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XIV. - LES AUTRES RÉFORMES

sait au développement des institutions de crédit était pour beaucoup aussi dans la crise qui venait d'atteindre les associations industrielles et commerciales récemment fondées. Remarquons à ce propos qu'aucun peuple, sans excepter même les Anglo-Saxons, ne possède à un plus haut degré que la race slave le goût et le génie de l'association. Ses vieilles communautés agricoles, si bien appropriées aux nécessités de l'époque où elles s'établirent, ses artels, utiles et ingénieuses mutualités d'ouvriers, en portent témoignage (1). Aussi, à peine le gouvernement eut-il lâché la bride à l'esprit d'association, que l'on vit se multiplier rapidement les sociétés industrielles et commerciales, les compagnies pour la construction et l'exploitation des voies de communication, bien que celles-ci eussent été découragées

(1) Les artels sont des associations d'ouvriers qui répondent les uns des autres et qui peuvent offrir, grâce à cette garantie mutuelle, une sécurité particulière à ceux qui les emploient. C'est ainsi que Vartel des garçons de café est responsable de l'argenterie et des autres objets mobiliers qui sont dérobés ou qui se perdent dans les établissements dont ses membres font le service. C'est ainsi encore que le 'gostinoi dvor (bazar) de Moscou est gardé par des surveillants à gages dont Vartel se charge de rembourser aux marchands la. valeur des marchandises qu'on leur 'dérobe. Aussi n'y a-t-il point de bazar mieux gardé que le gosti^ noi dvoràe Moscou. N'est-ce point là, pour le dire en passant, un progrès que les gouvernements qui se font payer si cher l'assurance de la vie et de la propriété de leurs administrés pourraient emprunter avec avantages aux artels moscovites ? Les ouvriers organisés en artels obtiennent naturellement un supplément de salaire équivalent à la prime de la sécurité que leur association garantit à ceux qui les emploient.

par la concession des grandes lignes à une compagnie privilégiée, etc., etc. C'était un enfantement merveilleux d'entreprises, les unes folles et impossibles, les autres sérieuses et fécondes. Eh bien ! tout ce bel enfantement est en train d'avorter. Pourquoi*? D'abord parce qu'en Russie, comme ailleurs, les actionnaires ont eu leur éducation à faire, et que cette éducation-là coûte cher ; les nôtres en savent bien quelque chose ! Ensuite et surtout parce que l'association ne peut se passer de l'auxiliaire du crédit ; parce qu'il faut, pour constituer des sociétés sérieuses, des intermédiaires capables et sûrs, crédits mobiliers, mutualités ou banques commanditaires, entre les demandeurs et les détenteurs de capitaux ; parce qu'il faut encore pour les soutenir, en régularisant leur marche, des banques de dépôt et d'escompte. Mais on ne s'avisait point d'aller chercher si loin la cause de leur échec ; on se contentait de répéter que « le peuple russe n'est décidément pas mûr pour la liberté d'association. »

Il n'est pas mûr non plus pour la liberté du commerce, cela est bien entendu. A l'exemple des nations de l'Occident, la Russie a adopté le régime prohibitif et elle l'a conservé à peu près intact jusqu'en 1857. Alors, des modifications importantes ont été apportées à son tarif : un grand nombre d'articles, les fers, les machines, les fils et tissus de coton et de laine, etc., o-nt été dégrevés dans une large mesure, et, comme d'habitude, l'industrie nationale que la réforme devait

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