DE LA CONNAISSANCE ET DE L'APPLICATION DES LCIS ET RÈGLEMENTS
Pour les esprits amis de l'ordre et du devoir , il y a peu d'attrait à suivre les fantaisies personnelles. On aime à trouver au-dessus de soi une règle qui commande , qu'on puisse suivTe avec intelligence , mais qu'on doive observer avec respect, et dont l'empire mette la conscience à l'aise I pour toutes les applications qui en découlent.
Je sais , mon ami , que je ne suis pas d'accord en ced avec les ratdtres encore trop nombreux qui trouvent blés-
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gante pour la dignité de l'homme toute restriction à la liberté. Hélas I il ne faut pas être un grand philosophe poux comprendre qu'il n'y a de bon que la liberté réglée. L'enseignement ressemble à toutes les autres forces de la société ; si vous lui ôtez la base et le ciment , vous bâtissez des ruines. Or, la base, c'est la loi ; le ciment, c'est l'action salutaire et permanente de l'autorité , imposant la rè^le , surveillant la pratique. En dehors de ces conditions, il n'y a plus que des essais et des caprices.
Je respecte profondément la liberté, c'est l'essence même de l'homme. Mais l'ordre est l'essence même de Dieu , et il faut bien que ce qui est de Dieu règle ce qui est de l'homme.
L'enseignement libre , nous l'avons dit , a son rôle spécial à remplir. Il sert à' faire naître des idées nouvelles, qui, si elles sont mauvaises, meurent dans le petit cercle où elles sont nées, et, si elles sont bonnes, font tôt ou tard leur chemin dans le monde, et s'introduisent sans violence même dans renseignement officiel. Il empêche celuici de demeurer stationnaire et le pique d'une émulation que sa prudence naturelle maintient dans de justes bornes.
Néanmoins, nul gouvernement, s'il veut vivre , n'abandonne toute surveillance sur l'enseignement libre. L'autorité concède à cet enseignement la question des méthodes, dont elle lui laisse le jeu indépendant ; mais elle s'assure que la morale est en dehors des essais individuels; que l'Instituteur n'abuse pas, par un travail excessif et aveugle, des forces de l'enfance ; qu'ils se conforme aux lois générales de l'hygiène, et que, sous sa direction, il n'y a péril ni pour les corps, ni pour les esprits.
Malgré ces précautions, si l'enseignement libre était seul en vigueur, on ne tarderait pas à ressentir les inconvénients de ce mode unique. L'instruction des enfants flotterait au hasard ; mon voisin , dont le système serait tout l'opposé du mien, se targuerait de posséder la vérité, et m'accuserait
de mensonge. L'esprit de secte, qui morcelle les doctrine! à l'infini, le charlatanisme, qui prend la livrée do l'intérèf'l public, se partageraient les écoles. Il n'y aurait pas de frein,^^ parce qu'il n'y aurait pas de règle; quelques traits de génîeï sillonneraient ce chaos, mais s'évanouiraient sans de traces , et l'instruction descendrait , degré par degré rj jusqu'à une radicale impuissance.
L'enseignement public, et, pour ne parler ici que dffl notre sujet, l'enseignement communal primaire, garantifl donclo succès -même de l'enseignement libre, qui, réf par l'exemple et par laconcurrence.setient danssa sphèïd légitime, et permet aux familles de choisir ce qu'elles prâ4 fèrent, sans redouter un choix trop périlleux.
Fussiez-vous Instituteur libre, je voua dirais encore .j tenez-vous au courant des dispositions de la loi qui int^ ressent toutes les écoles ; connaissez bien les règlementsj les instructions qui émanent de l'autorité compétente. YoçtT pouvez avoir l'exercice d'un droit à réclamer; vous a certaines obligations à remplir. L'inspection, sans vous aU teindre dans tous tes détails, comme elle atteint les écolû publiques , du moins dans la législation actuelle , a cepeoi pendant plusieurs prises sur vous, et il n'y aurait j dignité à vous y soustraire. Avez-vous hien rempli tout* les formalités exigées pour l'ouverture régulière d école ? Avez-vous bien apprécié la portée de vos devoirs II gaux et la mesure de la surveillance à laquelle la loi v soumet? Avez-vous cherché à comprendre tes dispositio^ des règlements, de manière à y trouver un secoure et non pas de misérables moyens de chicane ? Éclairez-vous et ai le texte et sur l'esprit des instructions offlcielles, et soyeï à l'égard de l'enseignement public , non pas un adversaifl hargneux et malveillant, mais un concurrent loyal, pénétll de ses devoirs au moins autant que de ses droits. "Voilà ce que je vous dirws , si vous apparteniez* à i'ii
truction libre. Destiné à devenir Instituteur communal, vos obligations s'agrandissent et se compliquent. Je dois vous en entretenir plus longuement.
Si je prends pour base la législation actuelle, c'est que je ne fais pas d'érudition , et que mes conseils ont besoin d'une base réelle et présente. Mais les lois , quelque vénérables qu'elles soient , ne sont pas immortelles. J'ai vécu sous une législation différente ; il se peut, mon ami, qu'une loi nouvelle modifie celle qui gouverne aujourd'hui l'instruction primaire , et que vous ne trouviez plus à faire , dans quelques années, l'application littérale de tous mes avis.
Au fond , peu importe ; car la pensée sera toujours la même. Vous aurez toujours à vous instruire sérieusement des prescriptions de la loi du moment, à vous rendre compte des décrets et ordonnances, des instructions, des circulaires, dont toute loi, même la plus claire, a besoin pour être bien comprise , bien appliquée. Le travail que nous ferons ensemble sur la législation vivante vous préparera sans difficulté au travail que réclamera de vous la législation à naître. Moi-même , j'ai beaucoup plus étudié la loi de 1833 que celles de 1850, de 1854 et de 1867; j'ai à peine appliqué celle-ci, tandis que dix-sept ans de ma vie ont été consacrés à la pratique de celle-là. Cependant , lorsque j'ai dû changer de thème et m'instruire de toutes les dispositions nouvelles, je n'ai eu vraiment à faire que quelques efforts de mémoire. Les principes de mon étude étaient acquis et n'avaient rien perdu de leur valeur.
Vous ferez comme moi , le cas échéant. Vous vous souviendrez de nos entretiens, des règles que nous aurons posées , de l'esprit dans lequel nous allons raisonner , et vous profiterez sans peine des vues que m'a suggérées l'expérience.
Il est naturel que vous sachiez d'abord avec certitude quelles sont les autorités préposées à l'enseignement public.
I" Vous ne t
SUH LA PROFESSION D INSTITOTEIJH.
s ne devez pas risquer de diriger votre correspondance 1 dans un sens contraire à la hiérarchie ; vous pouvez avoif ^ des réclamations à introduire, des difficultés de discipline m ou d'argent à régler. Il serait contraire à vos intérêts c faire fausse route , et vous ne simplifieriez pas vos afTaiiTS i en vous adressant à telle autorité qui les renverrait à une 4 autre, pour que celle-ci leur fit rebrousser chemin vers uDe.4 troisième, qui aurait dû être la première. Ces circuits ac- é cusent la négligence, et, pour trancher le mot, l'ignorancô.l de celui qui les flrovoque; n'encouragez jamais une tella'l imputation.
L'autorité du Ministre de l'instruction publique plane si toutes les aulres; mais faut-il que, depuis le fonctionnaire i le plus élevé jusqu'au plus humble, chacun entretienne di-" rectement avec le Ministre une correspondance de tous-ï les jours? Le seul énoncé de cette idée vous en fait sentir J l'absurdité. Sans doute, dans des cas extrêmes, et en sup-' posant un vrai déni de justice , il est possible que le fonc-1 tionnoirelésé, administrateur, professeur, instituteur, ré-j clame directement auprès du père et du chef commun;mais de telles exceptions, constatées en passant, ne peuvent^ entrer dans l'étude des règles à suivre. En principe, il fau^ des intermédiaires entre le chef de l'instruction et ceux qui dépendent de lui à divers degrés. Ces intermédiaires e minent, apprécient, mettent l'autorité supérieure à mèraefl de décider en connaissance do causes; les affaires sont mieux faites, et les personnes obtiennent meilleure justice.
Au-desaous du Ministre et du Conseil supérieur qu'il préside, sont le Recteur, qui préside le Conseil Académique, et , le Préfet, qui préaide le Conseil départemental. Connaisse:&« les attributions des trois Conseils : le premier donne soni avis sur les projets de lois, de règlements et de décrets n latifs à l'enseignement, sur les programmes d'études, suri lee livres qui peuvent être introduits ou qui doivont êtru^
défendus dans les écoles (1), et fait quelquefois fonction de tribunal jugeant en dernier ressort; le second est chargé de veiller au maintien des méthodes d'enseignement ; le troisième est consulté sur Tétat matériel des différentes écoles, surles réformes dont elles sont susceptibles à ce point de vue, sur les secours et encouragements qui peuvent leur échoir, sur les récompenses que méritent les Instituteurs ; fixe le taux de la rétribution scolaire , prononce en première instance sur les aflTaires disciplinaires relatives aux Instituteurs primaires, publics ou libres, et sur un certain nombre d'affaires contentieuses qui intéressent l'instruction.
Mais surtout pénétrez-vous bien de la lettre et de l'esprit de vos rapports avec le Préfet : c'est lui qui est votre supérieur le plus élevé. Il vous nomme, vous révoque ou vous transfère dans une autre résidence sur le rapport de l'Inspecteur d'Académie. Il vous loue et vous blâme, vous avertit et vous encourage ; il réprime vos prétentions et défend vos intérêts. Le Préfet, dans des cas déterminés, est votre intermédiaire auprès du Conseil départemental; c'est lui qui vous présente pour être inscrit sur la Uste d'admissibilité , pour être autorisé à remplir les fonctions de secrétaire de mairie, pour être assisté d'un maitre-adjoint, pour être admis à recevoir des pensionnaires , à diriger des écoles d'adultes et d'apprentis , à recevoir des enfants [des deux sexes , lorsque la commune est hors d'état d'entretenir deux écoles.
Vous pouvez correspondre directement avec le Préfet et le Recteur ; la franchise des lettres sous bandes vous est accordée à cet effet. Cependant, la plupart du temps, vous
(1) En outre, une commission permanente, nommée par le Ministre, examine les livres proposés pour être inscrits au catalogue des bibliothèques scolaires^ et qui peuvent être donnés en lecture, dans chaque commune , soit aux enfants, soit aux parents. Les livres dont il s'agit dans le texte sont les ouvrages destinés à Venseiynement.
SDR LA PROFESSION SNl.QTITUTEUR.
■ BfinliTe.z qu'il est de votre intérfit de ne pas prendre cettfl.l voie. Avez- vous une question à soumettre à l'administration', -f une plainte à former, une demande à faire ? ilv< porte que l'affaire ne languisse pas par insuffisance de ren,-:J seignements, et que le Recteur ou !e Préfet n'ait pas besoin,;! avant de vous répondre, de s'éclairer par d'autres voies.
Or, votre supérieur immédiat, c'est l'inspecteur primaire. 11 visite votre école plusieurs fois dans l'année , il voit et touche tout ce que l'administration supérieure ne peut bien connaître que par son canal, et il loi appartient d'apprécier préalablement vos idées avant qu'elles puissent êtro l'objet d'un examen utile de la part de l'autorité placée au centre. Ayez donc une confiance entière dans l'équité de l'Inspecteur primaire ; dites-lui tout ce qui vous plait, tout ce qui vous gène ; écrivez-lui sans importunité , mais sans hésitation, et priez-le de transmettre à l'Inspecteur d'Académie , avec son avis , vos demandes ou observations personnelles. Il doit aimer ses fonctions et prendre un vif intérêt à tous les Instituteurs; il ne laissera pas vos réclamations en souffrance, et, en transmettant vos lettres, avec des conclusions motivées, à son supérieur hiérarchique, qui est aussi ie vôtre, il rendra possible au Préfet ou au Recteur, suivant la nature de l'affaire, une prompte solution.
Je ne vous ai pas parle de l'inspection générale primaire, parce que les hauts fonctioiinaires chargés de cette mission n'ont pas de rapports habituels avec vous. Cependant, Us visitent chaque année un certain nombre d'écoles rurales par département; ils contrôlent ce qui s'y fait de conforme OH de contraire auK règlements généraux ; ils y reco dent l'obéissance aux dispositions de la loi, aux ordres daj Ministre. Us en rappellent ou en confient l'exécution bqÏ Préfet ou au Recteur. S'ils confèrent ordinairement a les administrateurs seuls, s'ils entrent plus habituellemenl dans les écoles normales ou dans les écoles publiques deï
villes, vous pouvez être surpris par leur visite, et vous ne devez pas la redouter.
La loi actuelle établit encore d'autres autorités pour surveiller et diriger les écoles. Ce sont, au premier degré, les autorités locales, c'est-à-dire le maire , le curé , le pasteur ou le délégué du culte Israélite, et, dans les communes de deux mille âmes et au-dessus, un ou plusieurs habitants que le conseil départemental a désignés; au second degré, les délégués cantonaux, c'est-à-dire un ou plusieurs habitants notables de chaque canton , qui doivent faire des visites périodiques dans les écoles, se réunir pour transmettre au conseil départemental leurs propositions et leurs avis.
Vous ne pourriez, mon ami, sans un grave préjudice pour vous-même, ignorer les attributions de tous ces surveillants légaux des écoles. Ils n'useront peut-être pas toujours de tous leurs droits , et ce n'est pas à vous de mesurer leur zèle et de compter leurs visites. 11 vous suffît de savoir que l'entrée de l'école leur est toujours ouverte; que leur mission , bien qu'elle s'applique à 1 enseignement et à l'éducation morale , a plus spécialement l'éducation en vue , et qu'ils sont surtout chargés par le législateur de veiller à la gravité, à la régularité de votre conduite personnelle, à la tenue de votre maison , aux bonnes habitudes en tout genre que les enfants doivent recevoir de leur maître. Loin de vous la pensée de voir, dans ces hommes dévoués et désintéressés, des surveillants incommodes I Que votre porte s'ouvre toute grande devant eux, non pas seulement parce que la loi et les règlements le commandent , mais parce que vous devez habiter une maison de verre , et désirer que tous les yeux y pénètrent à tout moment.
Je vous suppose maintenant bien instruit de tout ce qui concerne le personnel et les droits des autorités préposées à l'enseignement. Il vous reste à connaître beaucoup d'autres dispositions légales. Commençons par celles qui regardent la matière même de vos leçons.
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L'élendue de l'enaeignement dans les écoles est déterminée par la loi ; mais la loi, dans sa prévoyance, étend ou resserre les matériaux, suivant la mesure de l'édifice à construire. Elle voua dit jusqu'où doit aller rinstruction dans les plus modestes écoles, et jusqu'où elle peut aller dans les plus importantes.
On conçoit, en effet, que, si le maître était libre de donner toute espèce d'enseignement , pourvu qu'il fût moral, la confusion s'introduirait dans l'instruction primaire, qu'il estai nécessaire de préserverd'ambition. Ce premier degré, indispensable à tous, irait se perdre dans une sphère plus élevée, celle de l'enseignement secondaire, qui n'est faite que pour un certain nombre. Les rêves de la vanité personnelle prendraient la place des vraies et solides réalités. Les maîtres d'école de nos villages se piqueraient Je former des hommes universels, et ne propageraient que l'orgueil de la demi-science, le plus funeste des orgueils.
Vous savez donc, mon ami, que l'instruction morale et religieuse, la lecture, l'écriture, les éléments de la langue française, le calcul et le système légal des poids et mesuresj composent la partie obligatoire de tout enseignement pri mûre, car elle s'impose même aux Instituteurs libres. La loJ de 1867 y a joint les éléments de l'histoire et de la g phie de la France. C'est là un contingent au-dessous duqudE nul n'a le droit de vous faire descendre, et vous devriez résister à toute sollicitation qui aurait pour but d'obteuis de vous un enseignement plus restreint que celui-là. Vou,aJ trouverez, en effet, des gens qui vous diront : Mon enfanb n'a pas besoin de grammaire. Qu'il sache seulement liret.l écrire et faire de petits comptes ; il parlera comme parlaient^ ses pères, et ce n'est pas le patois qui l'empêchera de fair»l sou chemin. D'autres, et en plus grand nombre peut-ètre;i viendront vous dire : Le système légal des poids et me^ sures 1 jamais mon enfant ne pourra se mettre ces choses-lfcj
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dans la tête. Nous avons bien compté sans tout cela jusqu'à présent, il fera de même; nous n'avons pas plus mal réussi pour avoir calculé par livres, sous et deniers ; qu'a-t-il besoin de perdre son temps à toutes ces belles inventions nouvelles ? — Si Ton vous tient ce langage, et vous pouvez vous y attendre, raisonnez d'abord avec douceur, et cherchez à persuader aux bonnes gens qui vous parlent qu'un peu de grammaire ne fera pas de mal à leurs enfants, et que la connaissance des poids et mesures, outre qu'elle leur sera fort utile, est commandée par la loi. Insiste-t-on, bornez-vous à dire que votre devoir est d'enseigner toutes ces choses, et que vous ne pouvez garder dans votre école que ceux qui les apprendront.
Le législateur a prévu que, dans certaines communes, je ne dis pas même les plus populeuses, mais les plus avides d'instruction, les plus satisfaites des soins de l'Instituteur, on pourrait désirer une extension de ce premier enseignement. Aussi a-t-elle permis aux autorités locales de réclamer cette extension, que doit rendre obligatoire l'autorité du Recteur, après avis du Conseil départemental. C'est ainsi que vous pourrez vous trouver appelé, même dans un village, à enseigner l'arithmétique appliquée aux opérations pratiques, les éléments de l'histoire et de la géographie, les notions des sciences physiques et de l'histoire naturelle applicables aux usages de la vie, les éléments de l'agriculture, de l'industrie et de l'hygiène, l'arpentage, le nivellement, le dessin linéaire, le chant, la gymnastique.
La loi de 1865 y ajoute le dessin d'ornement, le dessin d'imitation, les langues étrangères, la tenue des livres et les éléments de géométrie. La loi de 1833 attribuait ces objets d'enseignement aux écoles primaires supérieures. Quoique la législation actuelle ne mentionne pas ces écoles, on a emprunté une partie de leur programme, dans l'intérêt des localités où il est utile de former des contre-maîtres
pour les fabriques, pour les usines, des préparateurs pour les cours scientifiques, des géomètre s- arpenteurs, etc. C'est surtout dans les localités industrielles, manufacturières, que ce développement peut être demandé et môme exigé. Quant aux connaissances qui semblent tenir de l'enseignement primaire supérieur et de l'enseignement secondaire, je ne les mentionne que pour mémoire, et je ne vous en entretiens que pour ne rien laisser derrière nous. Il est pr(^ bable que vous n'en ferez jamais usage, et je me hâte d rentrer avec vous dans notre modeste département. ' Pénétrez-voua avec soin de tout ce qui vous est défeodN
I et de tout ce qui vous est permis. J'entrerai dans certaiirf détails à ce sujet ; mab, dès aujourd'hui, je vous engage 9** bien connaître les dispositions qui interdisent à l'Instituteur toute profession commerciale ou industrielle, qui exigent, pour l'exercice do toute fonction administrative, p l'autorisation du Conseil départemental, qui fixe la position I des instituteurs-adjoints, les conditions à remplir pour l l'établissement des pensionnats, pour l'ouverture d'une 1, classe d'adultes, enfin tout ce qui peut impliquer pour voua \' un devoir ou un légitime intérêt.
' La loi, les décrets, les règlements dressés par ordre et
BOUS les yeux de l'autorité centrale, ne composent pas tout I 11! bréviaire administratif, passez-moi ce mot, que l'Inati- [ tuteur primaire a besoin de connaître. Quelque précis que soienttousces documents, Us sont généraux et ne descendent pas dans les détails de la vie journalière. Aussi a-t-il fallu que l'autorité qui touche immédiatement aux écoles arrêtât i partout un règlement particulier, complément et commen- I taire de la législation générale. C'est le maître qui doit I rédiger son programme d'études, divisé en trois années, et il appartient au Conseil départemental d'approuver ce programme, qui guidera le maître avec certitude et l'affermira dans la pi'atique du bien. Vous avez certainement
SOUS les yeux ce règlement obligatoire, et vous en suivrez respectueusement les indications.