SUA LA MISIE
price't des nuages et des rayons de soleil 9 des physionomies nouvelles et des incidents Jnafr* tendus ; et si imparfait qu^ii soit dans ses détails^ si incohérent quil apparaisse dans son ensem** ble, ce canevas a je ne sais quel charme indéfinissable qui atlire et subjugue i*auenlion.
Quand une fois on en a vu les premières; ara^ be&ques 9 il est impossible de l'abandonner sans ravoir déroulé , contemplé dans toute son éiendue.
Une analyse succincte de ce poème en fera mieux comprendre le caractère que tout ce que nous pourrions en dire.
Au premier chant , apparaît le dieu WsBinemœinen, qui a passé trente étés et trente hivers dans le sein de sa mère , qui a vainement invoqué dans robscunié de sa demeure la lumière de la lune, du soleil et des étoiles. Las enfin d'être ainsi captif, il brise iui'-méme sa prison an milieu de la nuit, court sur le rivage, se fabrique un cheval léger « comme un brin de paille , » et s'en va vers la mer. Un Lapon , qui a depuis longtemps pressenti Tappariiion du dieu et qui lui a juré une haine mortelle , Tattend au bord de la grève et lui lance ses flèches* Les deuK premières se perdent dans Tespacei
iSO LETTRES
la iroisiéine atteint Wselnemœioen y et il tombe au nylieu des vagues^ hors d'état de continuer sa route. Dans sa solitude et son abandon , il crée des tles, il creuse des baies, il façonne des bancs de sable. Un aigle passe dans les airs et laisse tomber quelques œufs sur le sein du dieu , qui les réchauffe sous ses membres, puis les fait rouler dans la mer. Avec ces œufs, W^nemœinen crée le soleil, la lune, les étoiles,qu'il invoquait déjà avant sa naissance , et ta terre, où il a marché. Ce premier chant est d'un bout à l'autre rempli des plus bizarres con* tradictions.
Toutes les merveilles opérées par le dieu ne le tirent point de sa douloureuse situation. Il coa* tinue à être le jouet des flots et des vents, et ne sait si , après avoir formé la terre , il doit bàttr une maison sur les vagues ou une maison dans Tair. Tandis qu'il délibère sur cet important problème, un coup de vent l'emporte dans le voisinage de la sombre demeure appelée Pohiola. Il pleure et se lamente. Louhi, le mailre de la maison de Pohiola , vient à son secours , l'aide à regagner le rivage, et lui donne à boire et à manger. WainenuBinen pleure encore et regrette son pays natal. Louhi promet de le faire
S17R LA RUSSIE. 12i
reconduire aux lieux qu'il désire revoir, s*il lui fabrique le sampo avec des plumes de cygne , un fil de laine, un grain de blé, un morceau d'une quenouille. Aucun des commentateurs de la mythologie finlandaise n'a pu expliquer encore ce que c'était que ce sampo , dont il est fréquemment question dans les anciennes poë^ sles. M. Lœnrot pense que c'était l'image du dieu Jumala; d'autres en font un ornement mystérieux , ou une nouvelle botte de Pandore ; d'autres enfin , un instrument destiné tout simplement à moudre le blé, c'est à dire une de ces meules dont on se sert encore chaque jour dans les habitations d'Islande , de Norvège, de Finlande. Quoi qu'il hn seit, Wannemœinen ne peut forger le sampo ; mais il promet de le faire fabriquer par son frère limarinen , l'habile ouvrier. La confiante hôtesse le laisse partir. Ce* pendant les malheurs de WaBinemœinen ne sont pas encore finis. En s'en allant , il aperçoit la charmante fille de Pohioia, et l'invite à s'asseoir près de lui dans nn traîneau. La cruelle beauté ne cède pas si promptement; elle veut voir des preuves de force et d'adresse. Elle demande à Wœinemœinen de fendre un crin de cheval avec un couteau sans poitte , de frapper sur on œuf
1S9 tËtmM
li»ia le brteer> de constraire un bateau sûi* le roetans que la hacke totiche au roc. A la troi'^ aième épreuve f la fortune abandonne Wseine- Diœtneo. La bâche lai entre dans le genou. D e«Mie de guérir lui-même sa blessure ; malhenreusemem il a oublié les paroles magiques qui saules pourraient apaiser sa doqleur, et il s'en ?a à ta recherche d*ui| sorcier. Gelai-*ci se rap* fietle et que le dliu a oublié. Il connaît son métier de sorcier et l'exerce avec dextérité, en sorte qu'après avoir été soumis à son opération, WaBioemœinen se retrouve plus fort qu'il ne VéUiic avant sa Mes aare. Il arrive enfin sur le •61 natal , engage son frère à se rendre à Pohiola pour y fabriquer le samfSo. IKnarinen refuse d'aller dans ce pays sauvage. Waeinemœinen l'attire dans la forêt , et par un chant magique soulève une tempête qui éniporte le forgeron à Pobioià. La prévoyante maîtresse de maison le reçoit avec empressement et lui présente sa dite l^rée de ses plus riches vêtements. Le jour, il travaille à confeciiouner le sampo; la nuit, il tAebe, mais inutiienieot, de gagner le cœur de la jeune ftlle«
Sur ces emrefisttes anive un autre amoureuxî d'une Aatwe tout appelée à êelle des deuH pré*