‹ Lettres sur la Russie, la Finlande et la Pologne (volume 3)Chapitre 5 sur 16 · SUA LA MS8IB. SS · texte numérisé non relu

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des Académiques furent encore une fois sus** pendues.

Les hostilités Anies, lamalheurettse nntversilëi harcelée , bouleversée par la guerre et Tincendie, appauvrie par le passage des troupes étrangères, négligée par ses rois et ses ministres , rentre encore courageusement dans sa ruche d'abeilles et reprend son œuvre interrompue. La seconde moitié du dix-huitième siècle (tat pour elle un temps d'efforts heureux et de progrès brillants. A celte époque , elle augmenta sa bibliothèque et ses collections. Deux de ses vice-» chanceliers, BrovalHus et Menander fondèrent un cabinet d'histoire naturelle. Le professeur Kalen parcourut les contrées septentrionales de l'Europe et de l'Amérique, enrichit h son retour le jardin botanique, et publia une intéressante relation de son voyage ^ Lexel se distingue par ses connaissances mathématiques. Trois hom-»

mes du nom d'Hartman se transmettent l'un à l'autre rintelltgence, l'amour des éludes médicales, et fondent dans le pays une de ces paisibles dynasties scientifiques qui ont pour trône la chaire d'où ils répandent leur enseignement ,

> Franklin, avec lequel il eotrelenait nae coms^danoe, fit

traduire en anglais sa lettre sur le F4iagara.

pour sceptre le livre que leur a dicté leur expé-» rience, et pour trophée rinnocente palme cueillie daus le champ des muses '.

Parmi ces professeurs dont le nom jette sur Tuniversllé d'Abo un éclat qu'elle n'avait jamais eu, il en est deux encore qui se signalent par l'importance et la multiplicité de leurs travaux, et dont le souvenir doit être à jamais entouré d'un sentiment de reconnaissance et de vénéra* tion : c'est Kalonius et Porthan.

Kalonius, fils d'un pauvre prêtre de campa-gne y ouvrit en i76& un cours d'économie à l'u* Diversité , et fut nommé en 1778 professeur de jurisprudence. Il est mort en 1817 sans avoir dévié un instant du noble but qu'il s*était pnn posé, aussi actif, aussi dévoué à ses études dans lesdernières années de sa vie, qu'il l'avait été dans la force de sa jeunesse. Le recueil de ses œuvres ^ est un trésor de recherches érudites , d'observations judicieuses , d'analyses fécondes. Quelques unes de ses dissertations , telles, par exemple, que celles qui ont pour titre :

» Un quatrième mèdecio, issu de la même Tamille, est aujourd'hui directeur général des institutions médicales de la Finlande.

a Cinq volumes io-S*, publiés à Stockholm par M. ArwidssoOf

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J)e Prœscriptione criminum^j de Hypoiheea/

de Delmquantium ad publicam ignominiam expositione^ s'adresseut aux juristes de tous les pays; d'autres qui ne touchent qu'à des questions locales , comme celles où il est traité de la condition des serfs dans le Nord {de priée i» patrià ttervorumjure) , jettent un jour lumineux sur les anciennes institutions de celte contrée.

Gabriel Portban, né , comme son illustre col"lègue, dans un humble presbytère de campagne y confié dès son enfance aux soins de deux de ses oncles par son pauvre père qui n'avait ni la force de Tinstruire lui-même , ni les moyens de le placer dans une école, prit y en 1760, à rage de vingt-neuf ans le grade de ma* ^/^ à Tuniversitc d' Abo, futnommé, en 1771, bibliothécaire de cette université , et en 1 777 professeur d'éloquence. Deux ans après il fit un voyage en Danemarck , eu Allemagne , et en rapporta des connaissances sérieuses $ c'était un homme doué d'une grande lucidité d'e&* prit , d'un zèle infatigable et d'un ardent patriotisme, un de ces hommes qui , de loin en loin , surgissent pour ouvrir d'une main puissante un sillon négligé , imprimer un mouvement nou-

veau mx ëUidei et faire Jaillir sur leur ëpoqitA une lumière tnaueadue. Il se passiotiaa pour Thislolre, pour les auiiquilés et la littérature de Finlande, et révéla à ses compatriotes des ri« chesses nalionales qu'ils n'avaient pas appris à apprécier. Il mourut à Tàge de soixante*cinq anS| laissant plus de deux cenls dissertations presque toutes écrites en latin, qui sont comme le point de départ et la base essentielle des étu-* des philologiques continuées ai^jourd'hui avec éclat par M-. Lœnnroth et quelques auures Fin-* landais. On lui doit enli*e autres ouvraget une édition de VHiêioire des evéques dAbo , par Paul Jansten avec des notes et descommen* taires ' , un travail sur la situation de la Finlande , à répoque où elle fut soumise à la do** minaiion suédoise , un autre sur la géographie de cette contrée , sur les différentes races ap« parent^'cs à la race finlandaise, sur les idî6meS| la poésie, les champs prinniifs de celte ancienne tribu. La plupart de ces dissertations, publiées séparément, dispersées dans le pays , brûlées en partie daus Tincendie d'Abo , sont ai^oiu*-

1 Le textn «riginal se compose seulement de trente-sept pages; rouvrage (Je PorUian forme un volume ia-i" de plus de troi| ceuls pages.

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dliQi forl rares, et les bibliographes s^estiment heureux d*en posséder quelques unes.

Dans l'espace d*un siècle et demi, Tuniver^ilo d'Abc, abaudouuée à peu près à ses propres forces, avait ainsi grandi lentement , péniblement à travers mille obstacles , sous le poids de plusieurs fléaux. Ses professeurs s acquéraient hors du pays un nom recommandabic , ses ira-* vaux élaient cités dans les académies étrangères. A Taide de ses modiques ressources , par sou zèle persévérant, par des offrandes pieuses, elle était parvenue à composer une assez belle bibliothèque, à établir uu musée d'histoii*e naturelle, un cabinet d'anatomie , uu jardin botanique. Elle poursuivait avec honneur , sinon avec éclat, sa vie d efforts et de labciu*, lorsqu'un événement politique vint tout à coup lui imprimer une uuli*e direction et lui doDuer ime nouvelle vie.

La folle témérité de Gustave IV , qui , du milieu de son faible royaume, déclarait en même temps la guerre aux trois plus grandes puissances de l'Europe , priva la Suède de sa plus ancienne, de sa meilleure conquête , et livra cette vaste province de Finlande à la Bnssiequi la convoitait depuis des siècles. L'empereur Alexandre

adopui celle province avec amour et la traita avec une mansuétude et une générosité toutes particulières. Au lieu de se faire craindre comme un mattre puissant, il prit à tâche de se faire chérir de ses nouveaux sujets ; il respecta leurs lois, leurs institutions, et se fit le patron de leurs établissements scientifiques. Dès le mois de juin 1808, c'^st à dire au moment même où ses troupes achevaient de s'emparer de la Finlande , il écrit à Tévéque d'Abo qu'il confirme tous les droits et privilèges de runiversité , invite les professeurs à se réunir et à délibérer sur les moyens à employer pour soutenir et accroître les progrès de cette institution. £nméme temps, il envoie une somme de 20,000 roubles pour continuer les travaux de construction de rédifice académique dont Gustave lY avait posé la première pierre. L'année suivante , il part lui-même pour Abo , s'arrête à R'adelma chez le recteur de racadémie, entre le lendemain dans la ville, se fait présenter les professeurs, les étudiants, visite avec un soin attentif tous les établissements de Tuniversîté , et s'informe de ses besoins. A la suite de ce voyage, il lui accorde une somme de 80,000 roubles et un secours annuel pour achever son édifice. Il établit

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six nouvelles chaires de professeurs, douze places d'adjoints, augmente les émoluments des divers fonctionnaires, accorde une pension , au plus ancien , et fonde des slipendes pour les élu-* diants. En 1816, il lui donne son frère Nicolas pour chancelier et la dote d'un observatoire.

L'effroyable incendie qui, en 1827 , ravagea la ville d'Abo anéantit les richesses de Tuniver-* site : ses livres, ses collections, ses manuscrits, furent brûlés ; il ne resta de la maison qu'elle occupait que les murailles nues. Ce désastre, qui la menaçait d'une ruine complète, ne suspendit ses travaux que pendant un an. Elle fut transférée à Helsingfors, installée en 1828 dans un édifice splendide, et reçut de l'empereur, en 1829, un règlement basé sur celui qui l'avait régie jusque là et modifié seulement sur certains points. J'essaierai d'en rapporter les principales dispositions.

L'université conserve tous ses droits d'élection, d'administration et de juridiction.

Elle est soumise à l'autorité d'un chancelier qu'elle élit elle-même et dont la nomination est confirmée par l'empereur.

> Le chancelier actuel est le grand duc IiérédUaire de Russie; le vice chancelier est M. le général ThessleflT, gouverneur militaire, d«Fiolaade.

C'est au chancelier qu'elle doit adresser tous ses rapports, requêtes, comptes de dépenses, programmes des cours. C'est lui qui confirme Télection du recieup et prorecteur, nomme, sur la proposition du consistoire , les secrétaires , adjoints, maîtres de Tuniversité, et approuve ou rejette la distribution des stipendes d'étudiants. C'est lui, enfin, qui est le vrai ministre de cette université, et le consistoire est son conseil.

Au dessous du chancelier est le recteur élu par le consistoire pour trois ans ; c'est lui qui est chargé de régler les détails de l'administration, de veiller au maintien de la discipline, d'assembler le consistoire aux époques régulières et dans les circonstances extraordinaires, et d'ap • peler son attention sur les questions qui doivent être résolues. Pendant tout le temps qu'il exerce ses fonctions de recteiir, il est dispensé de faire son cours et jouit d'un supplément de traitement annuel de 1200 francs. Le consistoire est composé de professeurs

ordinaires; c'est de lui qu'émanent toutes les délibérations relatives à l'admlnislration, aux e!Lamens, aux études de runivorsilé; il règle, chaque année l'emploi des fonds de l'académie, détermine l'achat des livres et des instruments

nécessaires : il propose les candidats aux fonc* tiens de doeeniy d'adjoints , de professeurs ordinaires, dont le choix est confirmé par le chancelier, et de professeurs extraordinaires, qui ne peuvent être nommés que par Tempereur* Enfin c'est loi qui compose le tribunal devant lequel sont appelés lea maîtres, les divers employés de l'académie , les étudiants aocusés d'avoir négligé leur devoir ou commis une fouie conure la discipline.

L'université est4ivisée en quatre facultés^ chacune de ces facultés est soumise à la prési*» dence d'un doyen , qu'elle élit ello-môme pour un au.

Il y a quatre professeurs dans la faculté de théologie , trois dans celle de juriprudence , trois dans celle de médecine, onze dans celle de philosophie ; de plus | un professeur de langue et de littérature russe^ qui est nommé directement par l'empereur , sans la participation du consistoire et sans que ce professeur soit tenu d'être investi d'aucun grade universitaire.

L'université a en outre quinze adjoints : deux pour la faculté de théologie, deux pour la juris* prudence, quatre pour la médecine , sept pour la faculté de philosophie ^ cinq maîtres de lan--

gue russe, finlandaise, allemande, françaiseï anglaise , qui ont le titre de lecteurs ; quatre maîtres de musique, de dessin, d*escrime, de danse ; en tout quarante-cinq.

Le nombre des doeeni est indéterminé ; il y en a douze à présent. Le traitement des professeurs est réglé selon leur ancienneté et selon la faculté à laquelle ils appartiennent.

Celui de chaque professeur de théologie , de jurisprudence , de médecine , et des neuf premiers professeurs de la faculté de philosophie, s*élève à environ 6,600 francs par an, celui des autres à &,000.

Un supplément annuel de 1,000 fr. est accordé au plus ancien professeur. Les professeurs émérites conserventjeur traitement intégral tant qu'ils vivent; la veuve d'un professeur reçoit les appointements de son mari à partir du jour de sa mort jusqu'au 1*' mai suivant ; s'il a le malheur de mourir le 30 avril , sa pauvre veuve n'a rien. C'est une organisation vicieuse à laquelle il doit être prochainement remédié.

Chaque professeur e$t tenu de faire quatre cours publics d'une heure par semaine. Si les étudiants veulent avoir en outre quatre heures

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de leçons privées par semaine', il doit les leur donner à raison de 14 fr. par semestre.

Les maiires de langue et les adjoints remplacent au besoin les professeurs , et du reste ne font point de cours publics. Ils sont obligés seulement de donner des leçons particulières, si les étudiants le désirent, moyennant une taxe régulière. Ils sont pris ordinairement parmi les docent; leur traitement est de 1,600 à 1,700 fr. Leur espoir est de succéder quelque jour aux professeiH*s ; mais ils attendent cette succession dix ans, quinze ans, quelquefois inutilement toute leur vie; quelquefois ils y arrivent vieillis, fatigués, et renseignement supérieur , qui demande de la jeunesse , de Tactîvité , n'est plus alors qu'une honorable retraite. L'organisation des universités allemandes, qui peuvent prendre pour professeur, partout où bon leur semble , l'homme qui s'est distingué par une élude spéciale, par un livre, est certes bien préférable à celle-ci. Mais, à Helsingfors, il ne peut guère en être autrement. Il n'y a qu'une seule université dans le pays, et Ton ne peut appeler des savants étrangers à une chaire où la première condition est de parler la langue suédoise.

L'académie de Helsingfors est donc obligée de

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vivre de ses propres forces et de recruter ses maiires parmi ses anciens élèves. Dans un tel état de choses, il serait à souhaiter du moins que la position des adjoints T&t améliorée, et qu'ils eussent, pendant leurs longues années de labeur, un traitement plus convenable, en attendant qu*ils obtinssent celui de professeur.

Le nombre des étudîans qui fréquentent Tu- Diversité est ordinairement de quatre cent quarante à quatre cent soixante.

Pour être inscrit comme étudiant, chacun d'eux doit présenter un certificat de moralité et de capacité, délivré par le chef de l'école d'oii il sort, et subir un examen oral devant un comité composé du doyen de la faculté de théologie et de deux adjoints ou docent désignés chaque année par le consistoire. Il est interroge sur l'histoire de Téglise et les principes du chris* tianisme, la logique, la morale, l'arithmétique et la géométrie , l'histoire , la géographie , le latin. Il faut qu'à la suite de cet examen il obtienne, soit Vapprohatuvy soit Vapprohatur cum laude, soit le laudatuvy sinon, il n'est pas admis. Pour tout droit d'examen et d'inscription, il ne paie que 22 francs.

La plupan de ces étudiants sont pauvres et

vivent d^une vie humble et retirée. On ne les voit |K)int courir à cheval ou en voUurci comme en Allemagne, ils ne s'assemblent pas dans les ca-» barets et ne se battent pas en duel. Ils sont^ comme à Upsai et à Lund, divisëi en plusieurs classes \ chaque classe a un lieu de réunion spé«cial, où elle amasse quelques livres, où elle ap« porte ses cahiers et ses instruments de musique^ où elle s'en va tour à lour lire, jouer ou s'exercer à Targiimentation. Chaque classe se choisit pavoïi les professeurs un inspecteur, qui la prend sous sa tutelle, lui donne Tappui de son autorité et Téclaire de ses conseils.

Les études en médecine sont longues et cofi«teuscs; elles durent près de huit aïis. Il est vrai que celui qui, après ces huit ans de travail, obtient le grade de docteur, peut être placé assez avantageusement, soit parmi des médecins des bôpiiaux^ soit parmi des médecins de district, qui tous sont nommés et payés par le gottvei*nement.

Les éludes des autres facultés peuvent être terminées en trois ou quatre ans ; mais elles n*offrent à ceux qui s'y sont livrés qu'une car'-* rièrebictt lente et des fondions mal rétribuées. jL'étttdiaut en jurisprudence le pltts distingué

et le mieux recommandé, s'il enire dnns TadministratiOD, est souvent condamné à remplir pendant plusieurs années l'emploi gratuit de surnuméraire ; il devient ensuite copiste, et re» çoit en cette qualité 600 à 700 francs.

L'étudiant de la faculté de philosophie, après avoir pris son grade de magie ter^ devient lecteur dans une école élémentaire, dans un gymnase ou à Tuniversité.

Le théologien est celui qui obtient le plus tôt un traitement, très modique il est vrai, mais as* sure. La plupart de ceux qui entrent dans cette faculté sont de pauvres fils de pasteurs de campagne ou de paysans qui s'estiment heureux d'avoir d'abord une place de vicaire, de chapelain, avec un reveau de 300 à 400 francs, pour arriver ensuite à un presbytère.

Tous les étudiants, après avoir passé trois ans à l'université, peuvent entrer dans l'armée comme sous-officiers, et, s'ils savent la langue russe, s'ils apprennent convenablement la théo* rie et l'exercice , ils sont de droit officiers au bout de six mois. Mais les appointements d'officiers ne leur donnent pas des moyens d'existence suffisants. Pour suivre cette canière, il faut encore qu'ils aient de la fortune. Ainsi, de

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quelque c6té qu'ils se louraent , les élèves de Helsiogfors doivent être patients et résignés. Combien d'étudiants en France pourraient prendre ici une utile leçon !

Il y a chaque année une somme de 1 2,800 fr.

partagée aux étudiants sans fortune qui se distinguent par leur assiduité au ti*avaii et leur bonne conduite^ cette somme ne suffit pas, beaucoup d'élèves sont forcés de vivre avec 8 ou UQO francs par an ; d'autres » après avoir épuisé dans deux ou trois semestres leurs faibles ressources, entrent comme précepteurs dans ime maison , font quelques économies et reviennent ensuite poursuivre leurs études. J'ai connu le fils d'un honnête marin finlandais qui, en réunissant tout ce que son père y ses tantes > ses oncles , pouvaient lui donner, partit pour l'université avec une somme de 50 francs qui le fit vivre pendant plusieurs mois. Un beau jour il ouvre sa caisse et y voitpoiir toute fortune une pièce de 50 kopecks (10 sous). Dans ce moment de détresse, la Providence vint à son secours 'y il trouva d'abord des répétitions qui lui rapportaient 15 francs par mois, puis une place de précepteur à la campagne qui lui assurait un plus grand revenu. Il alla gaiement la rem-

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pllr^ circvliii ait bout de deux ans eoniiiuief SM (Uiides^ on ic ciie aujourd'hui parmi les hommes les plus disiingucs de la Finlande. C'est une chose vraimeni toucliante que de voir ces modcsies jeunes gens si dévoues à leurs éludes, si soumis envers leurs maîtres, poursuivre avec tant de force et de patience le cours de leur éducaiiou, et de songer à rhtimble emploi qu'ils espèrent acquérir par tant d'effoi^is, à Tbamble avenir qui les attend.

L'université finlandaise est cependant incon>parabiement mieux dotée qu'elle ne Ta jamais élo ; elle a maintenant un observatoire poun it de bons instruments, un jardin botanique, des collections de médailles et d'histoire naturelle , un cabinet d'anatomie et de physique, et une bibllolhèque de ^,000 volumes. Un sllpende de l^,(M)0 francs est accordé pendant deux ans par le consistoire à Téludlanlqui, après avoir subi son dernier examen , désire voyager pour se perfectionner dans ses éludes; le grand ànc héréditaire vient de fonder ime rente annuelle de /!i,000 francs qui doit avoir la même destination.

En 1840 , l'université a célébré le deuxième anniversaire de sa fondation avec une pompe,

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une maghiûcence, doutlln^exisiaii encore dan« ses annales aucun exemple. Parmi les différents matlres réunis dans ses facultés, il y a plusieurs hommes qui feraient honneur ù des institutions plus oonsidérables et plus renommées ; Je ciblerai entre autres M Hallstrœm , professeur de physique, dont les recherches sont bien connues des sociétés scieulifiques de l'Europe ; M . NordllroMiy savant Jurisconsulte qui vient de publier un ouvrage excellent sur Thisloire et le dévelop^ pemeuides instUiitions Juridiques et admiulstra* tives en Suède ; M. Lagns , qui a éci'li un livre remarquable par ses Justes appréciations sur la législation ihihiudaise ; M. Scbulten , auteur d'un nouveau tableau de logarithmes cl de plusieurs mémoires relatifs aux mathématiques ; M. Tengstrœm , biographe érudlt; M. Rein, auteur de plusieurs utiles essais de statistique et d'histoire ; M. Grot, qui a traduit en vers russes la Frithiùf Saga de Tegner , et publié dans divers recueils d'iuléressahics disserlattong Uitéi'dires; M. Gotiiund, auteur de plusieurs écrits estimables sur la Finlande ; M. Castren , passionné pour Tétude des antiquités de la poésie de son pays , le§ recbercliaut avec ardeur partout où il croit pouvoir en découvrir

quek}aes traces ; c*e&i lui qui a LraduU oo suc dois les chants mythologiques du Kalevala, re cueUlis par son ami LceouroUi.

Une société des sciences fondée en 1838 publie deux fois par an un recueil de dissertation ^

Une autre société établie en 18S1 ,«t composée de naturalistes | travaitte à rassembler les matériaux nécessaires pour publier unefaune et une flore finlandaise. Une troisième enfin; qui date de 1831 , s'efforce de rechercher et de recueillir tout ce qui a rapport à la littérature, à Thistoire, aux traditions anciennes de la Fin* lande.

L'organisation des écoles , tout à fait semblables autrefois à celles qui subsistent encore en Suède 9 a été 9 de même que celle de l'université f modifiée par un nouveau règlement ; elles sont maintenant divisées en trois catégories : 1® école élémentaire ; S"" école élémentaire supérieure ; 3" gymnase. Il y a , de plus , des écoles spéciales pour les filles.

Dans les écoles du premier degré , l'ordonnance nouvelle prescrit l'enseignement du catéchisme, de l'histoire biblique) de l'arithméiiqoe,

> Aeta toeietatit teienliarimn fennieœ^ ia-i'', latin, Trançais, suédois.

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de la géométrie, géographie, histoire universelle, histoire naturelle , et les éléuients du laiin , du suédois, du fiulandais.

Celles du degré supérieui* son t divisées en deux classes; on y enseigne la religion, Thistoire*, la géographie, l'histoire naturelle, les premiers principes deValgèbre et de la physique, le latin, les éléments du grec el de Thcbreu, la grammaire russe, les règles du style , le dessin et le chant.

Dans les gymnases , on poursuit le cours des études commencées dans les écoles précédentes^ on y ajoute renseignement de la statistique, de la morale, de la psycologie, de la logique, Ten-. seignemént des langues française et allemande, et, pour ceux qui se destinent à la prêtrise, les éléments de la tbéo'ogie.

Dans les écoles de filles , on enseigne le ca*. técbisiiie, Thistoire biblique, récriture, le dessin , le travail manuel , Tarithmétique, le russe, le français, Tallemand.

Il y a, dans les écoles élémentaires inféiieu*res, im premier mature^ qui a le titre de recteur, et reçoit un traitement de 850 francs ^ un se^ cond mattre a A 50 francs. Dans les écoles élémentaires supérieures, il y a un recteur avec

9,000 francs d'appoîntemenls , un co-recleur h 1,600 francs, quatre matires dont le traîicment est de 900, 800, GOO francs. Les gymnases ont deux lecteurs à 9,800 francs, deux autres, à 2,400 francs, deux à 2,500 francs , et trois maîtres de langues russe, française , allemande , à 8â0 francs.

Dans les écoles de filles , il y a trois h quatre maîtres et maîtresses à 900 fr. et èoo fr.

Les élèves de ces écoles doivent avoir 43 heures de leçons par semaine , ceux des écoles élémentaires S6 heures , ceux des gymnases &8.

On oompte en Finlande U gymnases , 9 écoles élémentaires supérieures, 35 écoles élémentaires inférieures , 5 écoles de filles , et diverses écoles particulières. Le nombre des élèves répartis dans ces institutions et dans IHiniversUé est d'envii'on 3080*.

On n'a pas encore établi , comme en Suède et en Norvège, des écoles ambulantes pour les villages et les habitations Isolées. Les parents apprennent eux-mêmes à lire à leurs enfants , sous la surveillance du prêtre , qui de temps à autre les examine . Nul enfant ne peut être admis

1 La population de Finlande Vélevanl à 1,430,000 individus^ c'€sii êludiaiit8ur4d|.

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à lu conârmation s'il ne gaii lire et s'il oe connaît son eaiëchisme.

Toas htê maîtres qui entrent dans les éooles h titi*e de leciears ou de recteurs sortent de riini-» versiié et doivent avoir le grade de magiêier m philosophie. La plupart sont prêtres, on tâchent de le devenir, afin d'obtenir, après quelques an-* nées de service dans l'enseignement, un pasto** rat meilleur que leur place d'instituteur.

Les paalonits de Finlande sont divisés en deux das^s, pastorats communanx et impériaux; les premiers se donnent au choix des commn* nés et à l'ancienneté; le consistoire ecclésiastique, composé de l'évéque du diocèse et des leeleurs du gymnase, pi*ésente à la paroisse trois candidats; les paysans ep élisent un, et le con-^ siM(rfre confirme Télection. Les pastorats impériaux sont accordés directement par l'empereur, toateftMS'd\iprès «n ceniftcat du consistoire qui atteste la capacité et lalxmne conduite du can^ diditt; ces pastorats sont la récompense des hommes de mérite qui ne peuvent être soumis à la règle commune de l'ancienneté , et des hommes employés dans les écoles.

Les étudiants pauvres des gymnases reçoivent un faible stipende , auti*efois ils avaient le droit

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de s'en aller, pendant les vacances , de ville en ville, de hameau en hameau, demander un secours pour pouvoir continuer leurs études. Cet usage a été aboli ; une rétribution annuelle de quelques kopecksuété imposée à chaque paysan, et des quêtes se font régulièrement dans les églises pour remplacer le produit des anciennes quêtes ambulantes.

Il y a de plus dans chaque ville un fonds spécial employé à Tentretien, à Fagrandissement de la bibliothèque et des collections sdentîfiques du gymnase.

La ville d'Abo a recomposé, après son désastreux incendie, une bibUothèque qui renferme déjà près de trois mille volumes ; celle du gymnase de Borgo en a sept mille, celle de Viborg quatre mille cinq cents , celle de l'université de Helsingfors est dotée d'une rente annuelle de 12,600 fr., dont 1,200 fr., sont excinsivenient affectés à l'achat de livres russes.

En résumé, le budget des écoles de Finlande s'élève chaque année à 160,000 fr., et celui de l'université à 280,000 en tout 440,000 fr.

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