‹ Lettres sur la politique colonialeChapitre 63 sur 126 · GESTA DE! PER FRANCOS · texte numérisé non relu

GESTA DE! PER FRANCOS

Maintenant on se borne à affirmer que la France remplit « sa mission civilisatrice», en canonnant les Howas comme des lapins et en faisant servir de cibles les prisonniers Chinois.

Mais si Dieu n'est plus là pour vous donner votre « mission civilisatrice », de qui tenez-vous votre mandat ? Où est-il ?

Vous répondez que « cette mission incombe à tous les peuples d'une civilisation supérieure », et spécialement à la France qui a une civilisation supérieure à toutes les civilisations supérieures.

Mais quelle civilisation supérieure prétendez-vous importer ? Sous quelle forme se manifeste-t-elle auprès des autres peuples ?

Est-ce la douceur ou la férocité que vous allez leur enseigner? Laquelle de ces deux qualités est l'apanage de cette civilisation supérieure ? Si vous répondez que c'est la douceur, l'humanité, la solidarité humaine, tous vos actes démentent vos paroles. Si c'est la férocité , alors la plupart des peuples à l'égard desquels vous prétendez exercer votre mission civilisatrice , n'avaient pas besoin de vos leçons.

Est-ce le respect de la propriété ? vous commencez par les dépouiller, vous ne savez que mettre en pratique à leur égard la fameuse définition de Proudhon : — la propriété, c'est le vol I

Est-ce la chasteté? ce n'était pas elle qu'enseignait, en 1837, aux indigènes des îles Chatham le matelot du Jean-Bart qui, ayant loué une jeune fille

et ne pouvant parvenir à ses fins, se fraya la voie d'un coup de couteau.

Est-ce la justice? les Maoris vengèrent la jeune fille en massacrant l'équipage; le capitaine Cécile vengea l'équipage en massacrant les Maoris (1).

(1) D' Thiercelin. Journal d'un baleinier, t. II, p. 26.

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