‹ Lettres sur la Gréce, pour servir de suite celles sur l'EgypteChapitre 17 sur 34 · LETTRE XXIV · texte numérisé non relu

LETTRE XXIV

A M. L. Mi

Divers Auteurs , Madame, du nombre desquels sont Belon ( 1 ) et Pokoke ( 2 ) , prétern dent que le labyrinthe dont je viens de vous entretenir, n’est qu’une carrière d’où l’on tira la pierre qui servit à bâtir la ville de Gortyne. M. Tournefort (5) combat cette opinion d’une manière victorieuse ; il établit que la pierre de ce souterrain , molle et tendre , n’est pas propre à l’architecture , qu’il en auroit coûté des sommes énormes pour la conduire à la ville, à travers des monts escarpés. Il étoit bien plus naturel d’en tirer des montagnes qui touchent Gortyne. Si le labyrinthe 11’eût été qu’une car-

( 1 ) Belon , Observations de plusieurs singularités et choses mémorables trouvées en Grèce, etc.

( 2) Description de l’Orient et de quelques autres contrées.

( 3 ) Voyage du Levant. 4

rière

sur la Grèce. 225 i'ière ordinaire, pourquoi auroit-on laissé à l’entrée un canal de cent pas de long, si bas que l’on n’y marche qu’en rampant, et d’où l’on ne peut faire sortir les pierres qu’aprës les avoir mises en morceaux. C’eût été doubler inutilement les peines et les dépenses. 11 est plus naturel de penser, ajoute M. Tournefort,, que la nature a fait les frais du labyrinthe , et que l’on n’a pas touché au conduit étroit de l’entrée, pour annoncer à la postérité queL étoit l’état de ces routes souterraines , avant que la main des hommes les eût aggrandies.

11 est évident que l’on n’a songé qu’à les ren* dre praticables, puisqu’on ne les a débarrassées que des pierres surabondantes. On y a laissé toutes celles qui ne gênent point la marche : elles sont proprement rangées le long des murs.

Mais quelle fut la destination de ce labyrinthe? Remonte-t-il à une haute antiquité?

Êst-ce là que fut enfermé le Minotaure? Voilà des questions auxquelles je crois que personne n’a répondu. Tâchons, s’il est possible, de les résoudre. La découverte d’une vérité qui étoit ensevelie dans la nuit des temps, fait plaisir au lecteur, et dédommage de ses peines celui qui l’a trouvée.

D’abord il est certain que l’antre immense

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dont j'ai décrit les détours, n’est point le labyrinthe construit par Dédale, sur le plan de celui d’Egypte ( 1 ). Toute l’antiquité atteste que le monument élevé par ce célèbre architecte , étoit situé à Cnosse. On convint ■, dit -Pausanias, de conduire au Minotaure de Crète, sept vierges et sept garçons pour habiter le labyrinthe bâti dans la ville de Cnosse ( 2 ). Aussi-tôt qu’Apollonius fut arrivé à Cnosse, il visita le labyrinthe (3), etc.

(4) Jean Tzetzés décrit parfaitement cet édifice fameux , et l’usage auquel il servoit. « Dédale l’Athénien fit, pour le Roi Minos, » une prison dont il étoit presque impossible » de sortir. Ses nombreux circuits avoient la » forme d’un limaçon. On la nomma le laby- » rinthe». Philocore(5) assure , d’après le té-

( 1 ) Tfiodore de Sicile , livre premier. On dit que Dédale étant allé en Egypte, fut frappé d'admiration à la Vue du labyrinthe construit avec un art merveilleux , et eu fit un semblable pour Minos, Roi de Crète.

Pline , livre 36, dit que le labyrinthe, bâti par Dédale, o’étoit que la centième partie de celui d’Egypte.

(2) Pausanias , irl ^ itticis

(3) Philostrate , vie d’ Apollonius.

(4) Johannes Tzetzcs.

{ 5 ) Plutarque , vie de Thésée.

sur la Grèce. 437 ttioignage unanime des Cretois , que le labyrinthe e'toit une prison qui avoit pour objet d’em pécher les malfaiteurs d’en sortir.

La gravure que vous voyez ici , et que j’ai fait copier d’après le dessein qu'a donné Murtius , tiré d’une pierre antique , re'pond fort bien à la description de Tzetzès. Voilà donc le plan de ce monument célèbre , construit sur le modèle de celui d’Egypte. C’étoit une prison où Thésée et ses compagnons dévoient finir leurs jours , ou vivre déshonorés. Mais l'amour et son courage le tirèrent de ce pas dangereux. Ce labyrinthe ne subsiste plus. Il e'toit déjà détruit du temps de Pline. Parlons donc de celui qui subsiste encore.

Permettez, Madame, que je remonte un peu plus haut, afin de jetter quelque clarté sur des faits mêlés de beaucoup de fables.

Peut-être, en réunissant les opinions diverses des Auteurs ^ pourrons- nous soulever le voile qui couvre la vérité. Vous savez qu’Androgée* fils de Minos , étoit allé à Athènes. Ægée , à son retour de Trézèné, (1) célébra les corn-» bats nommés Panathœens. Toute la Grèce se rendit à ces jeux solemnels. Le héros Crétois parut dans la lice , il vainquit tous les com-

( 1 J Apollodore, livre 3 .

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battans, et fut couronné publiquement (1 ).

■Ce Prince se lia d’amitié avec les Pallantides qui avoient des droits au trône. Ægée, craignant les suites de cette liaison , le fit assassiner près d’Œnan, dans l’Attique, lorsqu’il se rendoit à un spectacle sacré.

( 2 )Minos vint, à la tête d’une armée navale, demander vengeance du sang de son fils. Après un siège long et meurtrier, pendant, lequel la peste ravagea la ville d’Athènes, Ægéc, incapable de se défendre plus longtemps , demanda au Roi de Crète quelle satisfaction il vouloit. Ce Prince exigea qu’on lui envoyât, tous les sept ans, (5) sept garçons et sept filles pour être livrés au Minotaure. On lui abandonna ces malheureuses victimes , et il les emmena sur sa flotte. Au terme marqué il reparut à la tête d’une escadre , et on le satisfit encore.

Ces enfans étoient tirés au sort , et les parons

( 1) Diodore de Sicile, lirre 4. .

(2) Apollodore, livre 3 .

( 3 ) Diodore , livre 4 , dit qu'on les envoyoit tons les sept aus. Apollodore prétend qu’on les livroit tous les ans. Plutarque , vie de Thésée , assure qu’on ne les envoyoit que tous les neuf ans. Ces opinions, en variant sur le nombre des anne’es, n’ea sont pas moins une confirmation du fait.

sur la Grèce. 22 g de ceux sur lesquels il e.toit tombe' murmiiroient hautement contre Ægée. Ils s’indignoient que l’auteur du mal fut le seul à n’en point ressentir la peine ( t ), qu’il destinât son trône à un fils naturel ( 2 ), tandis qu’il les privoit de leurs enfans légitimes , et penchoient à la révolte. Lorsque l’époque du troisième tribut fut arrivée, Thésée, que plusieurs belles actions avaient déjà mis au rang des héros, et qui , à la fleur de son âge , réunissoit tous les talens de l’esprit et du corps (3 ), voulut faire cesser les murmures. Il se mit du nombre des victimes , et résolut de périr ou d’affranchir son pays d’un joug odieux. 11 partit après avoir fait des sacrifices à Apollon de Delphes , qui

( 1 ) Plutarque, vie de Thésée.

( 2 ) Hygin , Fable Neptune et Ægée, fils de Pandion eurent commerce la même nuit avec Ællira, fille de Pythée, dans le Temple de Minerve. Thésée naquit de celte union. lso« crates dit qu’il fut appelle le fils d’Ægée , mais qu’il étoit né de Neptune.

(3) Servi us ad Eneid.liv . 6. Thésée avoit autant de beauté

que de valeur. Isocrates. Je puis dire, à la louange de Thésée , qu’étant né du temps d’HercuIe , il se comporta de manière à mériter une gloire pareille. Non -seulement ils portèrent les mêmes armes , mais ils s’appliquèrent encore aux mêmes exercices du corps et de l’esprit , comme il convenoit à deux Héros unis par le sang. I

siïo Lettres

lui ordonna de prendre pour guide Venus (1}.

Tachons maintenant de soulever le voile dont la fable à couvert le Minotaure. Taurus est le nom d’un Seigneur Cretois , qui étoit originaire de Cnosse, (2). Sans doute que sa valeur et ses qualités le rendoient recommandable , puisque Minos le choisit pour commander l’expédition qu’il méditoit contre la Fhcenicie. Taurus, ajoute Palephat, citoyen de Cnosse, porta la guerre chez les Tvriens.

Les ayant vaincus, il enleva de leur ville plusieurs jeunes personnes, parmi lesquelles se trouva Europe, fille du Roi Agenor. C’est ce qui lit dire dans la suite : un taureau s’étant saisi d’Europe, l’a emportée. Les Poètes , amis du merveilleux, ajoutèrent qu’elle avoit été enlevée par Jupiter déguisé en taureau.

Le vainqueur vivoit à la cour de Minos. Il joignoit aux avantages de la figure, l’éclat de la gloire, et revenoit chargé des dépouilles de Tyr. Couronné par les mains de la vie-.

(1) Plutarque. Thésée ayant consulté Apollon de Delphes avant son départ , l’Oracle lui répondit de prendre pour guide Vénus

(2) Isaac Tsetees ad T.ycophron. Cnosse est une Ville de

Crète , d’où étoit d’origine Taurus , Chef de 1 ’- i

Europe.

toire, il en parut plus beau à Pasîphae', fille du Soleil, et épouse du Roi de Crète. Elle en devint amoureuse; et, cédant à sa passion ( 1 ), elle en. eut fils. Minos s'étant assuré » que cet enfant ne pouvoit lui appartenir ,

» mais qu’il étoitle fruit des amours de Tau- » rus et de Pasiphaé, ne voulut cependant pas » le mettre à mort. Il le relégua sur les mon- » tagnes pour servir les bergers. Ce jeune » homme contracta dans ces lieux sauvages , v un caractère farouche. Il vivoit de brigan— » dage et du pillage des troupeaux. Ayant » appris que Minos avoit envoyé des satellites » pour le prendre, il creusa un antre profond et » s’y réfugia. Dans la suite, le Prince envoyoit » au fils de Taurus les coupables qu’il vouloit » punir de mort ». Sa férocité et l’emploi auquel il servoit, lui fit sans doute donner le nom de Minotaure , et engagea les Poètes et les Peintres à le représenter comme un monstre moitié homme , moitié taureau.

C’étoit un emblème ingénieux qui rappclloit à-la-fois, sa naissance son caractère, et ses odieux services.

Thésée étant abordé en Crète , tâcha de calmer le courroux de Minos, qui étoit devenu

( a J Palcphat , de la fable.

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amoureux ( 1 ) de Péribéa , l’une des sept vierges d’Athènes, il lui prouva qu’il était fils de Neptune , et s’efforça d’adoucir la rigueur de son sort. Le Prince presque desarmé, le traita d’abord favorablement ; et , dans les jeux publics, lui permit de se mêler parmi les combattans. Le héros Athénien excita l’admiration de tout le monde (a) par son adresse et sa valeur , et remplit tous les cœurs du charme de sa beauté ( 5 ).

Les femmes, en Crète, assistaient aux spectacles de la Nation (4). Ariane y vit Thésée combattre. Elle le vit terrasser les plus fameux guerriers de son pays ; et tandis qu’elle admb roit la vaillance et les grâces du jeune héros , l’amour se glissoit dans spn coçur , et y laissoit une blessure profonde. Il est probable qu’elle fit au vainqueur l’aveu de sa flamme ,

( i ) Plutarque , vie de Thésée.

(2) Idem.

( 3 ) Serrius , Eusthatius , Hrgîn , s’accordent à dire que Thésée réunissoit le charme de la beauté, à l’élévation de la taille , à la force et à- la valeur.

(4) Plutarque y vie de Thésée, assure que ce Héros fut admit, aux jeux publics des Crétois ; qu’il vainquit les guerriers qui se présentèrent dans la lice; qu 'Ariane le vit, et en devint amoureuse.

sur la Grèce. q 55 et que, pour remplir le pre'cepte del’oracle(i), il profita dp cette déclaration. On peut croire aussi que Minos, instruit de cette intrigue, la regarda comme une nouvelle offense et résolut de l’enfermer dans le labyrinthe de Cnosse , où il seroit enseveli dans les ténèbres d’une prison éternelle. Les mots suivans rendent cette opinion plus que vraisemblable, (a) Thésée, arrivé à la porte du labyrinthe, livra combat à Deucalion et à ses satellites, et les mit à mort. Cette action de désespoir engagea Minos à ne plus ménager son ennemi ; il l’envoya à Taurus avec ordre de le faire périr (3).

Vous vous rappellerez, Madame, que Taurus étoit le bourreau de Minos ; qu’il habitoit une caverne profonde où il massacroit les prisonniers qu’on lui envoyoit. Les anciens assurent qu’on donnoit aussi le nom de labyrinthe à ce séjour ténébreux, où l’art humain , aidant la nature , avoit pratiqué de nouvelles routes et formé une multitude de détours , dont il étoit presque impossible de se dégager.

( T ) Apollon , comme on vient de le yoir , lui avoit commandé de sacrifier à l’Amour.

( 2 ) Plutarque , vie de Thésée.

(3) Palephat x de la labié.

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Le labyrinthe de Crète ( 1 ) e'toit un antre creusé dans une montagne. Cédrenus ajoute ces mots remarquables ( 2 ) : le Minotaure s’enfuit dans un lieu qu’on nomme le labyrinthe, et s’y cacha dans la profondeur d’une caverne ( 3 ). Le labyrinthe de Crète , cet antre souterrain formé de mille détours, renfermoit un habitant.

Ces témoignages. Madame, lèvent tous les doutes. Ils peignent d’une manière précise le labyrinthe que j’ai visité ; sa situation dans une montagne, ses allées tortueuses, attestent qu’il renfermoit un habitant. Ce ne pouvoit être que le fils de Taurus ; puisque , pour fuir les satellites de Minos, il s’étoit creusé un souterrain dans une montagne. Ainsi , ce lieu horrible étoit sa demeure, et en partie son ouvrage. Ce monstre y faisoit les sanglantes exécutions que le Roi avoit commandées. Les faits suivans démontreront ces assertions jusqu’à l’videncc; mais il faut revenir à Thésée.

(4) Condamné à mourir ignominieusement

( 1) Autor Etymologiei.

(a) Cedrenus.

( 3 ) Eustkatius , sur l’Odissée.

( 4 ) Minos s’ôtant emparé de Thésée, son ennemi, l’envoya-

sur la Grèce. 235 sous le fer du bourreau de Minos , le héros Athénien étoit parti pour Gortyne. Ignorant le sort qui l’attendoit , il eût succombé ; mais l’amour veilloit sur ses jours. Ariane alarmée l’avoit instruit du piège qu’on lui tendoit. Elle ' lui a voit peint les détours et les dangers du labyrinthe (i), donné le fil qui pouvoit y diriger ses pas, enseigné la manière de s’en servir , et remis l’épée qui devoit faire couler le sang odieux du Minotaure.

Ilparoît que Thésée s’étoit fait des partisans dans l’ile , et que , soit par son adresse , son courage, ou par les bons offices de son amante , il avoit gagné les gardes qui entouroient Tau-> rus et l’aidoient dans son exécution. En effet, aussi - tôt qu’il fut arrivé a Gortyne , tous ,

» ayant quitté le Minotaure ( a ) , firent sem-

à Taurus , qui devoit le mettre à mort. Ariane , informée de. ce dessein , lui envoya une épée avec laquelle il tua le Minotaure. Palephat de la fable.

( 1 ) Plutarque , rie de Thésée. Thésée étant arrivé dans l’île de Crète, Ariane en devint éperduement amoureuse. Elle, lui donna un fil et lui enseigna comment il pourroit sortir des allées tortueuses du labyrinle, et il tua le Minotaure.

( 2 ) Tous les Satellites .ayant quitté le Minotaure de Gortyne y firent semblant de prendre la fuite. Le Minotaure ayant soup-, çonné la trahison , se sauva dans le lieu qu’on nomme le labj-. ïinthç. Çedrenus.

ss 56 Lettres

v blant de prendre la fuite. Ce monstre , soupçonnant qu’on le trahissoit, s’enfuit dans lo » lieu nommé le labyrinthe. » Ces paroles, annoncent , d’une manière précise , qu’il se sauva dans l’antre ténébreux dont j’ai parlé. C’étoit son refuge, peut-être sa forteresse.

C’étoit-là qu’il mettoit les coupables à mort.. Claudien voulant distinguer ce séjour de l’édifice fameux que Dédale bâtit à Crosse ( î) dit : le labyrinte de Qortyne , demeure ordinaire du Minotaure.

La retraite du bourreau de Minos poüvoitr. être une feinte. Il pouvoit désirer d’attirer son ennemi dans un souterrain dont il connoissoit tous les détours , et où il lui seroic aisé de le faire périr en l’attaquant avec avantage. Mais Thésée avoit le fil d’Ariane, son épée et son courage indomptable. Il poursuivit le Minotaure dans les allées tortueuses de sa caverne, le joignit et le mit à mort.

Aussi-tôt qu’il eut exécuté son dessein , if monta ( 2 ) précipitamment sur un vaisseau,

(1) Claudicn , in 6. Cons. Htmorii. Il forme différons circuits, qui ne le cèdent, ni à l’art avec lequel le labyrinthe de Gorlyne , demeure ordinaire du Minotaure , est bâti , ni aux sinuosités du fleuve Méandre.

(2) Plutarque , vie de Thésée. Il tua^le Minotaure, et monta.

sur la Grèce. a5?

'emmenant avec lui son amante et les jeunes victimes qu’il avoit sauvées. Le reste de l’histoire d’Ariane et de Thésée est fort connu :

d’ailleurs il n’est pas de mon sujet d’en parler.

Voilà ce que j’ai trouvé de plus vraisemblable sur les labyrinthes de Crète! L’un , situé à Cnosse, étoit un édifice bâti par Dédale ( 1 ), et qui , par ses difFérens circuits trompoit ceux qui s’y étoient engagés , et s’opposoit à leur retour. 11 avoit la forme d’un limaçon, et la gi'avure que vous voyez au commencement de cette lettre , en offre un dessein exact. Minos en fit une prison royale; mais les coupables qu’on y enfermoit n etoient privés que de leur liberté.

L’antre, placé près de Gortyne, et appelle par les Anciens le labyrinthe de Gortyne , subsiste encore, et la lettre précédente vous l’a fait connoître. Il fut en partie construit par le fils de Taurus. La Nature l’avoit ébauché. Il en rendit les allées plus spacieuses , et en creusa de nouvelles. C’étoit dans cet antre que le Roi lui envoyoit les personnes dont il vouloit se débarrasser. Ainsi , nous avons parcouru

précipitamment sur son vaisseau , emmenant avec lui Ariane «t les jeunes Athéniens*

( 2 ) A polio dote , liOre 3 »

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l’habitation ténébreuse de cet homme qui , paf la férocité de son caractère, mérita d’étre transformé en monstre.

Au reste , il se trouvoit, dans divers pays, de pareils labyrinthes plus ou moins compliqués. Près de Nauplia , dit Strabon, ( 1 ) on voit des antres dans lesquels on a formé des labyrinthes que l’on nomme les Cy dopes.

J’ai l’honneur d’étre, etc.

(i ) Stralon y livre 8*

sur la Grèce. 2*9

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