LETTRE XXXV
FONCTIONS ET MISSIONS DIVERSES AUXQUELLES PEUT ÊTRE APPELÉ L'INSTITUTEUR.
Dans les communes rurales, où le choix des hommes . spéciaux est difficile , il faut s'attendre à voir l'Instituteur appelé à des fonctions accessoires que lui seul est en état de remplir, ou qui seront évidemment mieux remplies par lui que par tout autre.
Il y a pourtant, dans cette nécessité de position, un assez grave danger : celui de dépenser un temps précieux au détriment des intérêts de l'école ; il y en a encore un : celui de s'attribuer une importance , ou , pour mieux dire , une influence capable d'égarer la vanité du maître et de l'emporter hors du cercle de ses devoirs.
Cette observation s'applique surtout au secrétariat de la mairie. Les maires de campagne, quoiqu'ils puissent offrir à l'administration la garantie de qualités très-soUdes, et porter même un bon sens remarquable dans la suite des affaires, ne se plient pas facilement à l'exécution des formalités légales, à la tenue des écritures, à la discussion raisonnée des intérêts communaux. Ce que je dis là des plus capables ressort davantage encore, comme il est naturel de le penser, lorsque la capacité est médiocre, ou lorsque les affaires personnelles , l'âge , la santé , un motif quelconque enfin, laisse au maire peu de loisir pour les détails. Ce qu'on peut dire du chef de l'administration communale s'applique , à plus forte raison, à son adjoint ou à ses adjoints, et ceux qui pourraient se suffire àeux-mêmes,
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sans un secrétaire spécial, forment une assez rare exception.
Le secrétaire de mairie devient donc, par la force des choses, un personnage, une manière de faclahm, sans lequel les affaires langiiiïserit'ou s'embronillent, et qui n'aura pas moins de courtisans que ses chefs. C'est un rôle pourrait séduire plus d'une petite ambition locale, d'auiant plus que de modestes émoluments y sont attachés.
Malheureusement l'expérience a prouvé, et prouve louS les jours, que le nombre des hommes qui peuvent occupefj ce poste, dans les petites communes, est infmiment rarsi et que les maires font des efl'orts, le plus souvent inutiles'^i pour en découvrir. Parmi les esprits suffisamment cultivéâdu pays , les uns sont des gens qui ont leurs affaires et qui n'accepteraient pas une position subordonnée ; les autres sont des bourgeois en retraite qui' viennent là se reposer d'avoir fait fortune, ou qui coulent tout doucement les dernières années d'une vie tranquille entre la promenade et la partie de cartes ; d'autres enfui sont des amateurs ennemis d'une occupation sui%îe , et qui ne travailleraient qu'à leurs heures. Ce n'est pas avec de tels éléments que peuvent se traiter les affaii-es de la commune.
Un seul homme semble indiqué tout naturellement pour occuper l'emploide secrétaire de mairie. Cet homme a fait des études; il connaît sa langue , sait rédiger un acte , a ordinairement une écriture nette et lisible, peut éplucher des pièces de comptabilité et faire les opérations d'arithmétique que ce contrôle exige, dresser un budget, formuler une délibération. Il a l'habitude da travail, et il sait se réserver du loisir; il est en relation nécessaire avec une bonne partie des habitants de la commune, et il peut leur parler la langue des affaires, les comprendre, être aussi compris par eux; il ne possède d'ailleurs que de modiques ressources, et un accroissement de pécule ne lui est pas indifférent. S'il a de
la famUle, la perspective d'une indemnité lui sourit davantage encore, et Ton a tout lieu de compter sur son activité, sur son zèle, d'accord avec son intérêt.
Cet homme , mon bon ami , vous l'avez nommé : c'est l'Instituteur. Aussi, excepté dans les communes très-populeuses, où les habitants se condensent et se concentrent, où les chances de trouver des hommes capables et de loisir se multiplient, voit-on les maires empressés de s'attacher, comme secrétaires de mairie, les Instituteurs primaires. On peut même dire que , la plupart du temps , leur empressement n'a pas le mérite d'une préférence. Le choix est forcé; il ne s'agit pas du meilleur, mais du seul possible.
Cependant, il faut bien le reconnaître, cette convenance entraine des inconvénients. L'Instituteur est sous l'autorité du maire. Quand il se sent nécessaire , il peut être tenté d'abuser de la force majeure qui le porte à des fonctions administratives ; ou bien, au contraire, le maire, abusant de la dépendance du maître d'école , peut imposer au secrétaire des irrégularités qui les compromettraient tous deux ; par exemple , lui faire exécuter, pendant l'heure même de la classe , des travaux relatifs à la gestion municipale. On verra les Instituteurs les plus faibles de caractère , ou les moins zélés , charger un ou plusieurs des plus grands élèves de faire réciter aux autres leurs leçons, tandis qu'eux-mêmes, assis à leur table et présents de corps seulement aux exercices scolaires, établiront un rôle ou dresseront un devis de matériaux. La négligence s'introduira dans l'école , qui ne sera plus dirigée avec cette attention soutenue, avec ce soin de tous les moments, d'où dépendent la discipline et les progrès. On s'étudiera à cacher le désordre aux Inspecteurs , à tous ceux qui visiteront l'école, et la ruse, le mensonge peut-être viendront au secours de la paresse ; le devoir principal , fondamental , sera sacrifié aux fonctions accessoires ; on usera dans les écritures du
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I Secrétariat la force qu'on doit employer consciencieusement à enseigner la religion et la morale , la grammaire , les
I opérations du calcul. On ne sera plus un Instituteur, mais une tète légère, un spéculateur cupide ; on aura manqué à des obligations sacrées ; on risquera d'attirer sur soi toute I la sévérité des règlements.
I Je pourrais charger encore ce mauvais côté , ce plateau
I de la balance. Pour être juste, il faut voir aussi ce qui doit peser dans l'autre plateau. Quand l'Instituteur est justement scrupuleux et ne fait pas bon marché da son devoir, il rend, comme secrétaire de nnairie, les plus grands services. Les magistrats de l'ordre judiciaire, entre les mains de qui il arrive si souvent des pièces incomplètes et mal rédigées, lorsque le secrétaire est pris au hasard, recon- I naissent que le choix de l'Instituteur leur assure une meîl- I leure expédition des affaires. L'administration départementale, dans ses relations si multipliées avec les communes, gagne du temps et recueille des données exactes et précises, lorsque les dossiers que le maire lui transmet ont été mis en ordre et complétés par les soins intelligents d'un homme d'études. D'ailleurs , la considération de l'Instituteur se ' rehausse de l'influence modérée dont il se contente. L'emploi des heures qui restent libres avant ou après la classe . est à l'abri de tout soupçon, et la gravité des mœurs est I comme garantie par le sérieux des occupations. . Tout dépend donc, en pareille matière, du tact et de la
p mesure. L'Instituteur, ensoranie, ne doit jamais faire souff frir son école des travaux de son secrétariat , et il faut que la population soit bien persuadée qu'il se rend ainsi deux fois utile.
J'ajouterai que ce tact, cette mesure ne seront pas moins nécessaires au maître qui trouvera dans le secrétariat de la mairie un moyen réel d'influence. S'il use de cette influence, 1 an"aire d'élection par exemple, de manière à
blesser les uns, à exalter les autres; si, par les cohsèils d'une vaine présomption, il contrarie, lui fonctionnaire', les vues de Tautorité supérieure, il entre dans une voie pleine de dangers , au bout de laquelle est une chute inévitable. Le triomphe d'un candidat chatouillera sa vanité ; mais il aura perdu cette neutralité précieuse qiii est le devoir et la force des maîtres de la jeunesse, qui les maintient eh bonne harmonie avec toutes les familles , eux qui doivent à tous les enfants le même intérêt et les mêmes soins.
De mon temps, cher ami, aucune formalité préalable n'était imposée à l'Instituteur pour occuper le poste de secrétaire de mairie. Il suffisait qu'il fût choisi par l'autorité municipale ; c'était un honneur et un profit approuvés d'avance par l'administration de l'instruction publique. L'Inspecteur avait seulement le droit dé s'assurer que l'une des deux fonctions ne nuisait pa;s à l'autre , et il signalait les abus, suivant la législation du moment, au Préfet ou au Recteur. Aujourd'hui , les abus s'étant aggravés dans un temps de fièvre politique, la loi est devenue plus prévoyante. Elle a statué que les Instituteurs ne pourraient remplir aucune fonction administrative sans l'autorisation du Conseil départemental , qui , de son côté , consulte les Inspecteurs primaires, les délégués cantonnaux, sur l'opportunité , et n'accorde souvent que des autorisations temporaires, limitées en général à une année. C'est surtout au secrétariat de la mairie que sont appliquées les restrictions prudentes de la législation nouvelle.
Quand une demande de ce genre est introduite par le Préfet devant le Conseil départemental, on examine généralement quelle est l'importance de la population dans la commune, et, par contre-coup, quelle facilité plus ou moins grande on aurait de trouver un secrétaire de mairie autre que l'Instituteur; quel est le nombre moyen, acluel ou présumable, des enfants de l'école, et, conséquemment.
r iitenirà
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jifequ'à quel point le maître peut disposer d'un temps de loisir ; quel est le degré de zèle, d"a<?tivité de l'Institutelir ; s'il mérite, par ses antécédents de moralité et de capacité, qu'on lui procure un nouvet avantagé ; s'il n'a commis par le passé aucune de ces imprudences qui pourraient en faire craindre de pareilles pour l'avenir. C'est donc eh connaissance de cause qu'on lui permet de remplii" des fonctions délicates, qu'on a d'ailleurs le droit de lui interdire, dés qu'il y aurait apparence de danger et d'abus.
Tous voyez, mon ami, combien, en toute occasioli, l'Instituteur a besoin de' circonspection , de persévérance , de progrès courageux dans le bien .'11 peut être suffisant comme maître, mais ne pas mériter une distinction et une faveur, et, pour les avantages accessoires , on les accordera toujours de préférence à ceux qui auront fait preuve de bonnes et solides qualités.
D'autres fonctions encore pourront être offertes à l'Instituteur, et seront confiées plus utilement à lui qu'à tout autre dans une commune rurale : la fonction de chantre par exemple. Le curé ne désire rien tant que de trouver dana le maître d'école un auxiliaire complaisant et capable, qui connaisse le plain-chanl et qui possède une bonne voix. Les hommes du crû qui remplissent cette tâche n'ont pas ■ une réputation de sobriété bien établie, et le curé est heureux de voir qu'un homme de bonne tenue et de mœurs' J graves lui prête son concours pour faire entendre dans lai lieu saint les louanges du Seigneur. Il n'y a pas à craindrt que le chantre, comme le secrétaire de mairie, puisse abusée 1 de sa position. Celle-ci est précise et déterminée; elle ne' J comporte pas de difficultés ; elle n'a rien de commun a les opinions qui peuvent diviser la commune ; elle resse le lien naturel qui doit unir l'Instituteur au pasteur. Toutes les fois donc que le maître possède un organe suffisamment exercé/ il fait bien de se rendre utile à l'église, et le rol^ de chantre lui est naturellement dévolu.
Quelquefois, on propose à l'Instituteur les fonctions de receveur-buraliste. Ceux qui sont mariés peuvent obtenir, suivant les lieux et les circonstances, Tautorisation d'occuper un emploi peu actif, dont les quelques opérations sont laissées aux soins de leurs femmes, et dont Texercice ajoute au bien-être de la famille. Le Conseil départemental est juge du cas, et il n'autorisera que lorsque la convenance lui sera démontrée. Il faut seulement recommander à llnstituteur de ne pas quêter ces sortes d'occupations accessoires. Il se doit à son école , et il a grand intérêt à ne pas se montrer âpre au gain le plus modeste. Mieux valent pour lui quelques privations, que l'ombre même d'une réputation d'avidité.
Dans un temps où l'instruction primaire était bien défectueuse en France, et où la dignité du maître n'était pas mieux sauvegardée que l'enseignement n'était compris, avant la loi de 1833 (1), enfin, j'ai vu, dans une commune rurale de médiocre importance, un pauvre diable de maître d'école qui réunissait les fonctions les plus bizarrement accouplées. Il était paralysé des deux jambes, et cependant il joignait à son titre d'Instituteur, à celui de secrétaire de mairie et de chantre, le titre de tambour-afficheur. Le malheureux, toutes les fois qu'il y avait un objet perdu à tambouriner , montait sur les épaules d'un petit garçon, qui ceignait le tambour et lui en remettait les baguettes. Ce petit garçon ne prêtait que ses jambes, et l'Instituteur faisait jouer gravement les baguettes sur la caisse accrochée à la hauteur de la poitrine de l'enfant. Par le moyen du même véhicule, il allait, aux lieux marqués, apposer sur les murs les affiches annonçant des lots de terre à vendre,
(1) Si l'on remontait plus haut, on trouverait qu'avant 1789, l'instruction primaire était plus avancée qu'en 1830; mais l'importance de ce fait historique ne change rien à nos assertions.
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des avis ou des arrêtés officiels. L'enfant se plantait contre la muraille, l'autre maniait le pinceau et badigeonnait l'affiche; puis son porteur allait le replacer sur la chaise magistrale du haut de laquelle il commençait la leçon. Comme il n'y avait pas , à cette époque , un minimum fixé par la loi, le pauvre homme groupait avec rapacité les divers profits de ses emplois , et , parmi ceux qui pouvaient exercer une surveillance sur les écoles, les uns par commisération, les autres par indifférence , laissaient se perpétuer un état de choses devenu heureusement impossible depuis quarante ans.
On a demandé s'il est permis à l'Instituteur de rédiger des actes sous seing-privé. L'essence de ces actes étant de n'être pas reçus par un officier public, il est bien clair que rien ne s'oppose, légalement parlant, à ce que l'Instituteur, ainsi que toute personne sachant écrire, les rédige quand il en est requis, et qu'il lui convient de le faire. Cependant, il y a deux motifs pour qu'il soit très-réservé en pareil cas. Le premier est que, s'il étendait cette habitude, moyennant une rétribution convenue, il en ferait une industrie qui di- ■ minuerait aa dignité ; le second , qui est le plus grave , est que, s'il avait alTaire à des gens retors et de mauvaise foi, il pourrait se trouver compromis , par le seul fait de son écriture, dans des affaires peu honorables dont il n'aurait peut-être pas senti toute la portée. Je vais vous en citer un exemple récent et douloureux.
Un Instituteur occupait une petite maison louée par la commune à un propriétau-e qui spéculait sur les terrains. Ce propriétaire, par une exigence qu'on avait eu le tort d'admettre, s'était réservé, dans la maison, un pied à terre qu'il habitait assez Bouvent. Des relations de confiance et d'intimité s'étabhrent entre lui et l'Instituteur. Les spéculations ne furent pas heureuses; les créanciers devinrent pressants ; la faillite fut imminente. Le débiteur, qui vimlail
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soustraire une partie du gage aux créanciers, pria son ami de rédiger en son nom un acte par lequel il offrirait de désintéresser entièrement les deux plus impitoyables, pourvu qu'ils se désistassent de la poursuite , sans donner Féveil aux moins acharnés. L'acte fut écrit par le maître d'école, et signé, bien entendu, par le débiteur. Les deux créanciers se révoltèrent à l'idée d'une fraude qui eût frustre tous les autres; la bombe éclata; la banqueroute frauduleuse fut déclarée, et le débiteur traîné en cour d'assises. Cité comme témoin, Tlnstituteur se vit menacé de changer "de rôle. Le tribunal lui reprocha cette pièce écrite de sa main , qui indiquait au moins la connaissance de la fraude , et le faisait participer par une lâche connivence au crime commis par son propriétaire. Il fut réduit à s'excuser sur un défaut de réflexion et d'intelligence , sur une confiance aveugle dans la parole et la demande d'un ami. Le débiteur de mauvaise foi souffrit une condamnation sévère ; l'Instituteur fut réprimandé avec énergie par le président, et le Recteur de l'Académie, justement persuadé que la délicatesse et la probité des maîtres de l'enfance doivent être à l'abri du soupçon, exigea de cet homme faible une démission immédiate. Un refus eût entraîné l'éclat public d'une révocation.
Cet amour du lucre, dont les Instituteurs doivent se préserver comme de la peste, en a engagé quelques-uns à se faire agents de certaines compagnies, de celles, par exemple, qui se forment pour les remplacements militaires. J'en ai vu de très-habiles dans cette négociation, qui savaient, à cinq francs près, ce que vaut un homme, et qui discutaient, avec toute la supériorité des maquignons émérites, le prix d'un sujet propre au service. Les Conseils académiques et départementaux ont arrêté cet abus. Un Instituteur, recommandable d'ailleurs , ayant reçu l'ordre de cesser une industrie qui cadrait si mal avec ses fonctions, répondit qu'il obéirait sans retard et sans murmure, quoiqu'on le privât
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ainsi d'un éventuel bien lucratif, et qui lui avait permis de réaliser d'assez bonnes économies. Mais la force de l'babitude et l'attrait du gain lut firent oublier sa promesse d'obéissance; il fut surpris quelque temps après, attablé dans un cabaret, et discutant, au nom de ses patrons mystérieux, le prix d'achat d'un remplaçant. L'indulgence n'était plus possible, et le malheureux, qui n'avait pas su se contenter d'avantages digne.s et modestes, se vit privé de l'emploi qu'il avait si imprudemment avili.
Il y a , au contraire , des titres qui peuvent être offerts aux Instituteurs, des missions spéciales plutôt que des fonctions, qui sont en harmonie parfaite avec la dignité de leur fonction principale. S'ils ont besoin d'une autorisation officielle pour les accepter, parce que tout ce qui exige d'eux an temps rigoureusement dû à l'école doit être approuvé par leurs supérieurs, cette autorisation ne saurait leur manquer ; l'autorité est favorable à tout ce qui honore ses agents, à tout ce qui les montre dignes de l'estime publique.
Ainsi, tel Instituteur sera nommé par le Préfet mcnjbra d'une commission administrative de bienfaisance.
Tel autre, qui aura des connaissances spéciales en agriculture , sera désigné pour prendre part aux travaux d'un comice agricole.
Un autre, par sa bonne réputation morale et son instruction personnelle , aura mérité dlétre appelé au sein d'une eommiesion d'examen.
Ce ne sont là ni des pertes de temps nuisibles aux intâ' rets de l'école, ni des occupations dans lesquelles l'inconvénient soit à côté de l'avantage ; il n'y a qu'avantage à ce qoe l'instituteur reçoive une marque de confiance de ses meilleurs juges, de ses chefs les plus éclairés.
Encore une observation avant de quitter ce chapitre.
Que l'Instituteur distingue clairement , au fond de sa
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conscience, quelles sont les fonctions, quelles sont les missions accessoires qui peuvent porter atteinte à sa considération , et quelles sont celles qui doivent ajouter à sa consistance morale. Ce n'est pas parce qu'une occupation serait salariée , et parce qu'une autre ne le serait pas, que celle-ci serait acceptable , et que celle-là devrait être refusée. Le secrétariat de la mairie est salarié , et convient , dans un grand nombre de cas , à l'Instituteur ; la rédaction d'actes sous seing privé peut être une simple affaire de complaisance, sans profit à espérer, et cependant c'est une mission délicate, qui peut aller jusqu'à compromettre celui qui s'en est chargé.
Que le maître ait donc soin de réfléchir avant d'accepter ou de provoquer quelque attribution que ce soit, hors du cercle de ses devoirs ordinaires. S'il hésite, qu'il consulte des personnes sages, et, avant tout, l'Inspecteur primaire, à qui ses besoins et ses aptitudes sont si bien connus. Que fais-je autre chose que lui recommander, dans son intérêt privé, ce qui lui est recommandé avec tant d'instances pour le gouvernement de son école ; c'est-à-dire de prendre toujours pour guide et pour règle, pour instrument de réflexion et pour motif sérieux d'agir, la plus modeste , mais la plus puissante des facultés de l'homme : le bon sens ?
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