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XIV. — LES AUTRES REFORMES

d*y recevoir de nouveaux dépôts et on laissa aux déposants Talternative de se contenter d'un intérêt réduit à 2 0/0, c'est-à-dire abaissé de moitié, ou d'être remboursés en obligations portant intérêt à 5 0/0 et s'éteignant en 37 ans. En même temps on fonda, àl'imitation de ce qui s'est fait en Belgique, une banque na-^ tionale destinée à concentrer les opérations de l'escompte et plus tard celles de la circulation, après le règlement de l'affaire du papier-monnaie. Quant aux opérations de prêt sur hypothèque et à long terme, interdites, comme en Belgique, à la nouvelle banque, le gouvernement paraissait assez disposé à les abandonner à des banques libres (1) ; mais, en attendant que ces banques libres s'organisent, — et dans l'état actuel de la circulation fiduciaire, elles peuvent difficilement s'organiser, — les propriétaires qui ont besoin de capitaux se trouvent placés entre le régime des banques d'État qui ne fonctionne plus et le régime des banques particulières qui ne fonctionne pas encore. Chose curieuse I à l'époqu^ où ils n'empruntaient que pour gaspiller, la caisse des banques leur demeurait ouverte jusqu'à ce qu'ils eussent

(1) Une commission a été chargée de préparer le règlement des banques foncières, sous la présidence de M. Hagemeister, directeur de la chancellerie du crédit, dont les travaux statistiques et financiers sont justement estimés. Le rapport, fait au nom de la commission par M. Vladimir de Bezobrazoflf, un des économistes les plus distingués que possède la Russie, est un chaud 9t remarquable plaidoyer en faveur de la liberté des banques foncières et agricoles,

hypothéqué leur dernière âme (1), maintenant qu'ils sont disposés à emprunter dans un but utile, la caisse des banques est fermée. Ai-je besoin d'ajouter encore qu'en liquidant les banques de la couronne et en se hâtant de fonder une banque privilégiée d'escompte et de circulation, on a mis la charrue devant les bœufs ; qu'il fallait avant tout consolider le sol du crédit, en liquidant le papier-monnaie ; que cette opération faite, les banques de la couronne auraient pu, moyennant une transfornaation devenue facile, servir de premiers matériaux à un système de banques libres, commerciales, industrielles et agricoles , lesquelles n'auraient pas manqué de s'étendre et de se multiplier en raison des besoins du crédit. Mais on a hésité à prendre une résolution nécessaire, et j'ai bien peur qu'on n'ait à se repentir plus tard d'avoir empêche, par ces tergiversations déplorables, la liberté du crédit de venir en aide à la liberté du travail.

L'obstacle que le maintien du papier-monnaie oppo-

(1) Ces prêts s'effectuaient, en moyenne, à raison de 60 roubles par âme, sur l'état de population du dernier recensement. De là, la fiction lugubre et saisissante sur laquelle repose le célèbre roman des Ames mortes, de Nicolas Gogol. Le héros du roman parcourt la Russie pour acheter aux propriétaires leurs serfs morts depuis le dernier recensement, autrement dit leurs âmes mortes. Les propriétaires sont fort heureux de lui céder à vil prix cette marchandise pour laquelle ils n'avaient point iusqu'alors trouvé de débouché. Son titre de propriété à la main, Taeheteur se présente aux banques de la couronne qui lui prêtent la somme accoutumée sur ses âmes, sans s'enquérir si elles sont mortes ou vives.

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