‹ Lettres sur la création terrestre, ou exposé sous forme familière Des principaux faits relatifs à la constitution général du Globe et A L'économie de la nature par le dr. De FilippiChapitre 21 sur 48 · I.ETTRF.S · texte numérisé non relu

I.ETTRF.S

fondit en une doctrine nouvelle et plus juste.

IV. L’absence d’os humains et de restes de l’industrie humaine dans les couches pleines de débris organiques analogues mais non identiques aux êtres qui vivent aujourd’hui , nous empêche d’attribuer la destruction , l’ensevelissement des êtres auxquels ces résidus appartiennent, — au déluge envoyé par Dieu pour punir la race humaine. Les êtres dont il nous est encore donné de contempler les dépouilles fossiles sont dits antédiluviens , par cela seulement qu’ils sont antérieurs au déluge de Noé : et on pourrait aussi les dire pnéadamitiques, parce qu’ils sont antérieurs à Adam, au premier homme; — antérieurs aux jours de la création racontés par Moïse.

La face de la terre fut renouvelée non par un seul déluge , mais par plusieurs , avant d’être habitée par l’homme. A ce point, ton esprit s’arrête tremblant et combattu entre ces assertions si hasardées de la science profane et les croyances si vénérées depuis ton enfance. Voici une circonstance opportune, ma chère enfant, pour méditer un instant sur les vicissitudes auxquelles, hélas! notre raison n’est que trop Soumise. Cette raison' fut cependant donnée à l’hommê pour qu’elle lui servît de guide dans la contemplation du vrai i mais

l’homme, qui tantôt défiant n’ose. pas, tantôt emporté et superbe abuse de ce divin héritage, est trop souvent entraîné à de longues hésitations entre des erreurs opposées, avant de saisir enfin la vérité. Ainsi il en advint des premières découvertes de la science géologique.

Un zèle certainement louable, puisqu’il était animé par l’ardeur de la foi, mais non suffisamment éclairé , fit repousser, dès leur première apparition, ces données de la science qui ne semblaient pas en pleine concordance avec le seus littéral de la Génèse; tandis que, entraîné par l'extrême opfiosé, l’esprit, enorgueilli de ses découvertes, les retourna avec une aveugle hostilité contre les écritures sacrées, contre la révélation, contre les traditions les plus anciennes et les plus respectées. Est-il nécessaire de dire combien les esprits prévenus s’éeartèrënt de la vérité! Ceux-là, n’admettant qu’un déluge, — le déluge historique et traditionnel de Isoé, — allèrent jusqu’à attribuer à lui seul l'ensevelissement de tant de générations d’animaux et de plantes dans les couches du globe, — jusqu’à supposer dans la nature particulière des os humains la fossilisation qui nous manque.

Ceux-ci, ôtant tout frein à leur fureur destructive, dans la crainte puérile et impie d’une preuve quelconque du déluge, nièrent jusqu’à

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l’existence réelle de coquilles marines dans les couches des montagnes; — et quant à celles qui s'ofiraient à leurs propres yeux, ils en firent compte comme de coquilles tombées là par hasard du manteau des pèlerins.

J’ai choisi à dessein ces exemples des aberrations extrêmes de l’esprit humain,.— que l’histoire ne devrait pas avoir enregistrées en vain., — et qui ne purent rien contre le cours tranquille et tout puissant de la vérité. Nonseulement Dieu a parlé à l’homme directement, de sa voix, dans la révélation, mais il lui a concédé, il lui a imposé, de méditer les pages sublimes de ses.œuvres. Maintenant les hommes — même les plus timorés et les plus croyants — accordent la plus grande confiance aux découvertes de la géologie, et reconnaissent que l’histoire de la création exposée dans les livres de Moïse commence seulement à la dernière époque de l’histoire de notre planète , — à l’époque de l'homme, et que dans les seules paroles : — « Au commencement Dieu créa le ciel et la terre » se trouve abrégée l’histoire des époques antérieures. fc

Ce n’est pas mon intention ni mon but de te guider à travers le cours séculaire de ces âges éloignés que nous appelons époques géologie ques, pendant lesquelles tant de générations.

si différentes des générations actuelles , peuplèrent notre globe et le préparèrent enfin au séjour de cette seule créature que Dieu a voulu faire à son image et à sa ressemblance. Je me contente de t’avoir exposé les principes si divers, mais si connexes entre eux, qui nous servent de guide pour retrouver et évaluer les documents de l’histoire de notre globe , gravées dans les couches de son écorce.

V. Ces couches qui ont en elles tant de signification, et qui, superposées les unes aux autres, constituent des dépôts de dimensions énormes, — presque incommensurables par rapport à nos œuvres et selon notre manière habituelle déjuger, — comparés au contraire avec les dimensions du sphéroïde terrestre, n’y forment qu’une enveloppe brisée et très-mince.

Afin de mieux fixer dans ton esprit l’idée des proportions des différentes parties de ce sphéroïde, j’abaisserai cette grandiose image à une mesquine comparaison, me servant d’une chose très-vulgaire — une orange. Ce fruit coupé par le milieu, la pulpe juteuse qui le forme presque en entier, te représentera la masse encore en fusion dans l’intérieur du globe ; l’épaisseur de son écorce te figurera proportionnellement celle de la partie corticale solidifiée do la terre; les aspérités de l’écorce correspondront aux mon-

tagnes; — et si tu veux te représenter aussi l'importance matérielle des dépôts de sédiment, et te persuader qu’ils n’ont pas sensiblement grossi la partie corticale de la terre, tu- n’as qu’à coller sur l’écorce de l’orange de simples morceau de papier, dont l’épaisseur serait à à celui de l’écorce et au rayon du fruit comme l’épaisseur des sédiments à la superficie du globe est à celle de sa primitive partie corticale et au rayon terrestre..

Le feu et l’eau ont donc agi concurremment pour préparer l’état actuèl de la superficie terrestre. Je destine les deux lettres suivantes à te rendre moins incomplète l’idée de leur mode d’action. ^Par les phénomènes qui arrivent toujours sous nos yeux , tu pourras conclure de ceux qui, — en extension beaucoup plus con- sidérable , — eurent lieu dans les périodes géologiques. *

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