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acquisitions et leurs provisions de voyage étaient pliis abondantes et plus réelles qu'ils ne se l'étaient figuré.
Enfin le dessin des cartes n'était pas négligé. On ne said bien, ou du moins on ne garde bien que ce qu'on pratiqueil La progression indiquée par l'abbé Gautier était scrupu-q leusement suivie : d'abord la copie des lignes de projeetiong des divers contours des mers et des terres, ensuite le d de mémoire de ces mêmes lignes, de ces mêmes contmirs'd l'addition graduelle, successive des fleuves, des montagnes des ^-illes, etc., et, comme conronnemcnt de l'a l'agrandissement ou la réduction des proportions.
J'appliquais aux cartes lesmômes principes qu'aux pièces d'écriture à main posée et aux esquisses de dessin linéaire^ J'y voulais avant tout de la précision et de la propreté. Lei exercices graphiques n'ont de valeur dans les écoles qua par ces deux qualités réunies. Cependant, comme le temp! est la condition de tout progrès, je me résignai à voin^ d'abord mes élèves manquer certaines proportions et chiP-J fonner les coins du papier oii ils traçaient leurs cartes. CoT n'est pas toujours le défaut de soin, c'est aussi la gaucherie des mouvements, expliquée par le manque d'habitude , qui amène ces palits accidents. J'en avais bientôt raison par des conseils réitérés. J'avais surtout l'attention, qui manquai à plusieurs maîtres, d'indiquer mes corrections de yivèjP voix, si elles étaient faciles, ou par un léger trait au crayonjB si elles étaient assez compliquées pour n'être bien com-JT prises qu'avec le secours de l'œil. J'ai connu un maître ddï dessin qui affectait de barbouiller d'énormes couches de crayon noii' les parties défectueuses des télés esquisaéei par ses élèves, comme pour imprimer plus avant dans leui mémoire ses corrections victorieuses. Qu'en résultait-il h^ C'e^l que les dessins ainsi corrigés étaient ensuite froissésfl déchirés et jetés au vent. La même chose seiait arrivé* pour nos cartes de géographie, et alors, remarquez-le bien^
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mon ami , nous aurions perdu un précieux objet de comparaison. Les meilleurs maîtres conservent, au moins pendant plusieurs mois, une partie des travaux de leurs élèves, afin de comparer le point de départ au point d'arrivée. C'est l'histoire des progrès de renseignement, faite, pièces en main, par celui qui enseigne.
Ce sont ordinairement les compositions en écriture , en dessin linéaire, en dictée orthographique que Ton conserve ainsi; l'armoire du maître ne suffirait pas à garder les copies de chaque jour de classe, et les compositions résument tout. Il n'en est pas de même pour les cartes de géographie. Les plus simples demandent encore un certain temps pour Texécution. Elles ne se reproduisent pas aussi fréquemment que les autres devoirs, et Tencombrement n'est pas à craindre. Je les gardais toutes, soigneusement classées par noms et par dates, et je pouvais toujours, au bout de trois mois par exemple, montrer à un enfant, à sa famille, ou à quelque visiteur officiel, la route parcourue et les progrès accomplis.
Vous avez à votre disposition , mon ami , un secours qui m'a manqué, c'est la Cartographie élémentaire de MM. Aug. Braud et Loiseau-Taupier (1). Ce petit livre vous mettra à même d'exercer vos élèves à l'étude et à la pratique de la géographie ; c'est une ingénieuse application de la méthode calcographique fort usitée dans l'enseignement de l'écriture aux enfants. La cartographie se compose d'autant de cartes que la France compte de départements, et do quelques autres cartes pour la géographie générale. De brèves notices accompagnent chaque carte, et donnent des
(1) La Cartographie est divisée en caihiers in-4o oblong, qui con» tiennent une carte-modèle écrite et coloriée, trois cartes-calques^ etc. Chaque cahier se vend séparément 15 centimes. — A Paris, chez Ch. Delagrave et G»®, éditeurs.
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notions d'hisloire, de statistique, de géographie commerciale, etc. L'enfant s'exerce sur des cartes muettes, en encra pâle, dont il doit recoumr les traits en encre noire.
Privé de ce moyen, je m'attachais du moins à n'admettrej aucun procédé qui ne fût progressif, et qui no mit l'enfanta à même de constater ses propres conquêtes. Je lui ména-j geais le plaisir de se croire presque un inventeur.
Ainsi entendu, ainsi pratiqué, l'enseignement de la géO«J graphie était florissant dans naon école. C'était peut-étcel le plus animé , le plus sémillant, le joujou de mes élèves^ mais un joujou sérieux et utile, sans que j'eusse besoi d'en préparer le succès par des procédés trop enfantins.
Je me rappelle que , à la fin d'une année , mes enfantaS me prièrent de leur composer un dialogue pour la distribution des prix. J'y consentis de bonne grâce , et je leur laissai le choix du sujet, ou , pour mieux dire, de la partie de l'enseignement sur laquelle le dialogue pouvait rouleriJ car nos exercices devaient toujours tendre vers un but pra tique. Ils se consultèrent, et, tout d'une voix, ils me prièreo] de prendre pour sujet la géographie. Je me mis gravemenfl à l'œuvre, et, dans un dialogue à sept ou huit personnagasS j'introduisis les fleuves et les principales rivières de France qui se disputaient l'avantage , et faisaient valoir les agré-^ toents et les bienfaits de leur cours. Les enfanta d" ' pour apprendre par cœur cette conception merveilleuse s'y, 1 mirent avec joie. Je sus, dans une répétition préparatoire^^ calmer la vivacité de ton et les gestes enthousiastes donte^ ils accompagnaient la récitation, et les .styler au naturel.J Nous obtînmes un succès décidé devant un auditoire favo- 3 rableracnt prévenu, et chacun s'en retourna, persuadé quel la géographie n'est pas cette science aride, cette .sèche no-f roenclature dont on redoute quelquefois avec raison d(^ surcharger la mémoire des enfanta.
Je dois ajouter q.u'ayant rencontré bon nornbre de nu^fl
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élèves d'autrefois , je les ai entendus se vanter d'avoir retenu mes leçons de géographie plus fidèlement qu'aucune autre partie de Tinstruction que je leur avais donnée, et de pouvoir encore, après douze ou quinze ans, reproduire avec fermeté les noms et les caractères distinctifs de nos villes principales, les routes parcourues par nos grands cours d'eau avec les points saillants du voyage, enfin ce qui constitue une connaissance solide de la géographie nationale, abstraction faite de tous les détails savants.