‹ Lettres sur la réforme judiciare [microforme]Chapitre 58 sur 140 · RES · texte numérisé non relu

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de nouvelles causes à la Cour de Révision, à la Cour de faillite, à l'enquête, à la division de pratique, etc.

Les plaidoieries des avocats sont entièrement perdues ; aussi j'admire plus la confiance et la candeur de celui qui plaide sa cause avec soin, que je ne m'étonne de voir tant d'avocats soumettre les affaires sans les préparer, et souvent offrir de le faire sans dire un mot.

Les conséquences sont telles qu'on doit les attendre de ce tableau fidèle de ce qui se passe continuellement à Montréal. Les méprises, les erreurs, les dénis de justice sont flagrants. Il n’est point d'avocat qui n’ait quelque cas extraordinaire à citer. On a vu un juge parler plus d’une heure, en rendant un son jugement, et prendre le demandeur pour le défendeur jusqu'à la fin. La Cour d'Appel elle-même, après s'être prononcée ouvertement pour confirmer un jugement, rédigea un arrêt qui l'infirmait. Cette cause est rapportée et remonte à dix ou douze ans. On entend des narrations de faits par les juges qui quelquefois excitent le fou-rire ou soulèvent l'indignation. J'ai vu un jugement dans lequel il était dit que la créance du contestant était postérieu :? à celle du contesté, et les actes invoqués montraient le contraire. Dans une cause portée au Conseil Privé, un testament était cité d'une manière tout à fait incorrecte dans le jugement porté en appel, et les Lords du Conseil Privé dirent qu'il était évident que l’hon. juge qui avait prétendu faire cette citation avait été trompé par une fausse copie du testament. Ce fait est constaté dans nos rapports judiciaires. Enfin, je terminerai par trois faits qui m'auraient dispensé d'en citer d'autres et qui démontrent à quoi s:rvent les plaidoieries orales.

Ün honorable juge vient un jour prononcer une, couple de douzaines de jugements, suivant la coutume, dans des causes qu'il retenait en délibéré depuis plusieurs mois. Il prend un dossier, donne les noms des parties, se met à expliquer les faits de la cause et à la commenter. L'un des avocats se lève et dit au juge qu'il fait erreur; cette affaire ne lui a pas été soumise ; elle a été plaidée devant tel autre juge : ‘“ peut-

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