X. — DE SAINT-PÉTERSBOURG A ODESSA
iié se bâtissent pas vite à Aiexandrodc, et pourquoi les loyers continuent d* j hausser !
En attendant la splendide transformation que rêyent les bons habitants d'Alexandrosk, s'il plait toutefois à la sagesse infinie et incorruptible de la bureaucratie de Pétersbourg de reconnaître la nécessité de percer de nouyelles rues dans une localité qui s*en est jusqu'à présent bien passée, c'est encore un village composé aux trois quarts de simples isbas de paysans. Ni pavage, ni éclai«« rage, cela va sans dire! Nous entrons dans une de ces isbas, d'où partent des sons plus ou moins harmonieux. On vient d'y célébrer une noce. Les mariés sont déjà partis pour leur nouvelle demeure, et il ne reste plus qu'une douzaine de convives, fort émus, qui dansent au son d'un orchestre composé d'une basse, d'un violon et à'un tambour de basque. On nous offre, avec une bon-^ homie hospitalière, du vodka (eau de vie), du pain d'épices et des chiskes, gâteaux emblématiques faits en iorme de nids d'oiseaux. On danse avec frénésie dans un espace de six pieds carrés, et quelle danse, ô mon Dieu ! Le cancan, le vrai cancan de la ci-devant Grande Chaumière, de Mabille et du Prado. Le cancan seraitil par hasard, éomme l'air du Barbier, originaire de la Petite-Russie? Voilà une question historique sur laquelle je ne puis malheureusement obtenir aucune information positive. Je prends congé de ces braves gens en exécutant une pantomime sympathique et je vais retenir ma place sur le bateau à vapeur qui doit inaugurer, le len»
demain, le service, des voyageurs pour Odâssa. C'est 17 1/2 roubles pour une distance de 440 verstes. Le voyage ne dure pas moins de trois jours, car on s'arrête pendant la nuit à cause des dangers qu'offre la Jiavigar^ tion du fleuve. On est en train de charger une barge dans la crique qui sert de port. Cette barge, qui a la forme d'un des koffs que des bêtes de somme à qimtre pieds ou à deux pieds remorquent sur nos canaux, est solidement construite et elle peut contenir un chargement de 20,000 pouds. Elle est divisée en deux compartiments inégaux. Le plus grand est destiné au blé; le plus petit à la graine de lin. On est en train d'y em* barquer du froment rouge qui arrive sous une grossière et imparfaite enveloppe de toile, dans des télégues traînées par des bœufs ou des chevaux. On le tmnsporte à dos d'homme dans la barge, oii il est pesé et versé dans le compartiment. Le prix du transport jusqu'à Odessa est de 8 copecks par poud, et il en rémilte^ en comparaison de l'ancien mode de transport par terre, une notable économie de temps et d'argent.
C'est grâce à la guerre de Crimée que le Dnieper possède aujourd'hui un service de navigation à vapear. La destruction de la flotte de Sébastopol et l'interdiction plus économique que pc^tique infligée, à la Russie d'entretenir désbrmais une maiine militaire dans la mer Noire, ont déterminé le gouvernement impérial à y créer une compagnie chargée spécialement d'attester chaque jour aux populations de l'Orient que le pavil*