‹ Lettres sur la Gréce, pour servir de suite celles sur l'EgypteChapitre 3 sur 34 · LETTRE VIL · texte numérisé non relu

LETTRE VIL

Point de changeaient , Madame, à notre sort. Le vent souffle constamment de l’ouest. Il a chassé les nuages vers les sommets glaces du Liban. Le ciel s’est éclairci, et nous continuons de courir sur la terre que les vigies ont annoncée du haut des mâts. L’on n’apperçoit encore , de dessus le pont , que l’apparence d’un nuage immobile. A mesure que nous .avançons , il grossit et s’étend. Actuellement nous sommes certains que c’est le continent.

Cette assurance a porté la joie dans tous les* cœurs. Mais l’inquiétude y mêle un peu d’amertume. Le Capitaine n’ayant point pris hauteur , ignore notre latitude , et nesçeut dire en quel lieu nous allons aborder. En attendant, nous marchons toujours en avant.

Insensiblement les objets s’éclairent davantage. Nous distinguons les montagnes , les collines, et un promontoire qui s’avance dans

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la mer. Il présente un front nu couvert de^.

roches énormes. Nos Marins l’ont reconnu.

Ils disent que la terre élevée, qui paroît dans l’enfoncement, est l’ile de Château-Rouge. Ils prétendent y mouiller avant la nuit , et portent dessus à pleines voiles.

Nous approchons de la côte. Le rivage semble dépouillé de verdure. A la vérité , le soleil se couche derrière les hautes montagnes, et n’éclaire plus que leurs sommets.

L’ombre descend rapidement dans les vallées, et l’oeil n’apperçoit les objets qu’à travers un voile. Grâces au ciel, nous entrons dans le port de Château -Rouge. Nous allons jetter l’ancre au pied du rocher sur lequel cette bourgade est bâtie.

J’ai l’honneur d’étre , etc.

Googl-

i u r la Grèce.

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