IV. — SEJOUR A MOSCOU
tience. Un dernier trait pour finir cette esquisse des salons de la seconde capitale, et je pourrais dire du principal foyer intellectuel de la Russie. On peut, à la rigueur, s'y présenter en redingote et la cravate mise de travers, mais il faut se garder d'attacher à sa boutonnière des croix et des rubans. — Si vous avez une valeur intellectueUe et morale quelconque, disent avec leur raison grossière ces barbares moscovites, nous saurons bien la découvrir, sans que vous en étaliez l'estampille; si vous n'en avez point, pourquoi êtesvous décoré? — C'est une vanité puérile, ajoutent encore ces mêmes barbares, 'd'exhiber aux regards de tout venant les distinctions qu'on a obtenues des souverains : autant vaudrait broder ses armoiries sur son habit et y coller ses diplômes ou ses brevets... On ne porte donc point de décorations dans les salons de Moscou et, sous ce rapport du moins, la barbarie moscovite est visiblement en retard sur la civilisation de Paris, de Bruxelles ou de Pékin.