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XIV. — LES AUTRES REFORMES

non faire reculer (!)• Ils vaudraient mieux encore si l'on s'était moins appliqué à en faire de pures machines.

(1) On lira avec intérêt l'analyse suivante des qualités mora)«s auxquelles les armées russes doivent leur supériorité sur la plupart des armées du continent, empruntée a l'ouvrage d'un « résident anglais » en Russie.

« Lorsque le soldat russe, dont les qualités physiques répondent si peu aux nécessités de sa profession, arrive, survivant aux marches/ aux privations, à Tinclémence du temps, en présence de Tennemi, il demeure anxieux et timide à Tendroit où la discipline le place... Peut-être le lecteur doutera-t-il qu'une infanterie formée d'éléments si peu redoutables puisse justifier Topinion que nous avons exprimée de sa force comme ensemble ; sa surprise redoublera probablement quand nous ajouterons qu'un jour de bataille cette même infanterie, nonobstant le manque d'o£fi.ciers convenables, aura toujours une supériorité décidée sur celle de TAutriche, de la Prusse et de plusieurs autres nations continentales. Il en est ainsi cependant; l'expérience le prouve, et cela s'explique par une raison fort simple, c'est que les Russes, quelle que soit l'impression qu'ils éprouvent individuellement, conservent leurs rangs et continuent d'agir en colonnes, sans se rompre, là où les Autrichiens et les Prussiens faiblissent et se dispersent.

« Il faut dire que les plus braves troupes de l'Europe offriraient au spectateur désappointé peu de sujets d'éloges s'il les voyait de ses propres yeux pendant l'action, au lieu de s'en rapporter aux notions de l'histoire et aux récits des acteurs du drame. Mais chez les individus aussi bien que dans les corps collectifs, il tant juger du courage conime de toutes les autres qualités, par comparaison. Ainsi une infanterie qui conserve avec fermeté son ordre de bataille, qui continue son feu sous la charge d'une colonne ennemie, ou qui demeure sans se rompre en présence de masses menaçantes, quoique chaque soldat reste à son rang les joues pâles et les lèvres tremblantes de terreur, ime telle infanterie est si rare et si importante dans la situation présente des armées européennes qu'elle donne à celles qui la possèdent un avantage marqué sur tout autre, même quand il s'y joint peu d'intelligence dans le soldat, peu de bravoure dans

L'armée du Caucase seule a échappé au système d'automatisme aUemahd qui faisait les délices de l'empereur Nicolas et dont la dernière guerre a fait justice. Sur les flancs abrupts et dans les gorges encore inexplorées du Caucase, chacun, offlçier ou soldat, ayant incessamment besoin de faire appel à son initiative, pour se tirer d'affaire, il fallait bien laisser de côté le pédantisme de la discipline. Aussi, l'armée du Caucase jouit-elle d'une

Poffîcier^ pen d'instruction dans la cavalerie et rartillerie. Telle est la situation des troupes russes comparées à celles de la plupart des pays voisins.

« Dans les données actuelles de l'art de la guerre, Tinfanterie peut être considérée comme Tâme des armées. Les autres armes, quoique utiles et nécessaires, ne sont pourtant que des acces^ soires, et leur infériorité, lorsqu'il n'y a pas manquement absolu, est plus que compensée par la fermeté de la première. Cette fermeté, les Autrichiens, les Prussiens, les Français ni les Polonais ne la possèdent pas au même degré que les Russes, bien que les officiers moscovites le cèdent de beaucoup à ceux de tous ces peuples pour Tintelligence et la conduite personnelle, et que les Français et les Polonais particulièrement aient fiur eux l'avantage de la bouillante ardeur de leurs masses et du génie militaire qui les caractérise. Si l'on peut juger de l'avenir par le pasMé, il est à croire que les armées moscovites se montreront toujours dignes de marcher avec les armées allemandes, et que, réunies a elles, la supériorité numérique leur assurera la victoire sur les Français, de même qu'elles ont triomphé de la Pologne. Même pendant la période la moins brillante de leur histoire, celle qui s'est écoulée depuis le rappel de Suwarow par l'empereur Paul (période de décadence visible pour les armées russes), il est impossible, en étudiant avec attention leurs campagnes, de méconnaître leur supériorité sur les Prussiens et les Autrichiens avec lesquels on les voit combattre constamment côte a côte, et Ton est obligé de convenir qu'en général leurs défaites doivent être attribuées à leurs alliés et leurs succès

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