l’empereur pour l’indépendance germanique. Eloge de la situation de la Prusse (14).
Le Moniteur français annonce la nomination de dix eénéraux et de treize colonels. — Les troupes .sardes quittent la Savoie, ofi l’on fait de grands approvisionnements et où Ton prépare des logements pour toute une armée. On annonce que le gouvernement a conclu une convention avec le chemin de fer Victor-Emmanuel, pour de grands transports de troupes et de matériel. * — La Chambre bavaroise vote des crédits militaires. — Le pape déclare au Consistoire qu’il n'a pas demandé l'évacuation immédiate de ses Etals par les troupes étrangères. - — La Suisse, fout en déclarant sa neutralité, laisse entendre qu’elle ne .s’ofq)osera paS au passage éventuel des Français sur le territoire neutralisé de la Savoie. — La Ru.ssie défend, ainsi que l’a fait l’Allemagne, l’exportation des chevaux. Elle se montre peu favorable à l’Autriche (IG).
Note importante de M. de Cavour en réponse à la note anglaise du 14. Énumération des griefs du Piémont, qui prétend rester armé. — Une dépêche pre.ssante de Rome demande l’évacuation immédiate de cette ville par les Français. Cette dépêche révèle les embarras du Saint-Père. — Les Autrichiens minent le pont de Buffalora (17).
Le Th?ies annonce que la paix sera maintenue. — Le Spec~ tator, de Londres, parle le premier d’une proposition de la
Russie de réunir en un Congrès les puissances. Celte nouvelle ne trouve aucun crédit (18).
La nouvelle du Spectator est confirmée par le Moniteur françaÎH, qui annonce Tadhésion de la France à un Congrès. Voici le texte officiel : « La Russie a propo.sé la réunion d’un « Congrès en vue de prévenir les complications que l’état de « rilalie pourrait faire surgir et qui seraient de nature à trou- « hier le repos de l’Europe. Ce Congrès, composé des plénipo- « tentiaires de la France, de l’Autriche, de l’Angleterre, de la « Prusse et de la Russie, se réunirait dans une ville neutre. Le « gouvernement de l’empereur a adhéré à la proposition. Les « cabinets de Lo.adres, de Vienne et de Berlin n’ont pas encore « répondu officiellement (2^i). »
Quatre grandes frégates quittent Toulon pour aller chercher des troupes en Algérie. — L’Angleterre et la Prusse adhèrent au Congrès (23).
Napoléon III appelle M. de Cavour à Paris. — Le Moniteur annonce que l’Autriche adhère au Congrès. — Rivalité de diverses villes pour le Congrès (24).
La Diète de Francfort vote des crédits pour l’artillerie et les forteresses fédérales. — L’Angleterre désigne ses plénipotentiaires au Congrès. — On choisit Mannheim pour la réunion (26).
On agite la question de l’admission de la Sardaigne au Congrès. Elle est crue certaine. — Le Congrès se tiendra à Baden- Baden. — Agitation en Toscane. Le marquis Lajatico prie le grand-duc de s’allier au Piémont. — L’Autriche arme Plaisance (27).
Explication de lord Malmesbury à la Chambre des lords sur la situation politique. Il garantit presque la paix et il annonce que le Congrès se réunira à la fin d avril. Article de VOst- Deutsche Post qui dit que jamais TAutriche ne consentira à l’entrée de la Sardaigne au Congrès (28).
Le Journal //e Üre$de garantit l’accord des puissances sur le programme du Congrès (31).
L’empereur François-Joseph tient des conseils de guerre. Les délibérations portent sur une campagne en Italie et sur le
Rhin. — Les ministres s’occupent de négociations relatives à la position des Etats italiens au Congrès. — La Gazette autrichienne àiichre nettement * qu’il faut renoncera voir s’asseoir c l’Autriche à la table verte, si l’on persiste à demander l’ad- < mission de la Sardaigne. > — Publication, par le Moming- HeraiJ, des documents relatifs à l’abandon de la Lombardie, proposée par l’Autriche en 1848. — Souscription italienne pour les volontaires. — Garibaldi est nommé général-major en Piémont.— Retour de M. le comte Cavour à Turin (l" avi il).
L'inquiétude s’accroît. Des doutes naissent sur la probabilité de la réunion du Congiès. — Le roi de Naples s’affaiblit. — Le marquis d’Azejlio est nommé ambassadeur à Paris, etM. de Villamarina est rappelé. — Dépêche de Berlin^ annonçant l’acceptation de quatre bases préliminaires pour le Congrès. — On commence à nommer les plénipotentiaires qui y doivent prendre part. — Rome fait des réserves au sujet du Congrès et de son ingérence dans les affaires intérieures des Étals italiens.—- Les médecins déclarent incurable la maladie du roi de Naples (6).
Ordre du jour violent du général Ciulay, déclaré plus tard apocryphe. — Première réunion de la conférence pour les Principauté.? (7).
Nouveaux mouvements militaires en Lombardie. Les chemins de fer sont encombrés de matériel et de troupes. — L’Autriche déclare qu’elle respectera la neutralité suisfc, aussi longtemps que la Suis.ve restera réellement neutre (8).
L’amba.ssadeur anglais, à Turin, est appelé à Londres. — Le Times annonce que l’Autriche envoie 180,000 hommes en Italie et rappelle les réseï ves de toutes les armées sous les drapeaux.— La France rassemble 250,000 hommes de la Méditerranée à Lyon, le long des frontières. — Le bruit se répand que l’Autriche demande le désarmement du Piémont avant le Congrès.— Article du Moniteur qui rassure l’AI'cmagne et menace l'Autriche (9).
Article inquiétant du Times qui fait entrevoir la guerre avant le Congrès. — La Gazette de Prusse annonce que la Prusse essaye une nouvelle tentative de conciliation (11).
L’Angleterre prend des précautions militaires dans les lies
de la Manche. — Il est question d’un désarmement général (1o).
Publication par le Time» de deux docnmenls diplomatiques importants. Le premier est la réponse de l'Autriche sur son adhésion au Congrès, qu’elle n’accepte que sur les bases du protocole d’Aix-la-Chapelle, du 15 novembre 1818. Le second, note de M.de Biiol à lord Loftus, énumère les quatre points formulés par le cabinet de Saint-James, et que l'Autriche modifie ainsi : 1“ le Congrès recherchera le moyen de réduire lePiémont à l'accomplissement de ses devoirs internationaux et les mesures propres à éviter le retour des complications actuelles; 2” les détails de l’évacuation des États romains dépendront des puissances intéressées; 5" la validité des traités autrichiens avec les États italiens ne pourra être mise en question, l’Autricbe les communiquera si les autres puissances produisent leurs traités analogues; 4“ il ne sera touché ni aux traités de 1815 ni à ceux qui ont été conclus en exécution de ces traités. L’Autriche ajoute : 5° on s’entendra sur le désarmement simultané des grandes puissances. — Deuxième séance de la conférence des Principautés.— Seconde faus.se nouvelle de la mort du roi de Naples à la Bourse de Paris. — Appel sous les drapeaux du premier ban de la landwehr wurlembergeoise. — Publication des quatre points primitif formulés par l'Angleterre pour les délibérations du Congrès ; 1“ moyen d’assurer le maintien de la paix entre l'Autriche et la Sardaigne; 2“ évacuation des Etats romains par les corps d'occupation étrangers, et élude des réformes à introduire dans les Etats italiens; 5° une combinaison sera proposée pour remplacer les traités .spéciaux entre rAiilriche et les Ela's italiens ; 4“ les arrangements territoriaux et les traités de 1815 ne seront pas touchés.— Le Journal de Drexde annonce la réunion du Congrèsà Carlsruhe pour le 23 avril (14).
On attend, à Vienne, la réponse de la France à la projmsition d’un désarmement générai (15).
1,200 volontaires toscans arrivent à Gènes. — Conférence des souverains de l’Allemagne méridionale à Darmstadt (IG).
Mission autrichienne du comte Caroly à Saint-Pétersbourg (17).
Discussion sur la crise au Parlement anglais. — Discours remarquable de lord Derby. Il pressent la guerre générale, et menace indirectement la France tout en déclarant la neutralité provisoire de l’Angleterre. — Discours de M. Disraeli. Débats intéressants. — Article du Monilmr français >ur le même sujet. Il réclame l'admission de la Sardaigne et des États italiens au Congrès sur les bases des conférences de Troppau en 1820. L'article est rassurant en apparence, mais on le cnn^idérccQmmc un ultimatum poli et l'on en conclut que !a gurere ( st proche, l'Autriche ajant déclaré qu’elle repoussait l'admission de la Sardaigne (18).
Propositions définitives de l'Angleterre. Ré-umé : 1° désarmement général. et simultané; 2* exécution de la mesure par une commission de six membres, dont un sarde; 5" réunion du Congrès dès que le désarmement aurait commencé ; 4° admission au Congrès de tous les États italiens, .selon les précédents du Congrès de Tioppau. Les quatre | uis>ances adhérent à cette propo.'ition, qui est une sorte d'ultimatum à l'Autriche. — Le même jour, l’Autriche envoie .son ultimatum au Piémont : elle commande un désarmeinmt immédiat, sous menace de guerre. Cet uliimatum n’est remis à Turin que le 2Ô avril, à 5 heures 30 minutes de relevée (20).
On lit dans le Moniteur .- « L’Autriche n'a pas adhéré aux € propositions faites par l'Angleterre et accepté, s par la France, € la Russie et la Pru>se. En outre, il paraîtrait que le cabinet c de Vienne a résolu d’adresser directement une cnmmunica-
< lion au cabinet de Turin pour obtenir le déarmement de la € Sardaigne. En présence de ces faits, l’empereur a ordonné la
< comentralion de plusieurs divisions sur la frontière du Piéc mont (21). >
Le Monitntr français annonce l’ultimatum autrichien et dit qu’il a été transmis à Turin par un aide de camp du général Giulay, qui a attendu trois Jours la réponse, et il ajoute que l’Angleterre et la Russie ont protesté contre cette conduite. — Suit cette note : « L’empereur a réparti ainsi qu’il suit les divers •> commandements de ses troupes : S. Exc. le maréchal Magnan « commande l’armée de Paris, quartier général Paris; S. Exc.
c le maréchal Pélissier, duc de Malakoff, l'armée d’observation, < quartier général à Nancy; S. Exc. le maréchal comte de Cas- € tellane, l’armée de Lyon ; S. Exc. le maréchal Baraguey-d’Hil- « liers, le 1" corps de l'armée des Alpes; le général de division, “ cemle de Mac-Mahon, le 2* corps; S. Exc. le maréchal Canro- « bert, le 3* corps; le général de division Niel, aide de camp de « l’empereur, le 4* corps; S. A. I. le prince Napoléon aura le t commandement d'un corps .séparé; S. Exc. le maréchal Ran- « don est nommé major général de l’armée des Alpes (22). »
Formation de l'armée active du Piémont ; elle se compose de cinq division d’infanterie et d'une de cavalerie. — Vote d’une loi donnant au roi Victor-Emmanuel tous les pouvoirs de l’État. — Les troupes autrichiennes se massent au Tessin. — Le général Ferrari, des troupes toscanes; donne sa démission (23).
Le Moniteur frnnnaîi annonce la protestation de la Prusse contre l’ultimatiun autrichien. — La garde impériale est mise sur le pied de guerre. — Démarche suprême de l’Angleterre pour empêcher la déclaration de guerre. Elle consiste dans la médiation de l’Angleterre .seule, au point où lord Cowley avait laissé à Vienne les négociations, sous condition de désarmement immédiat, ab.solii, de la France, de l’Autriche et du Piémont, ou de l'in iction de leurs armées pendant la négociation. Cette proposition est prise en considération à Vienne (24).
Lord Derby l annonce au banquet du lord-maire. — L'ordre est donné de Vienne au général Giulay de suspendre tout mouvement en avant. — Le Piémont demande officiellement le secours de la France (25).
L’Autriche «ccepte la médiation de l’Angleterre. — Refus du Piémont de souscrire à l'ultimatum. L'aide de c.imp du général Giulay reçoit cette réponse à cinq heures, quitte Turin à six heures du sior. — La (inzette iinfionn^'c de Berlin annonce qu’un traité offensif et défensif lie la France et la Russie. — Le bruit se répand que la Russie fait des armements. — Exposé fait au Corps législatif, par M. le comte Walewski, de l’état de la question italienne. — Lois relatives à une levée
de 140,000 hommes et à un emprunt de 500 millions. — Les Français franchissent les Alpes et entrent aussi en Piémont par Gènes (26).
Le roi Victor Emmanuel sc met à la tête de son armée. — Le prince de Carignan est nommé régent. —• Révolution à Florence. Départ du grand-duc. Gouvernement provisoire. Le roi de Piémont est nommé dictateur (27).
La France refuse d’accepter la médiation de rAngleterre.
— Le Constitutionnel dément le traité franco-russe (28;. L’Autriche déclare la guerre au Piémont. Celte déclaration
est annoncée par rempereiir dans un manifeste à ses peuples.
— Le jour même, les Autrichiens franchissent le Tessin et passent le lac Majeur. — Proclamation du roi Victor-Emmanuel à la nation ; il annonce la guerre de l'indépendance italienne (29).
Les Autrichiens occupent Verceil. — Le roi de Piémont visite avec les généraux Niel et Canrobert la ligne de la Doire- Ballée, qui devient la ligne de défense du royaume. — Les Autrichiens occupent la province de Verceil et toute la Lomelline.