EDUCATION MORALE (SUITE
Quoique l'Instituteur doive profiter de toutes les occifr BÎons qui se présentent de donner à ses élèves les précepte généraux de la morale, il n'est pas utile qu'il les enti-etienne souvent des vertus et des vices des hommes faits. lÉÎ AD verront bien assez d'exemples dans les éléments d<fl l'histoire, dans quelques lectures ou dictées choisies, quàv Fournira la Morale en action ou tout autre livre anecdotiqutff composé en vue de la jeunesse. Il sera plus direct, plus précis, de prendreou défaire naître les exemples au mitie». des enfants eux-mêmes, de les familiariser avec les vertuçï qu'ils peuvent pratiquer dans leur temps d'école, et déM Jenr inspii-er de l'aversion pour les défauts auxquels leurt &ge est exposé. Et il ne faut pas craindre qu'on soit obli( de recommencer plus tard pour les adultes les leçons d'ô-J
ducatîon morale qn*on aura données à Fenfanôe. Il y a, encore une fois, peu de vices ou de vertus de grandes personnes qui n'aient existé en germes dès les premières années; les désordres qui troubleront un jour le salon, la boutique ou la chaumière, ont leur première raison d'être dans les habitudes contractées au début même de l'éducation.
On criera peut-être au paradoxe. On me dira que, dans le monde, les hommes sont poussés au vice et au crime par l'ardeur des passions ou la fièvre de la cupidité ; qu'ils sont stimulés au bien par la sagesse des réflexions, parla maturité d'une raison développée, et que tous ces éléments, passions ardentes, convoitise cupide, méditation, raison mûrie par les années, manquent nécessairement au premier âge.
Je répondrai que l'objet change, que la portée de la vertu ou du vice se modifie, mais que, pour un observateur attentif, pour le maître qui voit clair dans l'âme de ses élèves, l'instinct qui agit à douze ans est la même force qui agira à trente. J'ajouterai que la direction donnée à cet instinct, lorsqu'il s'exerce encore sur un théâtre enfantin et dans des proportions puériles, se fera sentir vingt ans plus tard sur la scène du monde, lorsque chacun y aura monté avec son caractère tel que nos premiers soins l'auront formé.
Je ne veux pas nier qu'il ne soit très-utile de lever à l'avance un coin du voile, et de faire entrevoir aux enfants comment ils devront ou ne devront pas se conduire un jour; mais je soutiens qu'il n'y a pas une circonstance critique ^vjde la vie contre laquelle nous ne puissions être aguerris longtemps d'avance par la première éducation, et que les efl'orts d'un maître intelligent,dévoué, compriment dans l'enfant le germe des vices de l'homme, préparent l'homme dans l'enfant, à la pratique de toutes les vertus.
S'il en est ainsi, comme j'en ai la conviction sincère, évi-