XV. — LE RETOUR
verte de vignes, d'oliviers et de figuiers. On fait halte à mi-chemîn, au bord d'un ruisseau presque desséché : ce ruisseau c'est le Céphise. A l'entrée d'Athènes, nous quittons notre véhicule pour monter au temple de Thésée, qui a servi de modèle à l'église de la Madeleine et qui a résisté presque intact à l'effort deg siècles. Il est rempli de bas-reliefs et de toutes sortes de débris à faire pleurer d'attendrissement un professeur de grec. On nous montre un peu plus haut la colline de l'Aréopage et même les sièges de marbre blanc où s'asseyaient les aréopagites. Des élèves de l'école française d'Athènes sont en train d'y fumer leurs pipes. Plus haut encore, c'est une cave grillée que notre guide décore du titre flatteur de prison de Socrate. Nous arrivons, après une ascension pénible, à l'Acropole (citadelle d'Athènes), où se dresse, dans la majesté de ses ruines, le Parthénon, ce funeste chef-d'œuvre, dont l'architecture officielle a tiré aux frais des contribuables tant de palais royaux ou nationaux, d'églises, de salles de spectacle, de bourses et de casernes. Une bombe vénitienne a commencé sa ruine au xvii* siècle ; lord Elgin a continué l'œuvre des Vénitiens en le dépouillant de ses bas-reliefs, et les Turcs ont achevé l'œuvre de lord Elgin en bombardant l'Acropole en 1826 ; leurs projectiles jonchent encore le sol, mêlés aux éclats et à la poussière du marbre. Cependant les colonnades ruinées du chef-d'œuvre d'Ictinus et de Phidias, se profilant dans le ciel transparent de l'Attique, n'en]conservent pas moins un air de majesté
souveraine qui oblige les plus farouches ennemis dfi Tarchitecture officielle eux-mêmes à s'incliner. Le Parthénon occupe le sommet de l'Acropole. A 150 ou 200 pieds au dessous se déroule le panorama d'Athènes, le plus bourgeois des panoramas, car, on a bâti là, en présence de la plus belle des ruines, la plus Tulgaire des cités. Les maçons de la plaine n'auraient-ils jamais levé les yeux vers la montagne? De l'autre côté d'Athènes se dresse le mont Cavitos; plus loin le Pentélique, dont le marbre a servi à bâtir les édifices de l'Acropole ; à notre droite le mont Hymette, aimé des abeilles ; mais les crêtes de ces vieux monts sont déboisées, le paysage a un aspect aride, et la réverbération ardente du marbre blanc sous un soleil tropical nous oblige à battre en retraite. Nous descendons par la poterne de la massive enceinte des Vénitiens, où l'on nous offre des chapelets de coquillages de Ma« rathon; nous traversons Athènes au pas de course, en rafraîchissant notre vue sur les superbes lauriersroses, les orangers et les grenadiers en fleurs du jardin du Palais et nous retournons à bord. L'élégant squelette du Parthénon demeure longtemps en vue, baigné dans l'atmosphère limpide du plus beau ciel du monde» Le nouveau royaume grec est fort loin, comme on sait, d'avoir répondu aux espérances enthousiastes des Philhellènes, ces Garibaldiens de 1826. Cependant les Bavarois, chargés de la régénération de la Grèce, y ont introduit un gouvernement parlementaii'e calqué