LETTRE XVII
A Candie.
Notre relâche dans la rade de Casos est Unie. Le Capitaine , impatient de partir , a levé l’ancre au premier beau temps. Il semble qu’ennuyé de le trouver sur les mers , le vent cette fois ait voulu le conduire à sa destination : il a souillé droit en poupe et l’a poussé rapidement vers $ Candie ; dans moins d’un jour nous avons dépassé la pointe de l’ile , et sommes venus mouiller dans le port. Il étoit temps d’arriver. A peine avoit-on jette l’ancre, que lèvent d’ouest a repris son empire, et que la mer est devenue furieuse. Un quart d’heure plus tard nous retournions à Casos, dont le souvenir restera long-temps gravé dans ma mémoire.
Dia, aujourd’hui Standié» est éloigne'e de quatre lieues de la ville de Candie j elle est
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sur la Grèce. i 53 absolument stérile; on n’y trouve ni village, ni habitans; les ronces, les buissons, les broussailles qui tapissent ses rochers servent de pâture aux chèvres sauvages qui y sont en grand nombre. Elles courent avec tant de vitesse à travers les précipices , qu’il est presque impossible de les approcher. IN ous leur avons donné la chasse plusieurs fois sans aucun succès.
Standié a trois ports, ou abordent les vaisseaux chargés pour Candie. Du sommet de la montagne nous découvrions la ville , mais la mer étoit si mauvaise qu’aucun bateau n’osoit sortir pour nous tirer de cette prison ; cependant le second jour de notre arrivée, un Turc intrépide nous a abordés dans un petit canot; il nous a dit qu’on attendoit depuis long-temps notre navire , qu’on l’avoit déjà vu louvoyer dans ces parages, et qu’on craignoit qu’il ne fut péri. Le gros temps continuoit toujours et nous retenoit sur les rochers déserts de Standié. Enfin , le quatrième jour, une barque nous est venu prendre et nous a conduits à la capitale, environ deux mois après nptre départ d’Alexandrie.
J’ai l’honneur d’être, etc.
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