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XIV. — LES AUTRES REFORMES

sur le public de mes Conférences à Saint-Pétersbourg, à Moscou et à Odessa une épreuve qui m*a réussi à souhait. Je citais une comparaison ingénieuse de M. Cobden entre la Russie et un grand propriétaire qui, au lieu d'employer ses ressources à améliorer son immense domaine, mettrait son orgueil et son ambition à acquérir incessamment de nouvelles terres qu'il laisserait en friche. Partout, la comparaison de l'illustre

continentales. Il est basé sur Y effet moral que produit sur l'ennemi la vue de masses avançant d'un pas rapide pour charger . soit la ligne, soit la colonne qui leur est opposée, mais de^ masses qui ont renoncé en partie à Tavantage de leurs armes â. feu par la nature même d'une formation dans laquelle un rang masquant l'autre à une grande profondeur le met dans l'impossibilité matérielle de tirer. Ce système, les brillants généraux qui ont surgi de la république française et Napoléon lui-même l'ont employé. L'expérience prouve que les lignes prussiennes, autrichiennes, allemandes et espagnoles ont invariablement lâché pied toutes les fois qu'une colonne française s'approchait éCelles d une grande distance^ et les généraux français n'ont jamais éprouvé de grandes difficultés d conduire leurs colonnes jusq'vCd ce point critique^ auquel ils étaient habitués à voir l'ennemi céder le terrain. Les victoires des enfants de la révolution finirent par établir la supériorité du système d'ordre profond qui fut universellement adopté.

« Mais quand les généraux de l'empire, et après eux Napoléon lui-même, vinrent à employer ce mode d'attaque contre une infanterie réellement erme — l'infanterie anglaise — ils furent surpris de voir encore que leurs colonnes s'approchassent plus prés de celle-ci qu'elles ne l'avaient jamais fait des Allemands, sans qu'elle cédât le terrain. La ligne anglaise tenait ferme, aussi inébranlable qu'auparavant ; de sorte que l'effet de la mousqttôterie devenant plus meurtrier à mesure qu'elles avançaient, les colonnes d'attaque devaient évidemment finir par se rompre, puisque la ligne adverse ne se rompait pas. Dans toutes les

ami de la paix était applaudie à tout rompre. Cependant, chose qui surprendra fort mes lecteurs, français ou belges, l'élément militaire était largement représenté à mes conférences. A Saint-Pétersbourg, par exemple, je comptais, au nombre de mes auditeurs les plus assidus et les plus bienveillants, une trentaine de jeunes officiers aux gardes. Autre trait caractéristique. Grâce à une tolérance née de la bonhomie et du sens pratique

ongues guerres en Frauee, en Allemagne et ea Espagne, c'^est à peiné si Ton vit une seule fois les lignes allemandes, autrichiennes et piussiennes ne pas se retirer devant les masses françaises longtemps avant que celles-ci ne les abordassent j tandis qu*il est sans exemple que ces mêmes masses se soient fait jour d travers une ligne qui les attendait^ comme il arriva de Tinfanterie anglaise. Ainsi, l'emploi de la baïonnette, que le préjugé national regarde comme la force des armées britanniques, est au contraire le trait caractéristique du système de tactique dont les Français ont toujours fait usage depuis la révolution, et que toutes les autres nations continuent d'employer après avoir été vaincues par eux.

« Quoique ces colonnes d'attaque n'aient été inventées qu'afin de traverser la ligne ennemie, ou de mettre en pièces, à la pointe de la baïonnette, les colonnes contre lesquelles elles étaient dirigées, une charge avec cette arme, telle qu'on l'entend communément, et dans laquelle la baïonnette se croise avec la baïonnette, « au fort du combat, > est une chose qui ne s'est jamais vue, hors quelques cas partiels où, trompés par une épaisse fumée, les troupes étaient arrivées à leur insu les unes sur les autres. Jamais cela ne s'était fait à dessein, ou sur le front de tout un corps d'armée : l'un des deux partis a constamment fait retraite avant de se trouver en coi: tact avec l'autre, et le vainqueur n'a plus eu à frapper que dçs hommes en fuite. C'est ainsi que dans les nombreuses rencontres des Françaii et des Anglais en Espagne, la baïonnette — sur laquelle les premiers fondaient principalement leur espoir de succès — leur fut

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