FINLANDAISE
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Il y a , en Finlande , deux luératures et deux poésies : Tune issue du sein du pays même, comme la source profonde qui jaillit du milieu des rocbes de {granit ; l'auire apprise dans les écoles et enseignée par une voix étrangère : l'une qui enlace dans ses larges et forts rameaux les croyances. iraditioDaelles, les mythes religieux, les mœurs anciennes d(^ la nation; raiilre qui est comme le reflet d'une nou-
vclle hisioire et d*une nouvelle civilisation ; Tuoe enûn qui est l'expression énergique , naïve, spontanée , du peuple même, Taulre qu% accepte comme une parure. La première s'appelle poésie flnlandaise, la seconde poésie suédoise. Celle-là remonte jusqu'aux temps les plus reculés, et s'est perpétuée par le récit oral dans la cabane du bûcheron, dans le pcn'ie du paysan ; celle-ci a été importée par les beaux esprits, propagée par les livres, et s'adresse surtout aux gens lettrés. Nous essaierons premiè* rement de parler de la poésie finlandaise, et nous devons dire d'abord quelques mots de la mythologie, qui en est un des éléments essentiels.
Les divers symboles de cette mythologie sont très obscurs et très compliqués. La plupart n'ont entre eux aucune liaison apparente, et il est difficile de les réunir assez étroitement pour en faire un ensemble homogène* Us ont été, pendant des siècles, méconnus, ignorés par ceux qui auraient pu les recueillir et leur donner quelque fixité ( 1 ). La tradition seule les a
• L*ouvragelepTi» aDeicn que je connaisse sur cette mythologie est une dissertation imprimée à Ufksal en 17SB, sous le Utfe de :.Dâ t^ctigione et oriyinc Fennorum, En 1782, Lencquist en
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transmis d*une génération à l'autre, et Ton conçoit sans peine que cette tradition , venue des contrées de TOrienl, implantée dans les contrées méridionales de la Scandinavie, puis refoulée vers le nord, puis attaquée et proscrite parle christianisme, et ne se conservant que dans des habitations éloignées Tune de Tautre, ait été altérée, disloquée par le temps , par les circonstances , par l'isolement.
Toute cette mythologie, qui a été celle de plusieurs autres peuplades provenant de la même souche, émigrant par la même route, celle des Lapons notamment et des Hongrois peut-^tre, ressemble maintenant à une médaille effacée en plusieurs endroits, brisée en plusieurs morceaux, ou, si Ton aime mieux, aux membres d'Osiris séparés l'un de l'autre, répandus dans les champs , dans les sables du désert et le long des fleuves. L'idée la plus saîsissable qu'elle exprime est le culte de la nature, tel qu'il existe ehez les peuples primitifs, l'adoration planthéis^ tîque des éléments , le principe de fécondité et de reproduction.
publia une autre, inlitufée : De tupentitione veterum Fenno» rumt et, en 1789, Gannander écrivit sa Mythologia fenniea, voeibuiaire de ikm» et de faits beaucoup trop court.
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Le diea suprême des anciens Finlandais est Jomala, le maître des nuages et du tonnerre, d*autres disent Waeinemœineni le dieu des vers et de Tharmonte. Kawa le géant, après avoir dormi pendant trente ans dans les entrailles de sa mère, déchire lui-même le sein qui Ta porié| et en sort le casque en tète et la cuirasse sur la poitrine. Il enfante des filles qui portent des montagnes dans un des plis de leur robe , et douze fils qui étonnent le monde par leur force. L'un de ces fils est WsBinemœinen , un autre Ilmarinen, le roi des vents, du feu, de Tean, le forgeron par excellence. Au dessous de ces di* vinilés premières sont les dieux qui régissent une des parties de l'univers. Tuopio est le mai^ tre des bois, Akti des lacs, Tuoni de la mort. Kauna règne sur les tombeaux, Sarakka préside aux enfj^ntements. Plusieurs nymphes dirigent le cours des étoiles, d'autres celui des vents, d*autres celui de la lune. Une quantité d'esprits bienveillants ou mauvais habitent les montagnes, les vallées, les fleuves. Le ciel est repréjsenté comme une immense demeure partagée en neuf régions , couverte de neuf toits , sous lesquels repose le dieu suprême. Le soleil est la têie du dieu, qui apparaît au dessus de ces
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toits dorés. Le soir, il se retire de sa lacame/ et de là vient l'obscurité.
Trois puissantes jeunes filles représentent les forces de la nature ; Tune d'elles fait jaillir de son sein un lait noir, la seconde un lait blanc, la iroisième un lait rouge. Le lait de la première était le fer brut, celui de la seconde le fer ou barre, celui de la troisième l'acier. Un bœuf est né dans la Carélie. <> Ce n'était pas, disent les ancien poèmes , l'un des plus grands ni l'un des plus petits. Cependant sa tète touchait aux habitations de Tavaste, et sa queue à celle de Tornéo. Il fallait tout un jour à l'hirondelle pour voler d'une de ses extrémités à l'autre, et tout un mois à l'écureuil pour parcourir la distance qui séparait ses deux cornes. Du sein des vagues sortit un pelit homme, haut de trois pouces tout au plus , qui s'élança sur la tête du bœuf et le tua. On en retira six tonnes de graisse et des flots de sang qui remplirent sept bateaux. •
Waainemœinen s'en va sur sa barque à la recherche du feu, avec un filet de chanvre. Il trouve un poisson et ne peut le saisir.' Un pelit homme noir, portant des souliers de pierre, un casque de roc, des cheveux qui lui tombent