‹ Lettres sur la création terrestre, ou exposé sous forme familière Des principaux faits relatifs à la constitution général du Globe et A L'économie de la nature par le dr. De FilippiChapitre 24 sur 48 · I. F.TTRF.S · texte numérisé non relu

I. F.TTRF.S

Mais voici une chose plus singulière : dès les premières années de ce siècle, un changement inverse recommença et continue toujours^

Le pavé du temple de Sérapis, qui en 1808 restait à sec la plus grande partie de l’année , ne l’est jamais à présent. On dut construire à un niveau plus élevé une route qui côtoyait alors le bord delà mer. Un terrain de peu d’étendue désigné sous le nom de la Table, parce que les. pêcheurs avaient l’habitude d’y venir se reposer à l’heure de leur repas, est maintenantsubmèrgé. Les moines les plus vieux retirés dans un couvent près de la plage, se souviennent encore que dans les années de leur jeunesse un chemin passait entre le couvent et la mer, tandis qu’à présent l’étage inférieur de ce même mon as.? . 1ère est souvent inondé» >.

Ici se présente une importante -question. , ■ .

Est-ce la mer qui change de niveau ou bien est- ce la terre? La première opinion te semblera peut-être la plus naturelle, et elle trouva en effet des partisans parmi des savants de beaucoup de mérite. Si l’on se met à considérée * sur toute son extension la surface libre de la mer supposée parfaitement tranquille, on y pourra effectivement signaler quelques inégalités, de manière que les différents points de cette surface placés sur une même parallèle.

ou sur un même méridien , ne se montrent pas tous précisément à une égale distance du centre de la terre. Mais entre des limites restreintes, comme je te l’ai fait remarquer dans une lettre précédente, ces inégalités sont imperceptibles : toute surface d’eau en repos, considérée dans certaines limites, peut être tenue pour un plan parfaitement horizontal. Or, à peu de distance au septentrion et au midi de Pouzzoles , on a plusieurs preuves , — nonseulement que le niveau relatif de la terre et de la mer est resté stationnaire, — mais bien aussi que le terrain s’ost abaissé, quand, au contraire, celui sur lequel est bâti le temple de Sérapis suivait un mouvement opposé. A 13aja, près du temple de Vénus, la mer recouvre les ruines d’anciens édifices; à Nisida, on a découvert, à une certaine profondeur sous l’eau, une colonne, — de celles dont les Romains avaient coutume de se servir pour attacher leurs navires : — il est évident maintenant que dans un espace si limité le niveau de la mer ne pourrait présenter de si énormes inégalités. C'est donc la terre elle- même, quoiqu’elle nous paraisse enchaînée à une perpétuelle immobilité, qui dans quelques lieux, par des mouvements lents et gradués, s’élève sur le niveau de la mer, tandis que dans d’autres elle s'abaisse.

LETTRES

Ces mouvements sont certainement de nature différente des mouvements soudains et violents causés par les forces volcaniques- Leur véritable cause n’est pas. encore bien rigoureusement déterminée; cependant l'opinion nous semble très-probable de ceux qui la recherchent dans l’inégale distribution du caloriquesouterrain, ou dansl’inégale facilité avec laquelle les diverses roches qui. forment l’écorce terres-; tre livrent passage à ce calorique, et, par consér quent aussi, dans l’inégale dilatation des roches elles-mêmes. On peut donc conclure de là que si la terre se trouvait réduite à une. température égale et homogène dans-toutes ses parties, son écorce demeurerait en parfaite immobilité.

VII. Ainsi, tu apprendras désormais sans surprise que ceux qui font de la structure, de la planète que nous habitons le principal objet de leurs observations et qui lisent dans les couches de son écorce les vicissitudes quelle a subies durant le long cours des siècles, retrouvent les témoignages, non-seulement des grands bouleversements causés par les émersions de montagnes, mais aussi des soulèvements et des abaissements suvenus par ce môme procédé, — quoique alors sur une extension beaucoup plus grande, — et dont aujourd’hui, nous avons euoore une preuve si

évidente dans le temple de Sérapis et sur lès côtes de la Scandinavie. Non-seulement dans les différentes époques géologiques eurent lieu de grands changements de niveau, — par lesquels de vastes étendues de terrains couchées horizontalement à une époque s’élevaient audessus du niveau de l’Océan primitif, et à une autre époque se submergeaient pour reparaître de nouveau à sec; — mais ces changements eurent lieu aussi dans le courant d’une môme époque, et nous nous en assurons, en voyant intercalés des sédiments d’eau douce aux sédiments marins dans les terrains déposés à une môme période géologique.

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