‹ Lettres sur la politique colonialeChapitre 18 sur 126 · V. — Les AntiUes · texte numérisé non relu

V. — Les AntiUes

La Martinique,

La Martinique et la Guadeloupe, faisant partie des petites Antilles, sont soumises au climat torride. La température moyenne est de 24°4 au-dessus de zéro.

La population s'élève à 166,988 individus. La population mobile comprend 600 employés, 1,096 hommes de garnison et 20,000 immigrants dont 13,000 Indiens, 495 Chinois et 6,412 Africains.

Les statistiques ne distinguent pas entre les blancs, les mulâtres et les nègres.

Il y a eu dans les 5 années de 1877 à 1881 > une moyenne de naissances de 5,493 et de décès de 4,591, donnant un excédent de naissances de 902; Mais en 1882, il y a un excédent de décès de 193.

Rôchoux prétend qu'il n'y a pas de créole à la neuvième génération de père et de mère, sans croisement avec du sang européen.

Pendant tout le dix-huitième siècle, les colons ne se sont maintenus que par l'immigration. Malgré leur précaution de se renouveler par des alliances avec des Européens, en 1848 ils étaient tombés au chiffre de 9,500. La population libre de couleur augmentait, au contraire, par une natalité de 37 p. 100. Quoique maintenant les statistiques ne distinguent plus, les docteurs Nielly et Rey,-en raison

de l'expérience du passé et de leur expérience personnelle, disent que « la population de couleur seule augmente par le nombre. Il suffirait d'une épidémie de fièvre jaune pour mettre en question l'existence même de notre race (1) » . L'individu acclimaté, ce n'est pas le blanc, c'est le nègre.

La Guadeloupe,

La Guadeloupe, quoique à cent kilomètres au nord de la Martinique, est encore plus terrible pour la race blanche.

Le chiffre de la population a augmenté de 136,000 en 1873 à 159,715 en 1882, mais par l'immigration et non par la natalité ; car pour l'ensemble de la population, sans distinction de couleur, il y a un excédent de décès sur les naissances; il a été de 1,794 en 1881 : 4,377 naissances contre 6,171. La moyenne annuelle pour les cinq années 1878 à 1882 a été de 758.

Sans les nègres qui sont, autant quon peut le savoir, dans la proportion de 32 pour 100, les métis dans la proportion de 62 pour 100, le déchet serait encore plus considérable.

La France possède ces deux colonies, avec des vicissitudes diverses depuis le dix-huitième siècle. Si elle est arrivée à acclimater tant bien que mal des nègres et des mulâtres à la Martinique, elle n'y est parvenue qu'insuffisamment pour la Guadeloupe,

(1) Docteur Maurice Nielly : Hygiène des Européens dans les pays intertropicaux y 1884. Docteur Rèy : Étude sur la Martinique, 1881.

Quant à la race blanche pure, elle ne se reproduit pas et disparait.

Au point de vue de la politique d'émigration, ces deux colonies sont donc des non-valeurs.

Saint-Barthélémy.

Saint-Barthélémy est plus salubre ; mais elle n'a qu'un défaut, elle manque d'eau.

Le gouvernement français a acheté son sol de 13 kilomètres de long et ses 3,000 habitants, l'un portant l'autre , au gouvernement suédois en 1876, moyennant la somme de 400,000 fr.

Le gouvernement suédois a fait une bonne affaire.

Page 1