‹ Lettres sur la politique colonialeChapitre 41 sur 126 · LA SUISSE ET LA NORVÈGE · texte numérisé non relu

LA SUISSE ET LA NORVÈGE

connue que par Tamiral suisse de la Vie parisienne. Seulement, elle s'en passe.

Mais il y a un autre petit peuple qui n'a pas.de colonies et qui cependant a une marine : c'est la Norwège, qui compte moins de 2 millions d'habitants, moins que Paris.

Sa marine à voiles a un tonnage nominal de 1,459,000 tonneaux, tandis que celle de la France, en dépit de ses primes, n'a un tonnage que de 642,000 tonnes. Sa marine à vapeur compte pour 95,000 tonneaux, celle de la France avec toutes les subventions données sous divers prétextes aux Compagnies de navigation à vapeur a seulement 278,000 tonneaux. Le pouvoir de transport de la marine norwégienne est de 1,730,000 tonnes ; celui de la marine française est de 2,032. Le pouvoir de transport de la Norwège est de 95 tonnes pour 100 habitants, celui de la France est de 5. Relativement à l'ensemble des marines de tous les pays du globe, le pouvoir de transport de la Norwège est de 4 pour 100 ; celui de la France seulement de 4,7.

Dira-t-on que ce sont les colonies de la Norwège qui ont fait sa marine ? Elle n'en a pas. Elle a une puissante marine , parce qu'elle navigue à bon marché. Tout est là.

Un peuple ne peut avoir de débouchés qu'à une condition : c'est de fabriquer, à meilleur marché que ses concurrents, les objets qui sorft demandés parles consommateurs.

Un peuple ne peut avoir de marine, qu'à la condition de faire des transports moins chers, plus

sûrs, plus réguliers et plus rapides que ses concurrents.

En un mot : la puissance d*expansion des produits d'un pays se mesure à l'intensité et au bon marché de sa production intérieure.

D'où cette conclusion : — c'est que la politique coloniale étant très onéreuse et chargeant la production d'un pays de lourds frais et de graves risques aboutit à un résultat diamétralement opposé au but qu'elle prétend poursuivre : au lieu d'ouvrir des débouchés, elle les ferme.

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