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tissus, tant que la plante n’est pas à même de tirer ses éléments nutritifs de l’air et du terrain. Ordinairement ces feuilles abondent en fécule unie à une certaine quantité de protoplasme, qui pourra à son temps convertir la fécule insoluble et renfermée dans ses cellules en dextrine dissoute et entraînée dans la circulation. Cette combinaison de principes dans le tissu des cotylédons t’explique la raison pour laquelle beaucoup d’animaux, et l’homme lui-même, trouvent dans les graines de diverses plantes, — comme des céréales (froment, seigle, orge) et des légumineuses (haricots, pois, fèves), leur principal aliment. Dans la figure ci jointe qui reprérente une amande (fig. 21) tu vois ;
Fig. il
En P, la gemmule ; En R, la radicule,*
En C, un cotylédon, l’autre étant suposé détaché. • •
VI. Toutefois il y a des plantes qui ne portent jamais de fleurs et par conséquent ne donnent jamais de vraies graines : ces plantes sont nombreuses, très-variées, quoiqu’un petit nombre d’entre elles soient assez apparentes pour tomber sous l’observation commune. La plus grande partie, en effet, ne se présente à l’œil nu que sous forme de taches, de duvets, de croûtes, de globules, de filets très-minces; et elles ne laissent reconnaître leur vraie nature qu’à l’aide du microscope. Tu*connais sans doute les fougères qui croissent spontanément et en grand nombre parmites broussailles, dans les terrains incultes; eh bien, elles appartiennent précisément à cette classe de plantes, ainsi que les mousses, les* lichens, les champignons, les moisissures, et à cette multitude infinie de végétaux aquatiques qui prennent le nom collectif d’algues. Si ces plantes manquent defleurs , — c’est-à-dire d’organes composés essentiellement d’étamines et do pistils, — si elles ne produisent jamais de vraies graines, cela ne signifie pas qu'elles soient dépourvues de la faculté de se multiplier, par la reproduction des corpuscules particuliers, destinés à se transformer en embryon ; seulement ces corpuscules
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— qu’on peut appeler avec raison les' séminules de ces plantes-là, — sont d’une extrême petitesse et se réduisent à une très simple vésicule microscopique. On a donné à ces séminules le nom particulier de spores. Généralement les spores sont réunies plusieurs ensemble, en nombre variable, dans un petit s'ac ou utricule comme des cellules nouvelles dans la cellule mère ; — et ces petits sacs qui contiennent ces séminules ou spores prennent le nom de sporanges.
Si tu observes attentivement la face inférieure des feuilles des fougères, tu y retrouveras ordinairement plusieurs petites taches en relief qu’à leur aspect tu prendrais pour de petites taches de rouille. Chacune d'elles est formée par l’agrégat de petits sporanges. *Tu auras eu l’occasion d’observer que les objets moisis, secoués pu battus,. répandent quelquefois une poussière très légère; cette poussière est formée par le nombre infini de spores qui dans les moisissures mûres se trouvent amassées et retenues par une très-faible adhérence à l’extré mité des filaments. Ce sont encore les sports qTii forment cette poussière semblableà une sorte de fumée dense, que bien souvent,— soitpar hasard.
soit par jeu , — tu fais sortir des lycoperdons (1). - ,
Rien de plus simple dans tout le règneorganiq ue q u’une spore. A peine l’ u ne d’elles e st tombée dans des conditions favorables, que sa germination commence et se continue par un procédé très-simple. JEn voici un exemple facile à vérifier sur ces espèces d’algues si fréquentes, sous forme de filaments très-minces , dans les ruisseaux de nos pays. Ces filaments résultent d’autant de cellules placées l’une derrière l’autre : quelques-unes de ces cellules passées à l’état de sporanges éclatent ; chaque spore qui en sort ne tarde pas s’allonger, puis à se diviser en deux parties, l’une gonflée et libre, l'autre amincie, qui s’attachent à un corps submergé quelconque. La partie gonflée s'allonge aussitôt à sort tour, puis se divise en deux - cellules placées l’une derrière, l’autre; — la cellule nouvélie subit la même phase, et ainsi de suite, Par ce procédé incessant , le filament se forme et s’allonge toujours de plus en plus. En voici un exemple dans la figure 22.
(lj Genre de champignons très-vulgaires, de forme globuleuse. Lorsqu’ils sont mûrs ils laissent échapper à la moindre compression un nuage pulvérulent qui ressembla à une légère fumée.
LCTTRÊf?
Les .spores donc se transforment directement et en dehors de leur utricule ou sporange en un embryon privé de cotylédons t — et ce procédé est bien différent de celui qui a lieu dans les plantes chez lesquelles l’embryon se forme dans l’ovaire , et est muni de cotylédons.
VII. L’un des principaux buts des naturalistes est celui de classer les êtres naturels, c’est àdirede les distribuer en groupes plus ou moins complexes , chaque groupe se basant sur des propriétés essentielles que les êtres qui s’y trouvent compris possèdent en commun. Ainsi ■
par exemple, je t’ai déjà appris à séparer dans le vaste ensemble des êtres de la nature, les êtres inorganiques des êtres organisés, et aussi à subdiviser ceux-ci en plantes et en animaux.
Les plantes forment un règne immense dans leqpel on reconnaît maintenant 60,000 espèces bien distinctes. Il faut encore décomposer ultérieuremement ce règne en classes. D’après tout ce que je t’ai appris dans le cours de cette lettre^ tu pourras voir toimême qu’il est opportun et convenable de séparer d’abord les plantes qui ont des fleurs manifestes de celles qui ne portent jamais de fleurs. Les botanistes ont donné aux premières le nom de Phanérogames (à noces manifestes), celui de Cryptogames Th noces cachées) aux secondes. — On peut aussi appeler celles-là Çotylédonées, et celles-ci Acotylédonées (1).
Dans les phanérogames, la jeune plante ne reste qu’un temps très-court avec une simple structure cellulaire , un grand nombre de ces cellules se transformant bientôt en fibres et en vaisseaux. Parmi les cryptogames, les plantes qui, parvenues à un complet développement , présentent des vaisseaux et des fibres sont
(1) De a privatif et de colulé, écuelle ; embryon privé de cotylédons. Quelques botanistes disent inembryones, au lieu i'acotylcdoncs.
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comparativement 'en petit nombre; et. parmi c» petit nombre , il faut précisément compter les fougères! La plus grande partie des plantes de cette immense classe restent toute leur vie formées seulement de cellules; — ét môme, ainsi que je te l'ai déjà signalé dans les lettres précédentes, — il en quelques-unes qui se réduisent à une cellule unique.
On doit distinguer les plantes phanérogames d’après le nombre des* folioles embryonnaires, en monocotylédonées et en dicotylédonées, jsuivaut que le nombre des folioles est de un ou de deux. Il n’est pas nécessaire de rompre la graine ou d’attendre la germination de l’embryon pour arriver à. connaître à laquellè de ces deux classes appartient une plante phanérogame donnée. Lè caractère susdit, bien qu’employé comme titre de classe , n’est pas isolé, mais accompagné d’autres caractères non moins importants , dérivés de l’ensemble de l’organisation de la plante. On trouve, par exemple, que dans les feuilles des monocotylédonées les nervures ne*, sont jamais réticulaires (I) ; mais tantôt toutes égales et parallèles à l’axe de la feuille elle-même , comme
(1) Ou rétiformes du latin retioularis, fait de teticulum, filet qui ressemble à un réseau, à un rets.
dans les roseaux; — tantôt distinctes -dans des nervure's secondaires, simples et parallèles, — comme dans le bauânief. Outre cela les fleurs dans les monocotylédonées sont souvent incomplètes, manquant tantôt de calice, tantôt de corolle , parfois de tous les deux. Dans le tronc , le§ vaisseaux et les fibres sont distribués au milieu du parenchyme sans ordre régulier, sans y former de couches concentriques; les parties nouvelles qui s’y ajoutent chaque année et le grossissent, prennent naissance dans la partie centrale du tronc, de sorte que les parties anciennes sont toujours de plus en plus repoussées vers la périphérie.
Les plantes de cette.classe — et particulièrement celles de grande taille — abondent dans les régions situées entre les deux tropiques, et contribuent *bcàucoup à imprimer un * caractère particulier » l’aspect général de ces pays. — Un grand nombre de plantes trèsimportantes en font partie : et il suffira, pour exemples, de te citer les palmiers, les céréales, les lis, les jacinthes, les aloès , les cactus, les ananas, les cannes.
Les dicotylédonées, au contraire, portent généralement des feuilles à nervures subdivisées et réticulées; et des fleurs pour le plus souvent complètes. Les fibres ligneuses du tronc sont
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disposées en zones concentriques, et les plus récentes sont situées vers la périphérie*, les plus vieilles autour de la moelle. Le nombre et la variété des plantes appartenant à cette classe est incroyable : — elle comprend les sapins»
les pins, les mûriers, les- ormes, -les saules, les peupliers, les arbres fruitiers les plus répandus chez nous, les lauriers, les rosiers, les camélias, le cafier, et mille et mille autres plantes communes ou très-connues. .