LA COLONISATION ET L INITIATIVE PRIVÉE
de TAngleterre en accordant à ces négociants quelque chose comme les chartes royales jadis conférées à la Compagnies des Indes orientales. Je n'entends pas fonder des provinces, mais protéger des établissements commerciaux; si ces établissements ne réussissent pas, Tempire n'y perdra pas grand'chose et la dépense n'aura pas été considérable. »
Marche et le marquis de Compiègne ont décrit un agent de factorerie anglaise, au milieu des Pahouins, sur les bords de TOgowé :
« On aurait pu s'attendre à trouver comme gérant de la factorerie quelque échappé d'un établissement colonial, cherchant, après une fuite désespérée à travers bois, un refuge précaire dans un comptoir d'aventure. Point. C'était un jeune et honnête ^roc^ry dealer ( marchand épicier) , qui vint à notre rencontre , les pieds dans des pantoufles en tapisserie, une calotte en velours brodée sur la tête et la plume à l'oreille. Il est là à sa factorerie, — dont il ne sort jamais du reste, — pesant son caoutchouc et son ivoire, pliant et dépliant ses étoffes, comme s'il fonctionnait dans un des magasins de nos boulevards. Il n'a jamais tiré un coup de fusil, jamais il ne s'est éloigné à un kilomètre de la factorerie : il ignore les mœurs des gens qui l'environnent. Dans trois ans, ôon, stage au Gabon sera fini. La maison qui l'occupe renverra aux Indes ou en Chine, et il reviendrez de là comme du Gabon, sans autre science que celle des denrées coloniales. L'Angleterre a produit des milliers d'exemplaires de cet échantillon.*»
Les colonies anglo-saxonnes, qui devaient devenir
les Etats-Unis, furent fondées par les Pèlerins, par des proscrits. San - Francisco et Melbourne sont l'œuvre d'individus et non de gouvernements. Un Anglais, le rajah Brooke, vient de se constituer un petit Etat à Bornéo, et une compagnie anglaise y a acquis des territoires.
Je ne saurais trop engager les partisans en chambre de la politique coloniale à méditer ces exemples et à les suivre.