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V. — SEJOUR A MOSCOU

L'école des arts et métiers est alimentée par une allocation de 200 roubles par élève que lui fournit Thospice des enfants-trouvés, à quoi il faut ajouter le montant de la vente des machines et autres produits qu'elle livre au dehors. Il en sort environ 20 élèves par an, qui trouvent aisément à se placer comme contre-maîtres. Les mécaniciens sont les plus demandés. On leur donne uniformément une somme de 150 roubles à leur sortie. Ne serait-il pas plus équitable et plus avantageux de proportionner le montant de cette gratification à la valeur du concours qu'ils ont apporté à l'établissement? Vingt professeurs sont attachés à l'école. On les paie à l'heure et à l'année. Voici comment on entend le paiement à l'heure. Une heure de leçon par semaine pendant l'année scolaire se paie, par exemple, à raison de 40 roubles ; pour deux heures c'est 80 roubles et ainsi de suite. On déduit les leçons non données ; aussi les professeurs sont-ils des modèles d'assiduité. Bref, c'est un établissement bien monté et bien organisé. Mais 200 roubles par an et par tête pendant 8 ans, sans compter l'intérêt du capital employé en bâtiments, etc., n'est-ce pas un peu cher pour former un contre-maître ? L'industrie privée ne s'en chargerait-elle pas à moins de frais ? N'en disons rien à M. ErschoflT, qui nous montre avec une complaisance exemplaire une collection intéressante des produits de l'industrie de ses élèves, étalée dans la salle historique oii l'empereur Alexandre I" convoquait en 1812 la noblesse et les marchands de

Moscou pour les convier à la défense de la patrie. Un beau souvenir et une jolie salle !

Le temps me manque pour visiter les fabriques qui sont nombreuses à Moscou et aux environs, car Moscou est le principal foyer de l'industrie manufacturière de la Russie. Je me contente d'aller voir une fonderie de cloches, qui confectionne des produits superbes avec un outillage d'une simplicité élémentaire. Des cloches de toutes dimensions sont suspendues sous un hangar. On me montre, dans le nombre, la cloche dont la colonie allemande de Moscou vient de faire cadeau à la ville natale de Schiller et qui a failli être refusée parce que la communauté protestante de l'endroit ne voulait point qu'elle sonnât pour les catholiques. Comme si le génie de l'auteur de la Cloche n'avait pas sonné pour tout le monde ! Ces cloches sont faites d'un alliage de 3/4 de cuivre rouge et de 1/4 d'étain et elles se vendent à raison de 70 roubles le poud (le poud équivaut à 16 kil.). Elles sont ornées d'un dessin naïf et de bordures en bas-relief d'un travail délicat. La cloche de Schiller est du poids de 60pouds. Celle de la tour d'Ivan Veliki en pèse 4,000 et la célèbre cloche cassée qui gît au pied de la tour, 12,000.

Du reste, les Jlusses ont de tout temps excellé dans le travail des métaux, et rien n'est plus joli que leur monnaie, quand ils ont de la monnaie.

Mais les vraies curiosités de Moscou, ce sont les églises. Nous sommes, ne l'oublions pas, dans la sainte

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